Nous identifions deux principaux risques pour la surperformance des petites et moyennes valeurs européennes

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13/07/2017 | 05:05
Directeur de la gestion actions européennes chez Natixis Asset Management
Quel bilan faites-vous de la performance des petites et moyennes valeurs européennes sur le premier semestre de l’année ?
Nous avons un bilan positif des petites et moyennes valeurs sur la première partie de l’année. L’indice MSCI Europe small caps ressort en hausse de 10,5%, contre 7% MSCI large caps total returns.

La performance est-elle homogène ou a-t-on des discriminations fortes entre secteurs ?
Des discriminations sont faites entre secteurs et entre titres d’un même secteur.
Les secteurs cycliques sont clairement favorisés, en particulier le secteur de la consommation et l’industrie.

Quelle suite des événements pressentez-vous pour cet univers au cours du second semestre ?
L’atténuation de l’aléa politique, la poursuite de la reprise économique en Europe ainsi que la dynamique des profits plaident pour le maintien de la surperformance des small et mid caps européennes par rapport aux larges caps.
Difficile d’affirmer cependant que la surperformance du premier semestre se reproduira de manière équivalente au second semestre.

Quels principaux risques identifiez-vous pour ce segment d’ici la fin de l’année ?

Un premier risque réside dans une significative dégradation de la conjoncture. Le consensus table sur un taux de croissance annualisé pour la région au-dessus du taux de croissance potentiel. Nous ne sommes pas à l’abri d’un élément exogène qui viendrait compromettre cette prévision. En particulier, l’attention reste entière sur un essoufflement aux Etats-Unis qui viendrait perturber la reprise en Europe.

Par ailleurs, dans un autre registre, une accélération du mouvement de hausse des grandes capitalisations pourrait venir réduire la voilure sur les small et mids caps.
Les banques européennes pourraient contribuer à cette accélération.

Une remontée des taux constitue-t-elle une menace pour les small et mid caps ?

Pas nécessairement. Il y a une forte corrélation entre surperformance des small caps et remontée des taux obligataires lorsque cette dernière est justifiée par un contexte macroéconomique plus porteur.
La superposition du mouvement est particulièrement nette aux Etats-Unis et l’est également dans une moindre mesure en Europe.

Quels biais présentent actuellement votre allocation dans les small et mid caps ? Pensez-vous que les small et mid caps italiennes pourraient tirer leur épingle du jeu ?
Nous sommes surpondérés sur les secteurs dépendants du cycle économique, la consommation et l’industrie.

La Bourse italienne avait pris du retard par rapport aux autres grandes bourses européennes et commence à le rattraper en 2017.
Une baisse plus prononcée de l’aversion au risque pourrait soutenir la valorisation des sociétés italiennes, en particulier des banques italiennes de petite et moyenne dimension qui sont relativement nombreuses.
Dernièrement, la solution de reprise des créances douteuses par l’Etat italien a été un facteur positif pour décrisper la situation.
Qui plus est, un dispositif de type PEA avec un avantage fiscal a été mis en place en Italie ce printemps pour favoriser l’exposition des investisseurs particuliers aux petites et moyennes valeurs italiennes cotées.

Dénote-t-on déjà un rattrapage suite à la solution ?

Nous avons connu un début de sursaut au premier semestre avec par exemple une hausse de l’indice FTSE Italia Mid de 23.4% (total return).

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