Le point hebdo de l'investisseur : L’Europe ne suit pas le rythme du DJ

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04/12/2017 | 17:59
Lundi 04
décembre
Le point hebdo de l'investisseur
intro Wall-Street a fait cavalier seul la semaine dernière sur fond d’anticipations de l’adoption imminente de la réforme fiscale américaine, reléguant au second plan les tensions géopolitiques avec la Corée du Nord et les rebondissements dans l’affaire d'ingérence russe pour la présidentielle de 2016.
La volatilité revient au galop et les indices rebondissent ce lundi, suite à l'adoption par le Sénat de la Tax reform ce week-end.
Indices

Sur la semaine écoulée, c'est la Grèce qui a signé la meilleure performance hebdomadaire (+3.5%). Le Portugal a gagné 1.28% et l'Espagne 0.3%. Les autres places européennes ont toutes cédé du terrain. Le Footsie et le DAX perdent en moyenne 1.5% alors que le CAC40 et l'indice italien perdent 1.3%.
Aux Etats-Unis, les prises de bénéfices sur les valeurs technologiques ont impacté le NASDAQ100 qui recule finalement de 1.11%. Le DOW JONES et le S&P500 ont, quant à eux, engrangé 2.86% et 1.53% malgré de légers dégagements vendredi.
En Asie, le NIKKEI a gagné 1.19% la semaine dernière alors que la Chine recule de 1.07%.

Graphique du VIX

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La récente poussée du VIX met en évidence un regain de nervosité sur les marchés, en raison des craintes politiques aux Etats-Unis.
Fonds EUROPA ONE

L'indice Stoxx Europe 600 Net Return a perdu 0.7% et le fonds Europa One 1.8%. Nous abandonnons ainsi 1.1% de surperformance sur la semaine.
Le fonds a notamment subi un repli de Siltronic, Be Semiconductor, Norsk Hydro et Aperam dans la lignée des variations sectorielles. Nos positions sur Pandora, Groupe Crit, Valeo et Redrow ont affiché quant à elles des gains importants ne suffisant néanmoins pas à contrebalancer un repli pratiquement généralisé de nos valeurs.
Si effectivement un mouvement de rotation sectorielle se prolongeait, les secteurs "Value" bien représentés dans notre sélection devraient néanmoins surperformer les valeurs défensives, souvent en décroissance.
Matières premières

Le pétrole termine sur une note de neutralité, les cours n’ayant que peu évolué lors des dernières séances. Pourtant, le calendrier était bel et bien chargé avec la réunion de l’OPEP jeudi dernier. Les membres du cartel et dix partenaires, dont la Russie, ont décidé, sans surprise, de prolonger leurs quotas de production jusqu’à fin 2018 pour rééquilibrer le marché. Le Brent se traite autour de 63,6 USD le baril.

Malgré les nouvelles provocations émanant de la Corée du Nord, les métaux précieux n’ont pas été recherchés. Au contraire, l’or perd 1% à 1283 USD tandis que l’argent lâche plus de 3.6% à 16.4 USD l’once.
Les prix des métaux de base ont souffert de prises de bénéfices et d'un regain de craintes concernant l'économie chinoise. Le cuivre et le nickel abandonnent ainsi respectivement 2% et 4.7% à 6734 et 11000 USD la tonne.
Les cours du maïs et du soja remontent cette semaine à Chicago, sous l'effet de commandes solides et de l'anticipation d'une météo moins favorable en Amérique du Sud. Le blé a également gagné 1.2% à 414 cents le boisseau.
Marchés actions

Le NIKKEI 225 a réalisé un magnifique parcours 2017. Depuis le début d’année c’est presque 20% de performance sur les actions japonaises. Cette avancée s’inscrit comme la sixième consécutive (voir graphique). L’indice est loin de rééditer sa progression historique des années 80, avec 12 exercices positifs consécutifs avant la forte chute en 1990 de plus de 38%.

Le titre de l'indice japonais qui a le plus performé en 2017 se nomme Tokai Carbon, avec +230%. Le spécialiste de la fabrication de produits liés au carbone devance Yaskawa Electric. Cette dernière, s’occupant de la maintenance industrielle, a gagné plus de 175%. Showa Denko (industrie de produits chimiques) monte aussi sur le podium, avec ses 152% de valorisation.
A signaler que ces trois sociétés ont un siècle d’existence. La réussite n’est pas réservée qu’à des technologies de rupture.

Graphique du NIKKEI

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Marché obligataire

Le marché des emprunts d’Etats ne connaît aucune tension depuis un mois. Cela se confirme, cette semaine, avec des écarts peu significatifs.
Le Bund allemand reste à 0.33% de rendement tout comme l’OAT française à 0.63%. Les pays du sud de l’Europe affichent également une détente complémentaire à l’image de l’Italie (1.71%), l’Espagne 1.39% et le Portugal (1.85%).
Du coté des Etats-Unis, le TBond génère 2.38%, soit +6 points de base sur cinq jours, mouvement logique dans un climat global de hausse de taux.
Marché des changes

L’euro s’est stabilisé face au dollar, affaibli par un nouveau rebondissement dans l’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine, impliquant Michael Flynn et potentiellement Donald Trump. Par ailleurs, la monnaie unique reste soutenue par une série d’indicateurs positifs. L’euro se négocie ainsi autour de 1,185 USD.
Par ailleurs, la devise européenne consolide face au franc suisse à 1,16 CHF et gagne un peu de terrain face au yen à 134 JPY.

Evolution du dollar index

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Statistiques économiques

Les statistiques ont dans l’ensemble agréablement surpris aux Etats-Unis la semaine passée. La confiance des consommateurs, les ventes de logements, l’indice PMI de Chicago, ainsi que les revenus et les dépenses des ménages ont dépassé les attentes. Les inscriptions au chômage ont été moins importantes que prévu (238K contre 241K), néanmoins l’indice ISM manufacturier a légèrement déçu (58.2 contre 58.4 attendu). Le PIB trimestriel est ressorti comme attendu à 3.3% et les stocks de pétrole se sont repliés de 3.4 millions de barils (consensus -2.5M).
En Europe, les prix à la consommation se sont révélés inférieurs aux attentes alors que le taux de chômage et l’indice PMI manufacturier étaient légèrement meilleurs qu’anticipé.

Cette semaine sont attendus outre-Atlantique, l’indice ISM non-manufacturier et les stocks de pétrole. Nous connaîtrons également en fin de semaine les chiffres relatifs à l’emploi tels que le salaire horaire moyen, les créations d’emplois dans le secteur non agricole et le taux de chômage.
En Europe, les données révisées sur le PIB du troisième trimestre seront dévoilées ainsi que l’indice PMI des services et les ventes au détail.
L’Europe ne suit pas le rythme du DJ

A l’approche de la fin de cette année qui restera un bon cru, surtout sur les actions américaines, il semble que les indices outre-Atlantique forment des extensions graphiques suscitant un certain niveau de vigilance. La récente actualité sur la politique fiscale entraîne ces derniers sur des énièmes records historiques.
En contrepartie, l’Europe s’est mise en mode roue libre pour les quelques jours restants, avant la clôture 2017. Les investisseurs ont préféré verrouiller des gains sur les actions du Vieux-continent, avant la prochaine trêve des confiseurs.
 
Patrick Rejaunier
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