Marchés financiers : les investisseurs ont-ils raison de s’inquiéter des présidentielles françaises ?

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24/02/2017 | 18:25
Il y a quelques années nous n’aurions jamais pu penser que les élections présidentielles françaises puissent avoir un impact sur les marchés financiers et les stresser véritablement. Pour exemple, les propos de François Hollande, qui s’autoproclamait en 2012 « ennemi de la finance », n’avaient pas été pris au sérieux à juste titre, même élu.
Le niveau d’appréhension des investisseurs au sujet des élections actuelles qui donneront leur verdict d’ici 72 jours parait bien différent. Après le Brexit, Trump, le « jamais 2 sans 3 » peut légitimement  se poser au regard d’un menu qui est marqué par la montée en puissance des partis populistes de droite et de gauche.

Quelques éléments nous traduisent cette anxiété rampante : il y a 2 jours à 16h30, lors d’une interview de F.Bayrou, Maire de Pau, annonçant sa proposition « d’alliance » à Emmanuel Macron, le CAC40, l’OAT,  le DAX et l’euro ont sensiblement décalé (jusqu’à 1% pour le CAC, 50 points de base pour l’EUR/USD). Pour confirmer le lien de causalité : sur cette période temps, les marchés américains ne bougeaient pas. 

Pour illustrer graphiquement cette realité que l'on qualifiait de "début de stress": la performance négative du Cac40 (blanc) face au Dax (jaune) et face au Dow Jones (violet)

                            

L'écart sur les taux à 10 ans entre la France et l'Allemagne atteint 0.70% suite aux arbritages obligataires favorables au Bund

                            



A l’inquiétude des anglo-saxons traumatisés par l’élection de Trump sur l’élection possible de Marine Le Pen, la réponse est Non.  L’élection de Marine Le Pen  dans les conditions d’accords politiques actuels n’est pas possible. Le système électoral français est différent : un candidat à la présidentielle française au deuxième tour ne peut pas perdre avec 2 millions de voix en moins que son adversaire (contrairement aux dernières élections américaines de novembre).

Par contre, ce scenario extrême peut être rendu possible par une nouvelle « donne » transversale.

Un accord Hamon - Mélanchon, articulé et voulu par le Parti Communiste et les bases électorales de ces deux candidats, peut changer la donne.  Si cet accord se formalise, même si l’arithmétique des sondages n’est pas certaine, le scenario d’une finale Hamon (Mélanchon) & Le Pen est rendu très probable.   
Entre l’adepte de la magie du multiplicateur keynésien piloté avec quelques communistes (un remix de mai 81 dans un contexte de marché d'autant plus globalisé et mondialisé aujourd'hui) et l’adepte du Frexit (un Brexit puissance 10 car il implique un €xit ) le menu ne peut pas être plus détestable pour un investisseur.
 
A court terme, les sous-jacents de couvertures sont tous trouvés avec le CAC40 et l’OAT (tous deux négociables avec les contrats futures). Une annonce d’alliance entre Hamon Mélanchon provoquerait une forte baisse du CAC40 et des contrats futures sur l’OAT et relèverait sensiblement le niveau de stress des investisseurs. Une finale Hamon (Mélanchon) & Le Pen enfoncerait le clou. Pour mémoire suite à l’élection de François Mitterand du 12 mai 1981, le CAC40 avait perdu 25% les deux jours suivants. 

Par contre, si aucun candidat « populiste » ne gagne le finish, le marché français sera source d’opportunités très intéressantes et sera à surpondérer sans hésitation, au regard de nos notations fondamentales "Surperfromance" qui place la France (CAC40) devant l’Allemagne (DAX30) et nettement devant les Etats Unis (SP&500).
 
David Meurisse
© Zonebourse.com 2017
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