Le scrutin de dimanche en Autriche n'inquiète pas le marché - Plus Europe

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13/10/2017 | 07:57




Ivan Best,



L'Agefi





PARIS (Agefi-Dow Jones)--L'extrême droite va-t-elle revenir au pouvoir en Autriche ? C'est plus que possible, le nouveau parti populaire (ÖVP, conservateur) qui est crédité d'un tiers des voix selon les sondages, a annoncé sa volonté de faire alliance avec le Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite), qui en obtiendrait environ 25%.



En tout état de cause, le parti conservateur ne veut plus entendre parler d'un gouvernement qui l'associerait aux sociaux-démocrates de l'actuel chancelier Kern, crédités de 27% des suffrages. Comme de 2000 à 2005, le gouvernement autrichien, qui pourrait être dirigé par le jeune conservateur Sebastian Kurz (31 ans), à la tête de l'ÖVP, comprendrait donc des ministres d'extrême droite. Sebastian Kurz aurait d'autant moins de mal à fonder cette alliance qu'il a repris à son compte, depuis des mois, la rhétorique de la droite de la droite, notamment s'agissant du combat contre l'islam.



Le risque existe donc pour l'Autriche de se voir sanctionnée par l'Union européenne, comme cela a été le cas en 2000. De quoi nuire au pays et à son économie ? Le contexte a changé. Des "populistes" sont au pouvoir en Hongrie, le gouvernement polonais est proche de cette ligne. Les économistes d'ING relèvent que "jusqu'à ce jour, ce contexte politique n'a pas eu d'effet sur l'investissement et sur la confiance des acteurs de l'économie".



L'Autriche connaît des taux de croissance très enviables en regard des standards français. Alors qu'elle n'a atteint que 1,5% en 2016, la hausse du PIB a dépassé les 2,6% au premier semestre, en glissement annuel. L'Institut Wifo table sur +2,8% sur l'ensemble de l'année 2017, bien au-delà de la moyenne de la zone euro (+2,1%). Le pays profite à plein de la bonne tenue de l'économie allemande, où ses exportations augmentent sur un rythme supérieur à 7%. Logiquement, cette quasi-surchauffe de l'économie est source d'inflation. Pas de dérapage en vue, mais une hausse des prix qui se rapproche de l'objectif des 2% fixé par la BCE. La dynamique salariale - les salaires augmentent plus vite que la productivité - y contribue fortement. Elle est liée à un taux de chômage au plus bas. Cette inflation supérieure à la moyenne ne se paie pas par des taux d'intérêt plus élevés. Les taux à dix ans étaient proches ce jeudi de 0,61%, 22 points de base seulement au-dessus du niveau allemand.



Sebastian Kurz, au programme très "anti islam" n'a pas prévu de bouleverser cette donne économique, s'il accède au pouvoir.





-Ivan Best, L'Agefi. ed: ECH





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