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Risques baissiers majeurs en 2017

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Analyse du : 13/01/2017 | 10:42
Opinion : Négative sous les 1.4343 
Objectif de cours : 1.3206 
Alors que de nombreux français expatriés au Canada s’interrogent sur l’avenir de la parité EUR/CAD, les planètes n’ont jamais semblé aussi bien alignées pour favoriser une potentielle inflation de la devise canadienne, le Loonie, en 2017.

Trois soutiens majeurs au Canada

D’abord voisin du géant américain, son premier partenaire commercial, dont l’économie tourne à plein régime, le Canada profite pleinement de la santé actuelle de la première puissance mondiale. L’arrivée au pouvoir imminente de Donald Trump, bien qu’à l’origine de quelques incertitudes, alimente par ailleurs les espoirs d’obtenir rapidement les effets positifs d’une politique de relance budgétaire massive.

Mais Ottawa bénéficie également de la flambée des cours du pétrole, dans un mouvement continu depuis près d’un an, renforcé en fin d’année dernière par des accords sur une limitation de la production. L’or noir constituant la première ressource de la Confédération, les cours du Dollar canadien sont en conséquence très largement corrélés à l’orientation des prix du baril.

Sur le plan macro, bien que la Banque du Canada se soit récemment montrée prudente quant à l’activité du pays sur les trois derniers mois de l’année 2016, le PIB enregistre une progression robuste de +3.5% sur un an au troisième trimestre de l‘année passée. Le taux de chômage se maintient sous la barre des 7% et l’endettement des ménages atteint des niveaux inédits, signe d’une confiance solide. Enfin, même si l’inflation a montré quelques signes de ralentissement, elle reste accrochée à la fourchette cible de la banque centrale (+1.2% sur un an en décembre pour un objectif de 1 à 3%).

Trois sources de pression baissière en Europe

La dernière décision expansionniste de la BCE, qui a récemment prolongé de neuf mois son programme d’assouplissement quantitatif jusqu’en décembre 2017, fait d’elle la dernière grande banque centrale à avoir augmenté la taille de son programme d’assouplissement quantitatif alors même qu’elle a déjà adopté des taux négatifs. A l’instar de son homologue nippon, l’institut d’émission de Francfort inonde le marché de milliards tous les mois dans l’espoir de combattre le risque déflationniste, diluant mécaniquement la valeur de sa devise.

Mais 2017 sera aussi une année politique, marquée par des élections majeures au sein du Vieux-Continent, propices à une montée des partis populistes et eurosceptiques. Si les sondeurs s’accordent pour écarter le scénario d’une arrivée au pouvoir de l’un d’entre eux, 2016 nous a montré la limite du talent divinatoire des enquêtes d’opinion. Que ce soit aux Pays-Bas, en France ou en Allemagne, le simple risque d’un démantèlement de la zone Euro inhérent aux scrutins devrait donc largement contribuer à freiner les investissements cette année.

Enfin, la santé du secteur bancaire européen, à nouveau remise en cause par les difficultés de Deustche Bank ou le sauvetage de Banca Monte dei Paschi di Siena, la troisième banque italienne, participent à alarmer les investisseurs en réveillant le spectre de la dernière crise de la dette et de son potentiel effet de contagion à l’ensemble de l’Union monétaire.

Pour conclure, notons néanmoins que les fondamentaux peinent parfois à donner une direction aux monnaies correspondantes et notre peinture du contexte actuel ne peut tenir compte de facteurs aléatoires comme l’impact des premières mesures mises en place par Donald Trump, l’évolution des campagnes électorales en Europe, les annonces relatives au secteur pétrolier ou encore les futures décisions de banquiers centraux qui ne manqueront pas d’offrir des catalyseurs aux marchés. Quoi qu’il en soit, à la lumière de notre analyse, le risque est principalement baissier sur la parité et il convient d’être prudent en conséquence.

Graphiquement, après une première alerte en fin d’année dernière, 1.40 semble désormais avoir définitivement cédé, ouvrant la voie à une poursuite de la baisse en direction de 1.3848 puis 1.3206 CAD à plus long terme. Rappelons que la parité s’échangeait autour de 1.22 mi-2012, offrant donc une marge significative pour des ajustements en 2017.
Mathieu Burbau
© Zonebourse.com 2017
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