Le point hebdo de l'investisseur : Les taux pourraient freiner l'embellie sur les actions

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15/01/2018 | 17:58
Lundi 15
janvier
Le point hebdo de l'investisseur
intro Les places financières ont pour la plupart progressé la semaine dernière, portées par de bonnes statistiques européennes et par l’envolée de Wall-Street, aidée notamment par le repli du dollar face à ses contreparties majeures.
 
Indices

Sur la semaine écoulée, les indices américains ont poursuivi leur course aux records, à l'image du DOW JONES qui s'adjuge 2.01%. Le S&P500 et le NASADQ100 ont gagné près de 1.6%.
En Europe, les performances sont plus disparates et ce sont l'Italie et la Grèce qui ont tiré leur épingle du jeu, avec des performances hebdomadaires respectives de 2.93% et 2.58% alors que l'Espagne grappille 0.5% et le Portugal 0.14%.
Le CAC40 a, pour sa part, progressé de 0.85% et le Footsie 0.7%. Le DAX termine, en revanche, dans le rouge (-0.56%).
La Chine a gagné 1.09% alors que le Japon s’effrite de 0.26%, le raffermissement du yen ayant quelque peu pesé sur la tendance.
Fonds EUROPA ONE

Le fonds Europa One s'est apprécié de 0.45% la semaine passée, gagnant quelques précieux dixièmes sur son benchmark, l'indice Stoxx Europe 600 Net Return, qui s'est apprécié de 0.30% avec toutefois de très fortes disparités sectorielles. Nos positions sur TRIGANO, PAGEGROUP, ANIMA HOLDING et ASHTEAD ont largement contribué à la hausse hebdomadaire du fonds alors que SUPERDRY et PANDORA, allégée de moitié cette semaine, décevaient le marché. La saison des publications démarrera réellement pour notre sélection à la fin du mois.
 
Matières premières

Soutenu par les propos du ministre russe de l’énergie sur le rééquilibrage du marché, le Brent termine la semaine proche du seuil des 70 USD, une première depuis décembre 2014. La désescalade des tensions en Iran, ainsi que la nouvelle progression du nombre de puits en activité aux Etats-Unis ont été relayés au second plan. Par ailleurs, le baril de WTI progresse de 3.8% à 64 USD.

L’ensemble du compartiment des métaux précieux reste bien orienté grâce à la faiblesse du dollar. L’once d’or s’adjuge 1.14% à 1340 USD tandis que l’argent gagne 0.7% à 17.3 USD.

Le cuivre et la plupart des autres métaux industriels ont reculé la semaine dernière, pénalisés par des données décevantes sur les importations chinoises. Celles-ci ont atteint 450 000 tonnes en décembre, contre 470 000 le mois précédent et 490 000 en décembre 2016. Le métal rouge perd un peu de terrain et se négocie à 7070 USD la tonne.

Enfin, le blé et le maïs se sont nettement dépréciés, pénalisés par une hausse des stocks aux Etats-Unis et des surfaces cultivées. Le blé et le maïs se traitent ainsi respectivement 420 et 347 cents le boisseau.
Marchés actions

Marque emblématique (datant de 1888), Kodak, qui cote à la bourse de New York a fait le buzz la semaine dernière. Le spécialiste vintage de la photo vient d’annoncer, à la surprise générale, la création d’une crypto-monnaie (KodakCoin) qui a fait gagner à l’action 110% sur une seule séance. La stratégie apparaît comme fondée, en raison de l’immense capacité à générer de l’énergie indispensable à la Blockchain.
L’euphorie démesurée de la crypto gagnerait-elle les investisseurs, avides de faire un gain rapide, telle la folie du «.com» dans les années 2000? Les configurations graphiques y sont proches.


Cliché du titre Kodak

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Marché obligataire

Le marché des emprunts d’états connaît une tension palpable sur les rendements.
Le T-Bond américain gagne plus de 7 points de base pour franchir à la hausse les 2.55%, un plus haut de 10 mois (voir graphique). Les bonnes dispositions économiques outre-Atlantique font craindre un potentiel de surchauffe, au moins en termes d’inflation.
Ces anticipations déteignent également sur les autres références obligataires. Le Bund progresse de 14 points de base à 0.57%, l’OAT se négocie sur la base de 0.84%. Seul le Portugal voit son taux à dix ans baisser à 1.77%.


Evolution du T-Bond

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Marché des changes

L’euro poursuit son ascension face au dollar, porté par un ton moins accommodant de la BCE, qui ouvre la voie à un resserrement de sa politique plus tôt qu’attendu. A cela s’ajoutent des éléments politiques, Angela Merkel étant en passe de trouver un accord avec les sociaux-démocrates du SPD pour former un gouvernement majoritaire au Parlement. De ce fait, la monnaie unique se négocie sur des niveaux datant de 2014 à 1.228 USD.

En outre, l’euro gagne du terrain face au franc suisse à 1.18 CHF (voir graphique) et se stabilise face au yen à 136 JPY.


Graphique du franc suisse

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Statistiques économiques

Les statistiques économiques ont dans l’ensemble déçu la semaine passée aux Etats-Unis. Les prix à l’importation, l’indice des prix à la production, les ventes au détail et les inscriptions au chômage se sont en effet révélés moins bons que prévu. L’indice des prix à la consommation était conforme aux attentes à 0.1% et les stocks de pétrole se sont repliés de 4.9 millions de barils (contre 3.9 attendu).
A l’inverse, en Europe, la confiance des investisseurs, les ventes au détail et la production industrielle ont dépassé les prévisions.

Bien que la semaine soit écourtée aux Etats-Unis, de nombreuses statistiques sont attendues. Nous surveillerons la publication des indices manufacturiers de la Fed de New York et de Philadelphie, la production industrielle, les permis de construire, les inscriptions au chômage, les mises en chantier, les stocks de pétrole et enfin, les données préliminaires sur le sentiment des consommateurs.
En Europe, nous prendrons connaissance mercredi des données révisées sur l’inflation avec l’indice des prix à la consommation mercredi.
Les taux pourraient freiner l'embellie sur les actions

Les actions européennes continuent de se bonifier dans un climat mondial imperméable à tout élément exogène.
Tel un bulldozer, le DOW JONES et ses trente valeurs avancent à un rythme historique, défiant au passage tous les commentaires des spécialistes mais aussi toutes les lois de l’analyse technique. Cet engouement se justifie par une euphorie irriguée sur toute la planète avec des réels potentiels de croissance généralisée.
Les investisseurs vont tout de même continuer à surveiller l’évolution haussière des taux longs qui pourrait créer de la tension sur les actions surtout avec des valorisations tendues.
L’inflation et les taux, en fonction de leur parcours, étofferont les réflexions des opérateurs pour déterminer le timing d’une légitime et saine consolidation indicielle.
 

Patrick Rejaunier
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