Matières premières : Quels produits choisir pour investir ?

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17/03/2017 | 18:03
A l'exception de certains d'entre eux, les prix des matières premières restent sur des niveaux particulièrement bas depuis des mois. Par exemple, le pétrole s'échange aujourd'hui sur des cours à peine équivalents au coût marginal de production. D’autre part, le marché des matières premières est l’un des plus vieux du monde et paradoxalement, l’un des plus difficiles d’accès pour les investisseurs. Il convient donc par ce présent article de donner quelques clés sur les différents véhicules d’investissement qui se présentent à vous pour investir sur ce marché.
Suite au webinaire sur la thématique des matières premières de vendredi dernier que nous vous avons proposé, et que vous pouvez retrouver en intégralité sur YOUTUBE, voici quelques produits financiers, véhicules d'investissements, qui vous permettront d’appréhender au mieux le marché des « commodities ». Comme vous pourrez le constater, vous trouverez une variété d'instruments guidés par des stratégies différentes.


1°) Les fonds d’investissements pour privilégier la diversité

Comme vous vous en doutez, il existe en la matière une multitude de fonds. On distingue cependant traditionnellement les fonds :

« Or et métaux précieux » : qui ont pour originalité d'être plus sensibles au contexte économique et à l’actualité. Ces fonds profitent et performent véritablement en période de difficulté en s’appuyant sur le statut de valeur refuge de ces métaux.

Sur la fin d'année 2016, la catégorie les fonds actions "Or et métaux précieux" s'est particulièrement illustrée selon les classements de performance de l'organisme Six Financial Information. L'envolée des cours des valeurs minières a permis à cette classe d'actifs de progresser jusqu'à atteindre +70% juste avant l'élection du nouveau président américain en novembre dernier.


« Les fonds 100% matières premières » : L'objectif ici est de jouer la variété des matières premières, il convient donc d’être très attentif au panier composant ces fonds. Il peut s’agir de trackers ou produits dérivés sur matières premières ou tout simplement des valeurs de sociétés spécialisées dans ce domaine, que ce soient des groupes miniers comme le britannique BHP Billiton (fer, cuivre, pétrole…), Rio Tinto (Aluminum, minéraux…), Glencore (produits agricoles pour partie) 

De cela découleront bien évidemment des stratégies de gestion, des frais, des horizons d’investissement, des libellés (€/USD) et des taux de couverture très variables et différents.

Voici l’exemple d’un fonds que vous pourrez retrouver dans notre base de données Zonebourse :





2°) Les ETF, le véhicule pour accéder aisément et rapidement au marché

Apparus dans les années 90, les ETF vont reproduire les variations d’un indice ou panier de titres. Il s’agit d’une gestion passive puisqu'il n'est nul besoin d’un gérant ni d’un véritable travail de sélection. Ce sont donc des produits bon marché car peu coûteux, faciles d’accès et constituant un important outil de diversification par l’accès à des marchés très divers.

En effet, si ces derniers sont connus principalement pour répliquer un ensemble d’indices comme le CAC40 ou l’Eurostoxx 50, il est également possible de répliquer des matières premières. On parlera en l’espèce d’ETC (Exchange Traded Commodities). Dans le détail, il y a une légère différence puisque si les ETF sont classés dans la catégorie des OPVCM, les ETC sont juridiquement des obligations dénuées de coupon. De facto, l’incidence est claire, il ne sera pas possible pour le particulier de mettre cet ETC dans son PEA.

Le succès des ETC est indéniable et s’explique grâce à la maturité de ce marché à terme des matières premières considéré dorénavant comme parfaitement régulé, transparent et jouissant d’une liquidité certaine.

Il faut toutefois garder à l’esprit que si ce produit est un moyen simple et efficace de « coller » à la performance d’une matière première, les méthodes de réplication utilisées peuvent différer. Elle peut être synthétique ou physique.

-       Dans le premier cas, la réplication de l’indice sous-jacent se fera par l’intermédiaire de contrats d’exposition passés avec une banque. En d’autres termes, la banque va acheter des contrats à terme sur des matières premières, puis les vendra à échéance tout en reportant ses positions. La conséquence sine qua non sera notamment liée aux coûts inhérents au roulement des positions.
 
-       Dans le second cas, il s’agira d’une véritable détention physique de la matière première sous-jacente. Si l’on prend l’exemple de l’or, alors ce dernier sera stocké chez un dépositaire (banque, société tierce) pour une détention en nom propre par l’investisseur.
 
Un ETF « Industrial Metals » offrira une exposition à la performance des métaux industriels que sont le cuivre, le zinc, le nickel ou encore l’aluminium par exemple. La stratégie visée ici sera de se prémunir contre l’inflation et donc d’opérer une allocation tactique afin de diversifier au mieux un portefeuille.

Un ETF « Agriculture » permettra une exposition aux matières agricoles avec en revanche une nécessité de roulement de position liée à l’achat des contrats future à intervalle régulier. Outre le risque de « contango » qui peut apparaître avec ces roulements (le prix forward du nouveau contrat dépasse le prix spot du contrat vendu), la volatilité sur ce genre d’ETC peut également être importante.

Sur Zonebourse, vous trouverez une multitude de ces produits avec des informations à jour et des graphiques en « end of day ». A titre d’exemple : Le lyxor commodities Thomson Reuters / Corecommodity CRB TR UCITS ETF C-EUR



Ce fonds synthétique suit le Bloomberg Commodity Index qui comprend 22 contrats à terme de matières premières, sélectionnés pour leur importance économique et leur liquidité. Dans le détail, cet ETF est pondéré de la façon suivante :

-          39% est exposé au secteur de l’énergie (le pétrole représente à lui seul 23%),
-          41% à l’agriculture,
-          13% pour les métaux industriels,
-          7% pour les métaux précieux.

Pour information, les frais de gestion d'un tel produit restent relativement faibles à 0.35%. La moyenne pour un ETF classique tourne autour des 0.4%. Cet élément joue d’ailleurs pleinement à la démocratisation de ce type de produit ainsi qu’à l’explosion des encours sur ces ETC.




3°) Les warrants, turbos et les certificats comme meilleur moyen de dynamiser ses positions

Ces produits permettront à tout à chacun de bénéficier des variations des sous-jacents matières premières tout en limitant le risque à la prime investie. Ce véhicule est très prisé des investisseurs souhaitant diversifier et dynamiser leur portefeuille.

Il n’y a guère de limite sur les thématiques possibles que ce soit miser sur l’argent, le blé, le cuivre, le gaz…. Il sera donc envisageable de miser sur la hausse du porc coté outre-Atlantique ou encore miser à la baisse sur le cours de l’or.

L’investisseur pourra ainsi miser :
-          A la hausse ou baisse, 

-          Avec ou sans effet de levier, 

-          Avec ou sans date d’échéance.




A – Les Turbos et Warrants
Pour ces derniers, de nombreuses banques proposent une multitude de produits permettant de se positionner sur les matières premières. Sans rentrer dans le détail, on peut considérer que :
-       Le warrant offrira des possibilités d’effet de levier plus important (x5 jusqu’à x20).
Le turbo disposera quant à lui d’une barrière désactivante.


Exemple de Turbos sur matières premières proposés par Commerzbank



B – Les certificats
Vous pouvez également vous orienter vers des certificats à effet de levier dits « leverage ». Ces derniers pourront vous permettre d’amplifier votre position par 3 voire 12x la variation quotidienne de la matière première. Attention toutefois, puisque ces matières premières peuvent elles-mêmes faire preuve de très fortes volatilités (exemple de la variation du cours du WTI lors de l’annonce des stocks de pétrole chaque mercredi). Il faudra donc plutôt privilégier des positions intraday que des investissements long terme.

Les certificats peuvent être de deux types.

-       Les certificats dits « 100% » vous permettront d'acheter un certificat coté en euros sur l’or par exemple, mais étant donné qu’il s’agit de répliquer une matière première elle-même cotée en dollar, l’investisseur se soumettra de facto à un risque de change.
 
-       La solution est de recourir à des certificats dits « quanto » qui ne seront pas impactés par les variations du taux de change.



Exemple de certificats 100% Or ou Argent proposés par Commerzbank




4°) Les incontournables CFD

Ces produits dérivés, dits "contrats sur la différence", offrent la possibilité aux particuliers comme aux professionnels de trader les matières premières sans les détenir physiquement.

Par le biais de plateformes de trading en ligne et donc par l'intermédiaire d'un courtier (puisque ces produits ne sont pas cotés en bourse), il sera possible de prendre positions sur des dizaines de matières premières comme l'or, le gaz, le café, le blé...

Concrètement, on peut donc spéculer à la hausse ou à la baisse sur ce produit. Le profit ou la perte de la transaction est défini par la différence entre le cours d'achat et le cours de vente de ce CFD.


Il faut cependant prendre conscience que la perte peut excéder le capital notamment avec l’effet de levier qui peut être conséquent pour des produits extrêmement dynamiques. Certains courtiers proposent en effet des effets de levier x100 sur l’or ou le pétrole !

A ce titre, notre courtier partenaire Interactive Brokers, l’un des leaders mondiaux, et sa plateforme de trading professionnelle TWS, vous offrent la possibilité d’accéder à nombre de ces produits à des coûts très faible :







Le présent article ne constitue ni une offre de vente ou d'achat ni la sollicitation de vente ou d'achat de produits financiers. Les produits dérivés présentent des risques. Il appartient aux investisseurs de se renseigner sur la nature des produits et l'étendue des risques avant d'investir.



Sébastien Gatel
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