Le calendrier s'annonce léger à Wall Street, qui résiste au risque

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19/05/2017 | 22:35

NEW YORK (awp/afp) - Au sortir de l'une de ses semaines les plus agitées de l'année face aux déboires politiques du président Donald Trump, Wall Street reste plutôt résistante et s'apprête à enchaîner des séances pauvres en rendez-vous économiques.

Depuis le précédent week-end, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a perdu 0,44% à 20.804,84 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 0,61% à 6.083,70 points. L'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,38% à 2.381,73 points.

Wall Street achève "une semaine erratique", a résumé Karl Haeling, de LBBW.

Alors que la Bourse de New York semblait de plus en plus négliger le risque politique, elle a brusquement décroché mercredi et les indices ont signé leurs plus fortes baisses de l'année face à une accélération des polémiques autour du président Donald Trump.

M. Trump, qui sera absent des Etats-Unis pendant l'essentiel de la semaine prochaine à l'occasion de son premier voyage présidentiel à l'étranger, a successivement été accusé par la presse d'avoir révélé des informations sensibles à la Russie puis d'avoir entravé une enquête du FBI sur une supposée ingérence russe dans la campagne présidentielle.

"Quand on regarde le paysage politique, on voit planer les incertitudes", a reconnu Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.

Comme à chaque polémique autour de M. Trump, les observateurs se sont empressés d'évoquer les risques pour les réformes économiques promises par le président.

Mais, après leur avoir apparemment donné raison, Wall Street a vite limité ses pertes et ne signe finalement qu'une baisse hebdomadaire modeste.

- Le pétrole surveillé -

"C'est comme un ballon que l'on essaie de maintenir sous l'eau", a ironisé M. Haeling. "Tant qu'il y a de mauvaises nouvelles, il reste sous la surface... Mais dès qu'il y a une séance sans mauvaise nouvelle, il jaillit tout seul !"

Wall Street connaît une belle dynamique depuis l'élection de M. Trump et les dernières semaines avaient été marquées par un niveau historiquement de l'indice VIX "de la peur", qui mesure la volatilité des marchés américains.

Certes, cet indice a connu une petite flambée cette semaine avec le regain d'incertitudes politiques, mais il semble un peu tôt pour envisager un retour durable de l'animation.

"Même avec la volatilité observée mercredi, le VIX n'a quasiment pas bougé par rapport au mois précédent", a écrit Nicholas Colas, de Convergex. "Pour les marchés américains, le mois écoulé ressemble à un manège: (...) on est de retour à la case départ."

Quant aux indicateurs économiques, ils sont restés maigres cette semaine et les prochains jours ne s'annoncent guère plus remplis. Les investisseurs pourront surtout se mettre sous la dent mercredi le compte-rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale (Fed), quand elle s'était abstenue début avril de relever ses taux.

Du côté des grandes entreprises américaines, leur période de résultats trimestriels est désormais bien achevée sur un bilan nettement positif, qui n'est pas pour rien dans la bonne tenue de la Bourse.

Les éléments à surveiller se concentreront à l'étranger, avec notamment un sommet le 25 de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), les cours de l'or noir ayant déjà profité cette semaine de l'espoir d'une prolongation de quotas de production appliqués depuis janvier.

"Mais ça ne sera pas une semaine passionnante sur le plan des éléments économiques", a conclu M. Cahill. "On est en train d'attaquer le fameux +marasme estival+."

jdy/lla/pb

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