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Métaux industriels : Le secteur minier à l'aube d'une plus forte concentration

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13/10/2017 | 17:36
En dépit d’une reprise modérée du dollar, actée depuis le milieu du mois de septembre, la pression acheteuse perceptible sur le compartiment des métaux de base ne faiblit pas. Au contraire, l’ensemble de ce segment, composé du cuivre, de l’aluminium, du plomb, ou encore du zinc, maintient son cap haussier.
Parmi les grands gagnants de cette année, figurent ainsi les métaux de base dont le prix a bondi en moyenne de 18% depuis le premier janvier. Ceci raisonne de toute évidence comme une bonne nouvelle pour les pays producteurs, dont la croissance économique a durement été éprouvée par l’effondrement des cours de ces dernières années. Pour autant, les niveaux élevés atteints en 2010 sont encore bien loin et il demeure légitime de s’interroger s’ils seront un jour de nouveau d’actualité.

Tout d’abord, la demande, qui restait jusqu’à présent la grande inconnue de l’équation à l’appréciation des cours, présente clairement des signes positifs. La consommation mondiale de métaux industriels demeure vigoureuse, celle-ci étant grandement liée à la conjoncture économique internationale (à lire ici : Le baromètre mondial donne des signes d’agitation). Les observateurs révisent effectivement leur estimation de croissance mondiale à la hausse et se montrent optimistes quant à la situation économique de la plupart des grandes économies émergentes. Ce contexte haussier, bénéfique aux industries minières, se ressent notamment dans l’évolution des PMI manufacturiers, en constante hausse depuis 2016 (à lire ici : Un environnement propice au stock-picking). Par ailleurs, la Chine continue d’alimenter la reprise du commerce mondial. L’ogre chinois étant de loin le plus gros consommateur de métaux industriels au monde, sa bonne santé constitue un bon terreau à une embellie de la demande.

Il convient aussi de s’intéresser à l’offre et plus particulièrement à l’organisation des différentes filières de ces industries minières. Celles-ci répondent généralement au même schéma. La longue chute des cours des métaux industriels a sensiblement affecté les groupes miniers, qui n’ont pas eu d’autres choix que de réaliser de nombreuses opérations de cessions d’activités pour survivre et protéger leur marge. Les conséquences de ces plans de restructuration se ressentent aujourd’hui : alors que la demande se montre importante, les capacités productives des principaux producteurs sont aujourd’hui limitées, faute d’investissements suffisants. Dans ce contexte de déséquilibre entre l’offre et la demande, les prix opèrent en tant que variable d’ajustement.

De ce fait, la course aux grands projets miniers est lancée, à l’image des dépenses d’investissement qui se redressent globalement cette année. Les pays producteurs entendant doper leur production minière. Le Chili souhaite par exemple augmenter sa production de cuivre de 20% dans la prochaine décennie tandis que le Pérou reste déterminé à doubler sa production d’ici 2021. Dans ce cadre, il est évident que la tendance sera à la concentration sectorielle. Les acteurs de demain opèrent ainsi discrètement aujourd’hui pour répondre aux prochains défis majeurs, notamment définis par la mutation des industries électroniques et automobiles.

L’évolution de la structure des prix à terme est à l’image de ce nouvel environnement. Les structures dites en contango, en vigueur sur le marché du cuivre, du plomb ou encore de l’aluminium, tendent à se contracter. Ce type de structure se définit par des prix cash inférieurs aux prix à terme et caractérise les marchés où la matière première demeure abondante. Un contango qui se réduit revient simplement à dire que le spread entre le prix cash et le prix à terme se contracte, dévoilant un déséquilibre entre l’offre et la demande physique du sous-jacent. Si le contango se contracte davantage, celui-ci peut tout à fait basculer vers une structure en backwardation (où le prix cash > prix à terme). Cela serait riche de sens dans la mesure où les opérateurs devront payer une prime physique pour obtenir la matière première rapidement, alimentant in fine le sentiment ambiant de pénurie. Ce type de structure des prix à terme, en backwardation, est déjà présent sur le marché de l’étain et du zinc et celle-ci tend à s’aggraver (voir graphique ci-dessous). 


Evolution de la structure des prix à terme du zinc  - source : Bloomberg
 
L’écart entre le prix spot et le prix à trois mois tend à augmenter, révélant une aggravation de la backwardation. 
 

Evolution du cuivre en données hebdomadaires – source : zonebourse.com

Le cours du cuivre évolue par pallier. Après s’être extirpé de sa zone de consolidation bornée par la ligne des 6000 USD la tonne, les prix ont rapidement atteint le niveau pivot des 6400 USD. Celui-ci fait désormais office de support, et la dynamique restera haussière tant que ce dernier tiendra. 


Evolution du cours de l’aluminium en données hebdomadaires – source : zonebourse.com

Le cours de l’aluminium évolue depuis 2016 au sein d’un canal haussier à la pente significative. La ligne des 2130 USD bloque pour le moment la progression des prix. Les acheteurs devront s’en affranchir pour pouvoir viser la prochaine résistance à 2330 USD. 


Evolution du cours du plomb en données hebdomadaires – source : zonebourse.com
 
Le cours du plomb a récemment perforé l’ancienne résistance à 2400 USD qui limitait jusqu’à présent le potentiel de progression des prix. Ce franchissement acte le renversement de tendance à moyen terme au profit d’une nouvelle dynamique haussière. 


Evolution du cours du nickel en données hebdomadaires – source : zonebourse.com
 
Contrairement aux autres métaux non-ferreux, le cours du nickel ne s’est toujours pas affranchi de son oblique baissière de moyen terme. Celle-ci bloque toutes les tentatives acheteuses depuis 2011. Un franchissement de cette oblique devra être interprété comme un signal d’achat. Il faudra néanmoins attendre un retour au-dessus de 13300 USD pour parler d’un retournement de tendance à moyen terme. 


Evolution du cours de l’étain en données hebdomadaires – source : zonebourse.com
 
L’étain a été grandement recherché depuis 2016, laissant place à un long mouvement de consolidation horizontal depuis le début de l’année. Tant que les cours se maintiendront au sein de cette zone de distribution, bornée entre 19 000 et 22 000 points, la neutralité prévaudra. En revanche, tout débordement de la borne haute engendrera une réaction positive des cours en direction des 25 000 USD. 

Evolution du cours du zinc en données hebdomadaires – source : zonebourse.com
 
Le zinc figure parmi les métaux les plus recherchés en 2016, mais aussi cette année. Celui-ci s’adjuge pas mois de 30% depuis le début de l’année et rien ne semble pouvoir freiner sa progression en direction des 3700 USD la tonne. 
Jordan Dufee
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