Secteur automobile : Le marché de l’automobile est en pleine mutation

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04/04/2017 | 18:00
Les résultats financiers des constructeurs et des équipementiers fin 2016 traduisaient la bonne santé du secteur. Fort du dynamisme du marché mondial de l’automobile, tous les constructeurs et équipementiers, autour du globe, se sont lancés aujourd’hui de nouveaux défis afin d'accroître leur performance en investissant un maximum en R&D.
Un secteur à la pointe de la technologie et de l’innovation : 
 
Pionnière en matière d’innovation, l’industrie automobile reste à la pointe de la technologie avec le lancement des voitures connectées. Le but recherché est de faciliter la vie des conducteurs et de rendre les déplacements plus agréables et plus sécurisés. La voiture connectée permet de profiter des applications de son smartphone depuis son véhicule, tout en ne prenant aucun risque grâce aux commandes gestuelles permettant de rester attentif à la route et de ne pas perdre d’attention. De plus, le Parlement Européen a décidé en avril 2015 que tous les véhicules immatriculés à partir d’avril 2018, devront être équipés du dispositif d’urgence « eCall ». L’objectif de cette nouvelle législation est, qu’en cas d’accident enclenchant l’airbag, la voiture soit capable d’appeler toute seule le numéro d’urgence européen 112, quel que soit la langue parlée ou le pays (d’Europe) dans lequel la victime se trouve.

Cette connectivité permet également aux usagers d’accéder aux informations en temps réel en les renseignant sur les places de parking inoccupées, en les informant d’où se trouve la station-service la plus proche au moment où la voiture détecte que le niveau de carburant est trop faible, ou encore en les prévenant des embouteillages et accidents. Grace à des boitiers connectés, comme Xee, produit par Norauto, le conducteur est directement informé lorsque sa voiture doit passer en révision, ou qu’une anomalie est détectée. De plus, de nombreux conseils pratiques sont donnés afin que l’individu sache mieux utiliser son véhicule et puisse dialoguer avec des équipes connectées afin de régler des petits soucis n’entraînant pas la nécessité d’amener sa voiture au garage.

Suite à divers scandales (dieselgate de Volkswagen et Renault par exemple), les clients tout comme les constructeurs souhaitent désormais des véhicules moins polluants, le diesel est laissé petit à petit aux oubliettes, au profit de solutions alternatives. D’ailleurs, pour la première fois en France, le nombre de voitures essence vendues au premier trimestre 2017 a dépassé le nombre de voitures diesel et les ventes de voitures électriques ont progressé de 24%. D’après l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique, les ventes cumulées de voitures électriques ainsi que des voitures hybrides rechargeables ont atteint les 117 000 immatriculations. Le développement de nombreux projets concernant des voitures électriques ou hybrides rechargeables voient le jour, notamment en France, en Allemagne, en Chine et en Espagne et la Norvège a également dépassé le cap des 100 000 immatriculations depuis fin 2016.   

Un tel écosystème connecté et automatisé est rendu possible grâce aux solutions du Big Data, aux collaborations des différents acteurs, et il permettra aux individus de réaliser des économies sur les dépenses d’assurance, de carburant grâce aux outils d’aide à la bonne conduite, et d’entretien des véhicules.




De la voiture connectée à la voiture autonome :

Grace à la connectivité, les véhicules pourront « communiquer » entre eux, et détecter les infrastructures, sans interruption, et permettront ainsi l’essor des véhicules sans chauffeur. Tous les constructeurs et équipementiers automobiles se font désormais concurrence pour lancer LA voiture connectée autonome.

De nombreuses discussions et expérimentations sont en cours et on peut également assister à divers rapprochements stratégiques tels que BMW et Intel, Audi et Nvidia, Volvo et Uber, ou encore l’alliance Renault-Nissan et Transdev qui cherche à développer des solutions pour les transports publics et les transports à la demande.

Lors du Salon International de l’Automobile à Genève en mars 2017, la marque Hyundai a également dévoilé son concept de voiture autonome hybride et tente de concurrencer la voiture « AutoPilot » de Tesla, et ses projets de voitures 100% électriques. Le constructeur américain Ford s’est lui aussi lancé dans la course de la voiture autonome et avait annoncé dès 2015 dans son plan stratégique « Ford Smart Mobility » son projet de commercialiser dès 2021 des véhicules autonomes.

De telles vagues d’innovation ont impliqué des investissements faramineux de la part des constructeurs et cette rupture technologique entraîne des conséquences sociales telles que des reconversions d’emploi, notamment pour les moins qualifiés et nécessite de nouvelles législations.

Le cabinet McKinsey estime que les ventes de véhicules autonomes représenteront 15% des ventes totales en 2030, Boston Consulting Group s’attend à ce qu’elles représentent 25% d’ici 2035, et IHS Markit estime que 21 millions de véhicules autonomes seront vendus durant l’année 2035.

Résultats 2016 et prévisions 2017:

En 2016, le marché mondial de l’automobile a progressé de 5% selon le président de l’Organisation Internationale des Constructeurs d’Automobile (OICA). Le nombre d’immatriculation de véhicules particuliers en Europe a augmenté de 3.2% par rapport à 2015 et la France et l’Allemagne affichent les meilleurs résultats. Le secteur de l’automobile paraît alors toujours générateur de hauts rendements et de distribution importante du résultat sous forme de dividendes. Néanmoins, durant le mois de février 2017, le marché automobile français a enregistré un repli de 2.9%, laissant toujours Renault en première place (malgré -4% de ventes) devant Peugeot (-8%) et Citroën (-3%).

Du côté du marché automobile américain, la demande chute, les ventes de véhicules ont reculé de 1.6% en un an, et les prévisions pour 2017 sont plutôt pessimistes à cause de la pression du président sur le marché automobile (voir graphique ci-dessous). Les constructeurs Ford et General Motors ont été les cibles des tweets de Donald Trump en ce début d’année et ont par la suite enregistré des baisses respectives de leurs ventes de 1.72% et de 3.37%.  Ford a annulé, suite au tweet du président, son 
investissement pour installer une usine au Mexique, et General Motors a compris le sous-entendu du président qu’était de rapatrier sa production au risque de voir ses taxes augmenter. 


   *La demande concernant l’automobile aux Etats-Unis s’effondre face à la politique de protectionnisme de Trump



Elon Musk, désireux de placer Tesla comme leader mondial de l’automobile autonome et connectée a pulvérisé ses objectifs au premier trimestre 2017 en vendant 25 000 véhicules, et précise que le nombre de livraisons a bondi de 69% en un an. Alors que le marché de l’automobile aux Etats-Unis recule, Tesla affiche de bons résultats notamment en termes de croissance et suit de très près le géant américain General Motors au niveau de sa capitalisation boursière et a dépassé, lundi 3 avril, le constructeur Ford.
 

Mais le marché américain n’est pas le seul à s’affaiblir, en ce qui concerne les constructeurs étrangers, Toyota et Honda ont vu respectivement leurs ventes diminuer de 2.1% et 0.7%, alors que Nissan a vendu plus de voitures que prévu (+3.2% de ventes en un an), et Volkswagen a également augmenté ses ventes (+2.68%).

En France, concernant la fiscalité automobile, le projet de loi de Finance 2017 a été adopté en décembre par l’Assemblée Nationale et a établi différentes mesures concernant les bonus et malus. Elles consistent à éliminer au fil du temps les véhicules les plus polluants en incitant la population à privilégier l’essence plutôt que le diesel en appliquant un système de TVA déductible, et en durcissant son barème de malus concernant les taux d’émission de CO2 émis en grammes par kilomètre. Le bonus à l’achat de véhicules hybrides essence non rechargeables est supprimé, alors que celui des véhicules hybrides essence rechargeables est maintenu, tout comme celui concernant les véhicules électriques.
 
Malgré les craintes sur le marché américain et les modifications apportées à la fiscalité françaises, l’OICA prévoit dans un communiqué de presse publié le 8 mars 2017, une croissance du marché mondial de l’automobile comprise entre 2 et 3% pour l’année, qui sera tirée par les ventes de voitures particulières.

La voiture autonome coûte cher, et certains groupes ont revu leur objectifs de rentabilité 2017 à la baisse du fait des dépenses d’investissements conséquentes et des ventes à grande échelle qui ne sont pas prévues avant 2020. Elles représentent une priorité et de nombreuses solutions devront être trouvées pour développer le concept, notamment en termes de législations, de fiscalité, de sécurité (risque de piratage), d’assurance en cas d’accidents, etc. Ainsi, les contraintes qui vont s’imposer pour les constructeurs seront de maintenir leurs marges, tout en continuant à investir massivement en R&D.

Enfin, la remontée des taux d’intérêt et la baisse des prix de l’occasion viennent ternir les perspectives de l’industrie automobile de certains analystes. D’autant que d’après la banque Morgan Stanley, cette tendance devrait se poursuivre durant les cinq prochaines années.
 
Anaïs Lozach
© Zonebourse.com 2017
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