La performance d'un fonds ne doit pas être le résultat d'un seul pari

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02/06/2017 | 12:04
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Une étape charnière du processus de sélection de fonds est l’étude des performances passées ? Qu’est-ce que cet exercice suppose comme préalable ?
Le préalable nécessaire est la détermination d’une période significative de la vie du fonds, de manière à relever le cas échéant des modifications importantes survenues dans son pilotage.

La période observée doit être relativement longue afin de pouvoir considérer le comportement du fonds dans des phases de marché haussier et baissier. Bien souvent, certains fonds surperforment uniquement quand la tendance sur le marché est ascendante et souffrent considérablement dans des zones de turbulences. Un certain équilibre est donc à trouver.

Qu’entendez-vous par modifications importantes dans le pilotage du fonds ?

Cela peut être un changement de gérant, une évolution dans la direction de la société de gestion, l’adoption d’un nouveau style de gestion. La composition du fonds peut profondément différer. Concrètement, un fonds d’actions européennes peut avoir été initialement limité à une exposition aux actions françaises et se mettre au bout de quelques années à investir sur les bourses d’autres pays européens.

Comment appréhender de telles modifications ?

Nous assurons chez LBPAM une veille quotidienne à partir des informations communiquées par les sociétés de gestion elles-mêmes. En outre, nous disposons de bases de données étoffées qui nous permettent, par le biais de corrélations passées, d’être en alerte à propos de telles modifications. Enfin, nous n’hésitons pas à interroger les gérants de fonds qui ont fait l’objet d’une présélection sur les éventuels ajustements effectués.

Vous faites donc en sorte d’identifier les ruptures de tendance ?

Absolument.

Comment apprécier les fonds nouvellement conçus qui ont de ce fait un court track record ? Faut-il les exclure d’office ?

Non. Pour ces fonds, il est possible de se fier au track record du gérant ou de s’en remettre à l’historique de performance d’un fonds analogue de la société de gestion, par exemple un fonds géré pour le compte d’investisseurs institutionnels ou un fonds lancé à l’étranger.

Il est très rare que nous intégrions pour notre part un fonds qui n’ait absolument aucun historique simplement parce qu’il aurait une nouvelle stratégie intéressante.

Vous fixez-vous un nombre d’années spécifique à examiner ?

Il n’y a pas d’idéal en la matière. Pour autant, aussi bien pour les fonds actions que pour les fonds crédit, nous cherchons à avoir au moins un historique de 8 ans afin d’avoir le bear market de 2011.

Est-il préférable de procéder à une comparaison par rapport à des fonds de même catégorie ou par rapport au benchmark de référence ?

Nous préférons cumuler les deux approches.
S’agissant de la comparaison entre fonds concurrents, nous faisons en sorte que les règles de fonctionnement des fonds aient une certaine ressemblance et supposent en conséquence une prise de risque équivalente.

L’analyse manquera de sa pertinence si dans l’échantillon défini, les fonds présentent des niveaux de risque diamétralement différents.

L’attention doit se concentrer alors sur la régularité de performance et non sur son ampleur une année donnée ?

Tout à fait.
Comment faire avec les fonds qui n’ont pas de benchmark identifié ?

Une solution peut résider dans la détermination de la performance corrigée du risque. En l’absence de benchmark, ce qui prime c’est la performance absolue et non relative.

Comment distinguer deux fonds qui ont apparemment la même performance passée ?

Pour les fonds benchmarkés, un bon critère est le ratio d’information. Il renvoie à la surperformance générée par unité de risque relatif. La volatilité de l’écart de rendement par rapport au benchmark, sur un rythme hebdomadaire, renseignera sur l’ampleur du risque pris.
Ce ratio permet d’identifier entre deux fonds qui affichent de prime abord une bonne performance historique, quel fonds a eu le meilleur ratio rendement-risque.

D’autres mesures ont trait à la perte maximale ou la value at risk.

Il faut que la performance soit le résultat de plusieurs sources de valeur ajoutée et pas d’un seul pari…

Ce postulat est fondamental. La performance du fonds doit découler de multiples contributeurs sur un plan géographique, sectoriel, en termes de choix de valeur, ce qui sous-entend une diversification des risques.
Une bonne lecture des rapports d’attribution de performance peut-être un appui précieux.

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