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La volatilité ressurgit sur les marchés

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Analyse à long terme du : 19/05/2017 | 14:47
Opinion : En surveillance. Surveiller la sortie du range 5240 / 5540 
Rassurés par les bonnes publications de sociétés et par l’apaisement des craintes politiques en Europe, suite à la victoire d’Emmanuel Macron aux présidentielles françaises, les indices ont poursuivi leur ascension ces dernières semaines, inscrivant dans la foulée des records annuels voire historiques.

L’aversion pour le risque a néanmoins ressurgi brusquement ces dernières séances, dans un contexte d’instabilité politique aux Etats-Unis, avec plusieurs polémiques entourant le président américain (interruption d’une enquête fédérale sur son ex-conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, limogeage du patron du FBI, collusion avec la Russie…). Ces récents scandales pourraient remettre en cause les promesses électorales de D.Trump alors que certains évoquent d’ores et déjà, la possible destitution du président.
L’horizon semble donc s’assombrir pour les places financières, d’autant plus à l’approche d’un resserrement monétaire aux Etats-Unis et un possible début de normalisation de la politique monétaire de la BCE, avec la récente embellie des perspectives économiques européennes.

Au niveau macroéconomique, la situation s’est, en effet, améliorée en zone euro, à l’image du PIB (+0.5% au T1 contre 0.4% précédemment). Les indicateurs d’activité poursuivent leur redressement, les indices PMI évoluant sur des plus hauts de six ans. Quant à l’inflation, elle a accéléré en avril pour s’établir à 1.9%, se rapprochant ainsi de l’objectif de la BCE.
Outre-Atlantique, le bilan est plus mitigé, avec d’un côté une situation de plein emploi (chômage à 4.4% et 211K créations de postes). De l’autre côté, les indices ISM stagnent, la consommation s’essouffle et la croissance américaine a ralenti au premier trimestre (PIB en hausse de seulement 0.7%, son plus bas niveau en trois ans). La Réserve Fédérale a toutefois minimisé ce ralentissement « passager », jugeant la situation économique solide. Elle devrait ainsi poursuivre la normalisation de sa politique monétaire, avec une prochaine hausse des taux vraisemblablement le 14 juin.

Pour la microéconomie, la saison des résultats trimestriels touche à sa fin et le bilan est clairement positif, avec, pour les valeurs du S&P500, des résultats qui ressortent à plus de 5% au-dessus des estimations et une croissance moyenne de 13% des BNA.

Malgré ces éléments positifs, l’heure reste à la prudence. La forte progression des indices depuis le début de l’année pourrait inciter bon nombre d’opérateurs à prendre des bénéfices, d’autant que les niveaux de valorisation commencent à inquiéter, notamment aux Etats-Unis (PER de 17.5 pour le S&P500 contre une moyenne historique à 15.5).

Les incertitudes sur les réformes budgétaires et fiscales aux Etats-Unis, mais aussi les risques politiques persistants en Europe, à l’approche des élections législatives françaises, pourraient également être source de volatilité.
D’un point de vue technique, le CAC40 montre ses premiers signes de faiblesse après avoir rallié dernièrement les 5440 points. La dynamique demeure néanmoins positive en données hebdomadaires au-dessus des 5050 points, niveau correspondant à la moyenne mobile à 20 semaines qui fait office de soutien. Sur un horizon de temps plus court, l’indice parisien revient actuellement tester la zone de soutien des 5260 points. Cette zone de cours devra désormais engendrer une réaction positive sous peine d’assister à des dégagements plus marqués qui pourraient ramener l’indice vers les 5135 points.
Un retour dans cette zone de cours constituerait néanmoins une opportunité pour revenir à l’achat avec un meilleur timing.
Laurent Polsinelli
© Zonebourse.com 2017
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