Bitcoin : Un nouveau potentiel de hausse grâce aux institutionnels

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10/05/2018 | 11:07
La fièvre Bitcoin est retombée après une année particulièrement intense (cours multiplié par 15 en 2017), mais les cryptos continuent à alimenter l’actualité, à mesure que les institutionnels s’y intéressent. Si Goldman Sachs entre sur la pointe des pieds, il ne fait aucun doute que tous les établissements financiers de la planète et les grands acteurs technos planchent sur le sujet. Pourtant, les autorités politiques et prudentielles ne cessent d’appeler à la prudence. Même Warren Buffett s’en méfie.
Un florilège de critiques…

Les crypto-sceptiques ont contribué à la chute du bitcoin. Selon la Fed de San Francisco, l’introduction des contrats à terme sur bitcoin en décembre dernier aurait même contribué à la baisse du prix de la cryptomonnaie.

“Similarly, the advent of blockchain introduced a new financial instrument, bitcoin, which optimistic investors bid up, until the launch of bitcoin futures allowed pessimists to enter the market, which contributed to the reversal of the bitcoin price dynamics.”

Autrement dit, la mise en place des futures a permis aux pessimistes d’entrer sur le marché, de shorter en masse la célèbre cryptomonnaie et de faire plonger son cours. Dans l’étude présentée par la banque centrale de San Francisco, les analystes comparent cette situation à celle du marché obligataire des années 2000 : l’arrivée de produits dérivés avait dopé le marché, mais aussi favorisé l’entrée de nouveaux investisseurs pariant contre le marché.

Warren Buffett est plus tranché dans son opinion : il compare le bitcoin à «de la mort-aux-rats ». Le célèbre investisseur dénonce une monnaie purement spéculative, semblable aux jeux d’argent. En janvier il s’était déjà exprimé sur le sujet en avertissant que les cryptomonnaies allaient « mal finir ». En plus, il n’y comprend rien, de son propre aveu. Or Warren Buffett n’investit pas sur ce qu’il ne comprend pas.
 
 
Mario Draghi ne contredit pas les propos du milliardaire américain. Lors de son passage au Parlement européen en février dernier, il a lui-aussi qualifié les cryptomonnaies de « très risquées », « sujettes à une forte volatilité » et « dont leurs prix sont entièrement spéculatifs ».

La Banque de France (BdF) ou encore la Banque Mondiale se montrent également méfiantes face à ce système considéré comme « pyramidal », qui plus est, permet le financement d’activités illégales (exemple cité par la BdF : « blanchiment d’argent et financement du terrorisme »). Pour cette dernière, il est absolument nécessaire de réguler les crypto-actifs et ce, de façon internationale, afin de réduire au maximum les risques inhérents. Elle a à ce titre publié un focus début mars pour informer le grand public sur ce type d’investissement. D’ailleurs, la BdF utilise sciemment le terme « crypto-actifs » : elle ne considère pas le bitcoin et ses homologues comme de la Monnaie.

L’EBA, l’Esma et l’Eiopa, les trois autorités de surveillance financière de l’Union Européenne, ont elles-aussi mis en garde en ce début d’année la population, expliquant que les cryptos ne convenaient pas « aux investissements, à l’épargne ou à la préparation de la retraite ».

Fin mars les ministres des Finances avaient abordé lors d’un G20 (sous la pression de la France notamment) la question des crypto-monnaies, aboutissant à un consensus selon lequel elles ne constituent pas une Monnaie. Cette réunion avait d’ailleurs participé à faire reculer les cours des cryptos, des rumeurs ayant circulé à l’époque sur un projet de régulation.

Les autorités chinoises et sud-coréennes, après avoir divulgué les premières mesures visant à limiter les échanges en bitcoin l’année passée, ont communiqué de nouvelles réglementations dans le but d’éliminer complétement les échanges au sein du pays.

Enfin, le débat enfle sur l’impact environnemental du minage, comme l’illustre la pétition déposée sur le site de l’Assemblée Nationale du Québec : elle proposait de s’opposer au minage dans la Belle Province. Une pétition selon laquelle la consommation annuelle mondiale d’électricité du minage « dépasse déjà vraisemblablement la consommation annuelle nationale de 150 pays » (considérés individuellement).

… mais des institutionnels de plus en plus nombreux

Si les crypto-enthousiastes se faisaient discrets depuis ce début d’année, ils reviennent sur le devant de la scène à l’image de Goldman Sachs qui vient tout juste d’embaucher un ancien trader de hedge funds et fondateur de la société de trading Translunar Crypto (Justin Schmidt), pour développer son activité de courtage liée à la monnaie virtuelle. 

Le patron de J.P Morgan, Jamie Dimon, qui s’était montré très critique au sujet du bitcoin l’année passée, le qualifiant même de « fraude », a fait savoir qu’il regrettait ses propos et qu’il avait des projets liés à la technologie de la blockchain.

Du côté du Vieux Continent, nous pouvons citer l’exemple en France de la Maison du Bitcoin qui a lancé une offre dédiée aux family offices et gestionnaires d’actifs, dans le but de les accompagner dans leurs investissements dans les ICO (Initial Coin Offering – levée de fonds en monnaies virtuelles). Notons par ailleurs que le Conseil d’Etat a décidé d’alléger les modalités d’imposition des gains liés aux transactions en bitcoin, réjouissant bon nombre de français possédant la célèbre cryptomonnaie.

Tangem, une start-up Suisse a le projet d’émettre des billets de bitcoin en circulation afin d’améliorer « la simplicité et la sécurité dans l’acquisition, la détention et la circulation des cryptomonnaies aussi bien pour les utilisateurs sophistiqués que les nouveaux ».  D’ailleurs, la Suisse, encore considérée comme un paradis fiscal, s’impose désormais comme le paradis des cryptos avec sa Crypto Valley (version suisse de la Silicon Valley) située dans le canton de Zoug. Le Ministre de l’Economie, M. Johann Schneider-Ammann, avait même annoncé lors de la Conférence Blockchain & Bitcoin à Genève en janvier que la confédération souhaitait devenir la « Crypto Nation ».

Un potentiel à court terme de 11 600 dollars

Graphique en bougies journalières – source TradingView en date du 09/05/2018 (cliquez sur l'image pour agrandir)

 


Depuis son plus haut historique atteint en décembre 2017 (près des 20 000 dollars), le bitcoin s’était engagé dans une phase de correction intense. Cette phase légitime s’opère avec un affaiblissement de la volatilité, confirmé par des récentes bougies à moindre amplitude. La zone des 6600 USD a fait office de blocage à plusieurs reprises de ce mouvement de repli.

Depuis le mois d’avril, force est de constater que le bitcoin reprend une certaine dynamique, bien qu’atténuée par la résistance psychologique des 10 000 dollars. Un éventuel dépassement donnerait une nouvelle cible haussière à 11 600 dollars, niveau correspondant à un retracement Fibonacci de 38.2% (ligne verte claire sur le graphique).

Garder à l’esprit d’être vigilant :

Si vous avez la volonté de réaliser des investissements en bitcoin ou autres cryptos, renseignez-vous un maximum et faites attention aux arnaques. Vous pouvez à ce titre lire la note rédigée par l’AMF afin de retrouver quelques explications sur ce type d’investissement, les risques pouvant être engendrés et quelques témoignages, ainsi que nos précédents articles :

Bitcoin : irrationnel,
Bitcoin : J-2 et J-10 avant le lancement des futures,

Anaïs Lozach
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