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La Banque du Canada prépare les marchés à une hausse de taux

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Analyse du : 14/06/2017 | 17:40
Opinion : En surveillance. Surveiller la sortie du range 1.3018 / 1.3523 
Bien qu’elle n’ait pas explicitement annoncé de prochaine action monétaire, Carolyn Wilkins, numéro 2 de la banque du Canada (BoC), s’est montrée particulièrement optimiste quant à la santé de l’économie du pays, laissant même entendre que l’institution se tenait prête à réagir.

«Au volant de votre auto, lorsque vous apercevez un feu rouge au loin, vous relâchez tranquillement l'accélérateur afin de ralentir en douceur. Vous évitez d'appliquer brusquement les freins au dernier moment. Il en va de même pour la conduite de la politique monétaire, qui nécessite d'anticiper ce qui nous attend plus loin sur la route.»

L’analogie de la Première sous-gouverneure canadienne, illustrant la vigilance de la BoC quant au risque de surchauffe de l’économie locale, n’est pas passée inaperçue dans les rangs des investisseurs. Aussitôt ces propos publiés sur le site de l’autorité monétaire, les spéculations se sont intensifiées sur le marché des changes, propulsant le Dollar canadien, en seulement quelques minutes, vers de nouveaux sommets depuis fin avril.

Même si une hausse de taux, la première en sept ans, pourrait ne pas intervenir cette année, Carolyn Wilkins semble ainsi avoir voulu préparer les marchés à une posture moins expansionniste de la banque centrale à moyen terme.

La croissance canadienne enregistre en effet une solide progression de +3.7% sur un an au premier trimestre, attribuée à la fois aux dépenses des ménages, au marché du logement ou encore à l’investissement croissant des entreprises. Surtout, cette expansion concernerait plus de 70% des secteurs, une proportion inédite depuis le choc pétrolier déclenché il y a 3 ans. Une telle diversité rend l’économie moins dépendante d’un secteur en particulier, renforçant l’hypothèse d’une certaine pérennité de sa vigueur actuelle.

Et même si l’inflation peine à évoluer au niveau de l’objectif de la banque centrale, Mme Wilkins attribue sa faiblesse à des facteurs temporaires.

Seuls bémols, à l’origine d‘un semblant de temporisation, la faiblesse de la croissance des salaires et les incertitudes liées à la politique économique du voisin américain, dont il est encore difficile d’évaluer les conséquences.

Si aucune révélation explosive n’a émergé de l’audition au Congrès de James Comey, ex président du FBI récemment limogé par le président américain, la confirmation de l’existence de pressions de la Maison-Blanche, pour faire cesser l’enquête de la police fédérale sur des relations supposées entre la Russie et l’entourage de Donald Trump, fragilise le milliardaire.

Graphiquement, le retournement baissier de la parité USD/CAD, initié début mai, prend de l’ampleur et renvoie les cours vers des points bas inédits depuis le mois de février. En données quotidiennes, la moyenne mobile à 20 jours passe ainsi sous ses homologues à 50 et 100 périodes et notre droite de tendance haussière, prochain test majeur, pourrait céder à son tour. En trading, la majorité perdante des investisseurs particuliers s’est déjà positionnée massivement à l’achat sur la parité, représentant une grande quantité d’argent frais très prisé par les acteurs professionnels du marché, signe qu’il convient d’écarter en priorité le scénario de l’imminence d’un retournement.
Mathieu Burbau
© Zonebourse.com 2017
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