Les métaux industriels en ordre dispersé, la Chine inquiète

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16/06/2017 | 13:25

Londres (awp/afp) - Les prix des métaux de base échangés sur le London Metal Exchange (LME) ont évolué dans des directions différentes cette semaine, la persistance des craintes sur la demande chinoise pesant sur le cuivre et l'aluminium.

Le cuivre et l'aluminium ont reculé tandis que l'étain et le zinc remontaient ainsi que, dans une moindre mesure, le plomb et le nickel.

La tonne d'aluminium est tombée jeudi à 1.870,50 dollars, à son plus bas depuis plus d'un mois.

La tonne de plomb est descendue lundi à 2.052 dollars, son plus bas depuis près d'un mois, avant de remonter sur la semaine.

"Sur les dernières semaines, les prix ont reculé pour la grande majorité des métaux alors que plusieurs signaux montrent que la croissance chinoise sera moins élevée que prévu", ont prévenu les analystes de Capital Economics.

La semaine précédente, les métaux de base avaient connu une semaine de répit, les données des douanes chinoises pour le mois de mai montrant que les importations étaient reparties en hausse.

"Mais les données chinoises de cette semaine sont tièdes et ne permettent de parier ni à la hausse, ni à la baisse", ont commenté les analystes de UniCredit.

En mai, la production industrielle et les ventes au détail en Chine ont poursuivi leur hausse.

En fin de semaine, les métaux ont été pénalisés par la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a augmenté ses taux de base de 0,25 point de pourcentage.

"La hausse des taux de la Fed était largement anticipée. Mais le dollar s'est quand même renforcé, ce qui pèse sur le cours des métaux de base", a commenté Liz Grant, analyste chez Sucden.

Le prix des métaux de base étant fixé en dollars, la valorisation de billet vert pénalise les investisseurs qui utilisent d'autres devises pour en acheter.

- Le cuivre recule -

Les prix du cuivre ont reculé sur la semaine, les analystes digérant les données chinoises tout en gardant un oeil sur la situation en Indonésie, où la production est perturbée dans la deuxième plus grande mine du monde, à Grasberg.

Le cuivre n'a donc pas confirmé le rebond entamé la semaine dernière et s'inscrivait en très légère hausse depuis le début de l'année, bien loin de ses sommets en deux ans atteints en février.

"Un des facteurs qui pèse sur le marché est la chute des importations chinoises de cuivre, de 31% entre janvier et avril par rapport à la même période l'année précédente, ce qui semble indiquer une demande faible", ont commenté les analystes de UniCredit.

Ces derniers rappelaient cependant que la Chine avait également utilisé plus de ferraille et que la demande réelle restait solide.

"Bien que les chances d'un atterrissage en catastrophe de la croissance chinoise existent, les données montrent pour l'instant que le secteur immobilier résiste", ont renchéri les analystes de Société Générale.

La situation restait par ailleurs complexe en Indonésie, où l'opérateur Freeport-McMoRan s'oppose à la fois au gouvernement, qui cherche à imposer de nouvelles normes d'exploitation et aux travailleurs de la mine de Grasberg.

"Selon Freeport-McMoRan, le conflit et l'impossibilité d'exporter pourrait conduire à la suppression de 7.000 emplois, une décision qui a mené à des actions syndicales qui durent encore à ce jour", ont relevé les analystes de Commerzbank.

- Le nickel focalisé sur les Philippines -

Le prix du nickel est tombé mercredi à 8.680 dollars la tonne, à son plus bas niveau depuis plus d'un an, avant de remonter légèrement.

"Le nickel a sérieusement reculé dans les dernières semaines car les perspectives de production sont meilleures. La probabilité que de nombreuses mines ferment pour des raisons de protection de l'environnement sont bien moindres", ont expliqué les analystes de Capital Economics.

"Il y a encore de nombreuses inconnues sur la situation en Indonésie et aux Philippines, ce qui pourrait pousser les investisseurs à la prudence. L'effet de la baisse des prix sur les décisions politiques dans ces deux pays est une autre question à se poser", ont rappelé les analystes de UniCredit.

Certains analystes restaient cependant optimistes.

"La demande de nickel va être soutenue par les investissements chinois dans les infrastructures et aussi par la demande de batteries. Le plan d'infrastructure de Donald Trump pourrait également jouer un rôle", ont estimé les analystes de Société Générale.

Sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s'échangeait à 5.672 dollars vendredi à 10H45 GMT, contre 5.770 dollars le vendredi précédent à 11H40 GMT.

L'aluminium valait 1.872 dollars la tonne, contre 1.899,50 dollars.

Le plomb valait 2.123,50 dollars la tonne, contre 2.105 dollars.

L'étain valait 19.410 dollars la tonne, contre 18.900 dollars.

Le nickel valait 8.960 dollars la tonne, contre 8.825 dollars.

Le zinc valait 2.538,50 dollars la tonne, contre 2.492 dollars.

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