Point Matières Premières: GOLD / PETROLE / ACIER

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03/02/2017 | 16:12



GOLD : Une demande soutenue sur l’année 2016

Un rapport du Conseil mondial de l’or (CMO) vient de mettre en lumière l’augmentation en 2016 de la demande d’or par les investisseurs institutionnels principalement les fonds d’investissement.

La demande annuelle d’or est ainsi ressortie à 4.309 tonnes, soit 2% de progression comparé à l’année 2015. Cette hausse est d’autant plus remarquable que la demande s’est effondrée lors de ce 4ème trimestre 2016, avec -11% à la clé. Dans le détail, il apparaît en réalité que les investisseurs s’étaient massivement tournés vers le métal doré au cours du premier semestre 2016 notamment au regard du risque représenté par le Brexit, l’élection américaine et plus accessoirement le référendum italien de décembre. C’est après l’élection du candidat Trump à l’élection américaine que les professionnels se sont détournés de l’or (au format ETF notamment) au profit d’actifs plus risqués.

Dans le détail, la Chine sera restée en 2016 le premier consommateur mondial avec 914 tonnes. La baisse des prix de l’or, les menaces du président américain envers la Chine auront convaincu les chinois d’acheter le métal précieux. Suivent l’Inde (676 tonnes) et les Etats-Unis (212 tonnes). En Europe la demande d’or physique à quant à elle baissé de 9% pour s’établir à 272 tonnes. Si l’Allemagne ressort comme le premier consommateur, la demande turque s’est envolée lors du dernier trimestre 2016 avec près de 27 tonnes achetées. Ce mouvement s’est opéré suite à l’appel du président Erdogan d’acheter de l’or ou de la livre turque afin de se prémunir de la faiblesse de cette dernière (actuellement sur son plus bas historique). Il s’agit du plus haut niveau de consommation pour ce pays depuis 2010.

A noter enfin que du côté des banques centrales, la demande en or a très fortement diminué en 2016 pour s’établir à seulement 384 tonnes. Il s’agit d’une réduction des achats de l’ordre d’un tiers.


PETROLE : Des cours à leur plus haut

Les cours du pétrole restent orientés à la hausse par la conjonction de deux facteurs majeurs avec la baisse du dollar et les spéculations sur des sanctions américaines contre l’Iran après un tir de missile au cours de la semaine.
Ce premier facteur se justifie effectivement par les premiers pas du président Trump à la Maison blanche. Ce recul du billet vert rend ainsi le pétrole (puisque libellé en dollar) moins cher pour les investisseurs munis de devises étrangères. Cela fait mécaniquement augmenter la demande et les prix.

Au cours de la semaine passée, les stocks de pétrole brut ont progressé de 6 .47 millions de barils aux Etats-Unis selon les données de l’EIA (Agence américaine d’information sur l’énergie). Il s’agit une nette accélération de la hausse de ces stocks puisque la semaine précédente cette progression n’était que de 2.84 millions.

Pour les semaines à venir, les prix resteront principalement influencés par le programme de coupes dans la production adoptés par l’OPEP qui semble toujours ravir les marchés. Pour rappel, il s’agit de deux accords de limitation de l’offre conclus par l’OPEP, l’un en son sein et le second avec ses partenaires dont la Russie. Ces accords sont devenus effectifs ce 1er janvier. L’autre éléments qui sera suivi de près par les opérateurs sera la reprise des extractions non-conventionnelles aux Etats-Unis telle que le schiste.

Dans ce contexte, le baril de WTI reste actuellement proche de ses plus hauts niveaux de juin 2015 à plus de 54 dollars. Le brent s’échange quant à lui autour des 57 dollars le baril contre environ 55 dollars le 27 il y a un peu plus d’une semaine.


 


ACIER : Mise en place de taxes sur l’acier chinois et russe
 
Bruxelles a récemment pris des mesures anti-dumping visant les produits en acier chinois. L’Union Européenne se veut ferme dans sa décision en assurant « qu’elle prendra les mesures nécessaires pour défendre ses entreprises ». La mesure n’est pas anodine : contrer les exportations chinoises en cas de dumping sur les matières premières. C’est ainsi près de 39 mesures anti-dumping ou antisubventions concernant l’acier qui ont été mises en place. Près de la moitié d’entre elles visent directement la Chine !

Concrètement, il s’agira de la mise en place de taxes à hauteur de 30.7% jusqu’à 64.9% contre certains produits chinois qui seraient vendus à perte en Europe. Dans le détail, cela concerne notamment les accessoires de tuyauterie en aciers inoxydables à souder, souvent utilisés dans la construction, la pétrochimie…

En réponse à ces mesures, la Chine a décidé de réduire ses capacités de 100 à 150 millions de tonnes d’ici à 2020. Cette dernière fait savoir cependant qu’elle regrette ces « méthodes erronées de l’Union européenne qui enfreignent les règles de l’organisation mondiale du commerce ». Le ministère chinois du commerce dénonce des « taxes prohibitives qui portent gravement atteinte aux intérêts des entreprises chinoises ».

Pour rappel, la Chine est le principal producteur d’acier dans le monde avec près de la moitié de la production. Le ralentissement économique du pays entraine un sur stock de millions de tonnes que la Chine tente d’écouler sur les marchés étrangers, entrainant de facto un plongeon des prix à l’échelle mondiale et pénalisant les sidérurgistes américains, européens et asiatiques en général.

La Russie fait également les frais de ces mesures adoptées par l’Union européenne contre ses produits en acier laminés à froid. L’OMC a d’ailleurs été saisie pour le règlement des différends commerciaux. Il s’agit de droits de douanes applicables depuis 2016 et pour cinq ans à des taux entre 18.7% et 36.1 % à l’encontre des producteurs russes.
Sébastien Gatel
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