Sélection de fonds : comment optimiser le couple rendement-risque

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15/06/2017 | 06:35
Directeur de la sélection de fonds externes au sein de La Banque Postale Asset Management
Une approche intéressante à avoir dans la construction d’un portefeuille de fonds est l’approche cœur-satellite… Quelle est sa principale finalité ?
L’objectif principal d’une telle approche de construction de portefeuille est d’optimiser le couple rendement-risque.

Quelles différences fondamentales existe-t-il entre les deux composantes cœur-satellite ?

Les différences fondamentales résident dans l’horizon d’investissement et dans la rotation des fonds. L’horizon d’investissement est censé être plus étendu s’agissant de la poche cœur et la rotation moins élevée.

La répartition dans le budget de risque n’est pas la même pour ces deux poches ?

En principe, la poche cœur représentera la part prépondérante du budget de risque pour l’ensemble du portefeuille, généralement entre 70% et 80%.

Des critères d’appréciation se distinguent pour la composition de la poche cœur et celle de la poche satellite. Quels sont-ils ?

Au sein de la poche cœur, nous procédons dans un premier temps à une analyse fine de la bonne réplication par les fonds de leurs indices de référence, de manière à éviter les mauvaises surprises. Nous vérifions qu’il y une faible tracking error, autrement dit un faible risque relatif à l’indice.
Nous attachons une certaine importance à la tarification des fonds. Nous évitons de nous orienter vers des fonds qui auraient des frais de gestion, des frais de transactions, ou des frais d’entrée et de sortie trop onéreux.
Nous veillons à effectuer un contrôle rigoureux des risques, en mettant l’accent sur des aspects particuliers comme le risque de contrepartie dans le cas où il y aurait un montage avec des dérivés ou des prêts-emprunts de titres.

Comment vous assurez-vous de la qualité de la réplication ?

Nous analysons de manière approfondie les performances du fonds par rapport à l’indice de référence. Nous allons jusqu’à prendre en compte des données quotidiennes.
Nous nous appuyons également sur des mesures de corrélation entre la performance du fonds et l’indice.

Quels critères primordiaux guident la constitution de la poche satellite ?

Pour ce qui est de la poche satellite, les critères tournent essentiellement autour de la performance des fonds. Nous sélectionnons les fonds qui affichent une nette surperformance par rapport à leur benchmark et qui sont pilotés par des gérants ayant de réelles convictions de gestion. Nous portons alors une vision qualitative sur l’expertise et l’expérience des gérants.

Certaines classes d’actifs peuvent, du fait de leur moindre efficience, s’imposer dans une poche satellite pour obtenir de la surperformance…

Tel est le cas dans la sphère des émergents, dans l’univers des petites capitalisations ou dans le segment des obligations d’entreprises à haut rendement. Ces classes d’actifs qui sont moins suivies par un certain nombre d’investisseurs, sont intéressantes pour essayer de générer de la surperformance.
A l’inverse, les grandes capitalisations américaines ou européennes, qui sont relativement bien arbitrées, qui font l’objet de beaucoup d’études et sur lesquelles il est plus difficile de générer de l’alpha seront plus adaptées à une poche cœur. Ceci permet de limiter les frais, et donc les coûts.

Est-ce à dire que les larges capitalisations sont réservées à la poche cœur ?

Il est bien entendu envisageable d’inclure de larges capitalisations dans la poche satellite. Il s’agira alors de s’orienter vers des fonds plus spécialisés sur un style-value ou croissance. Une faible pondération sur de tels fonds sera choisie en raison de l’écart par rapport au benchmark de référence.

Une distinction instrumentale existe-t-elle entre les deux poches. On entend souvent dire que les ETF sont davantage propices à une gestion satellitaire en raison de leur abondante liquidité. Et qu’à contrario les fonds non cotés sont davantage convenables à une gestion cœur...

Pas nécessairement. Certes la partie satellite fera appel aux ETF dans une optique tactique en prenant appui sur leur liquidité intraday, à condition de ne pas avoir des coûts de frottement trop significatifs.
Toutefois, dans la partie cœur du portefeuille, nous pourrons aussi avoir des ETF, des fonds indiciels à valorisation quotidienne, des fonds indiciels tiltés ou des fonds smart beta. L’idée sera de générer un peu de surperformance de manière régulière, maitrisée, pour au moins récupérer les frais de gestion que les gérants des fonds sous-jacents prélèvent.

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