Nordea appelle à ne pas surestimer les effets bénéfiques de la relance promise par Trump

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20/03/2017 | 15:53

(AOF) - Les marchés sont trop complaisants à l'égard de Donald Trump et de ses projets de relance budgétaire. C'est en tout cas le sentiment de Dan Roberts, directeur de la Gestion obligataire chez MacKay Shields LLC, à qui Nordea Asset Management a confié la gestion de ses fonds Crédit US. Ancien membre du comité de conseil économique auprès du Président Reagan dans les années 1980, Dan Roberts estime que le parallèle couramment admis entre les projets de Donald Trump et la politique "pro-croissance" mise en place par Reagan en son temps ne tient pas.

"Le contexte n'est pourtant pas le même et la politique économique de Donald Trump ne produira probablement pas les mêmes effets bénéfiques que celle de Ronald Reagan", avertit le directeur de la Gestion obligataire chez MacKay Shields LLC.

Au début des années 80, l'environnement de taux était diamétralement différent, avec des taux Fed Funds à environ 20% au début de l'année 1981. Les taux d'emprunt immobilier s'élevaient à près de 13%, comme le taux d'inflation, quand le taux de chômage avoisinait 8%, dans une période de récession économique.

"Ronald Reagan disposait de plus de leviers pour stimuler l'économie. Il est arrivé au pouvoir en plein cycle de contraction, quand Donald Trump intervient au plus au haut du cycle d'expansion, la marge de manœuvre pour le gouvernement actuel est donc moindre", analyse Dan Roberts. "Sur le volet fiscal, les baisses d'impôts de l'administration Trump seront six fois moins importantes que celles réalisées par le gouvernement Reagan à son arrivée au pouvoir".

Quant à l'augmentation des dépenses en infrastructures, elle est moins légitime aujourd'hui. "La construction de nouvelles routes ne donnera pas davantage d'emploi aux Américains, mais contribuera à l'augmentation des salaires. En contrepartie, cela risque de créer des tensions sur l'inflation", remarque Dan Roberts. La situation actuelle de quasi plein emploi limite de fait le surplus de croissance économique que pourrait apporter la hausse des dépenses publiques.

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