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Jusqu'ici tout va bien

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Analyse du : 18/10/2017 | 11:32
Opinion : En surveillance. Surveiller la sortie du range 111.4 / 114.1 
Principale valeur refuge sur le marché des changes, le Yen semble moins recherché par les investisseurs depuis quelques semaines, un phénomène motivé par l’extrême faiblesse de la volatilité des marchés, le statu quo de la Banque du Japon et la tenue d’élections législatives anticipées.

Shinzo Abe vient en effet d’annoncer le 25 septembre avoir décidé de dissoudre la Chambre basse du Parlement. Le Premier ministre nippon cherche ainsi le moyen de renforcer sa majorité en profitant à la fois de la faiblesse d’une opposition populiste et d’une meilleure popularité liée à une posture ferme face au risque nord-coréen. Selon les derniers sondages, la coalition au pouvoir emporterait une large victoire lors des élections qui se tiendront ce dimanche 22 octobre.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, les entreprises de l’archipel enregistrent certes des bénéfices record grâce à la conjoncture mondiale qui booste son commerce extérieur. Pourtant le chef du gouvernement reste en mal de légitimité alors que sa politique économique (les « Abenomics ») a échoué à régler les problèmes structurels du Japon. La demande intérieure, l’investissement, l’innovation et l’inflation peinent à décoller et la dette culmine à 250% du PIB.

Les grandes réformes manquent effectivement à l’appel alors que la banque centrale, où les proches collaborateurs du Premier ministre ont obtenu un poste, inonde le marché d’argent frais pour colmater les brèches, dans ce que l’on peut comparer à une gigantesque pyramide de Ponzi.

Ainsi la Banque du Japon est-elle le premier actionnaire à la bourse de Tokyo et le plus important détenteur d’emprunts d’Etat japonais. L’institution vient par ailleurs d’annoncer fin septembre le maintien de son principal taux directeur en territoire négatif (-0.10%) et le renouvellement sans surprise de son vaste programme de rachats d'actifs (80 000 mds de yens par an, soit plus de 600 mds d’euros). Des mesures qui contribuent à diluer la valeur du Yen alors que la plupart des grandes banques centrales empruntent désormais un chemin opposé.

Malgré ces divergences de politique monétaire, l’hypothèse d’un regain d’appétit pour le Yen existent néanmoins, en particulier si l’aversion au risque faisait son retour sur le devant de la scène.

Le Nikkei, l’indice phare de Tokyo, n’a jamais été aussi valorisé depuis 1996. Le Dax et les indices américains enregistrent de nouveaux records historiques. Le Vix, baromètre de la peur, ne bronche pas, pressé au contact de ses points bas par la torpeur qui s’impose au fil des séances. Faut-il donc se méfier de l’eau qui dort ? A-t-on affaire à la fameuse accalmie annonciatrice de gros temps ?

Quoi qui qu’il en soit, la situation ressemble à celles qui précèdent traditionnellement les violents dégagements. A l’heure des 30 ans du krach d’octobre 1987, le spectre d’une nouvelle débâcle hante incontestablement de nombreuses salles de marchés, imposant une certaine forme de prudence.

Graphiquement, en net recul depuis le début de l’année, le couple USD/JPY se reprend, comblant en à peine plus d’un mois 50% du mouvement baissier. Pour poursuivre cette avancée, s’installer au-delà de 112.90 puis franchir 114.10 JPY, la paire devra toutefois passer entre les gouttes alors que la moindre étincelle pourrait suffire à déclencher des arbitrages vers la devise japonaise. A l’heure où les indices boursiers atteignent des sommets qui donnent le vertige pendant que Pyongyang teste les nerfs des investisseurs, le risque d’une flambée du Yen à moyen terme ne peut être totalement écarté.
Mathieu Burbau
© Zonebourse.com 2017
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