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Aéronautique : les (grandes) valeurs françaises ont la cote

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09/01/2019 | 10:39
Les fers de lance de l'aéronautique française ont tous affiché une performance boursière supérieure à la moyenne en 2018. Etre positionné sur Safran ou Thales a même permis de dégager des gains alors que les indices accusaient de nets replis. Faut-il rester exposé au secteur ? La question est dans l'air du temps, début d'année boursière oblige.

Nous démarrerons par un bilan illustré. Sur un an, Airbus, Safran, Thales et Dassault Aviation ont tous largement surperformé le CAC40 (tableau du haut). Le constat est encore plus vrai sur 2 ans (non représenté) et sur 5 ans (tableau du bas). Les dynamiques ne sont pas tout à fait les mêmes derrière chaque dossier, hormis en toile de fond un secteur très exigeant mais en croissance constante, avec une visibilité longue sur les programmes. Ce qui est assez remarquable, c'est que les quatre entreprises ont traversé dernièrement de sévères turbulences, au final modérément sanctionnées. Une grosse rotation managériale et organisationnelle chez Airbus, avec l'épée de Damoclès de sanctions salées pour des malversations passées. La transition entre deux générations de moteurs chez Safran, en parallèle de l'intégration d'un Zodiac Aerospace en perte de vitesse. Une acquisition de Gemalto au bien-fondé contesté chez Thales. Et un marché de l'aviation d'affaires en plein marasme depuis plusieurs années chez Dassault Aviation.
 
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Pour compléter le tableau, nous ajouterons que les valeurs moyennes du secteur n'ont pas du tout suivi la même tendance en 2018. Le tableau qui suit montre les parcours d'Aviation Latécoère et Figeac Aero, mais aussi d'autres entreprises qui réalisent une partie de leur activité avec le secteur (Egide, Lisi et Sogeclair).
 

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Airbus et Safran toujours dans les petits papiers

Pour en revenir à 2019, la tendance de fond est inchangée. Dans l'aéronautique civile, la croissance du trafic aérien mondial reste robuste, alimentée par le développement d'une nouvelle classe moyenne qui prend l'avion. La bonne santé financière de la majeure partie des transporteurs leur permet de moderniser leurs flottes. Boeing et Airbus affichent huit ans de carnets de commandes : autant dire que le duopole a une solide visibilité propre à alimenter le débat sur sa "supra-cyclicité". Un engouement qui pourrait perdurer, selon l'analyste de Bernstein Douglas Harned. "Pour 2019, je continue à préférer une exposition à l'aéronautique civile qu'à la défense", explique l'intéressé dans une étude parue ce matin. "Le fait qu'il y a huit ans de production en carnet et quatre nouveaux appareils sur le marché est porteur pour la poursuite des remplacements de modernisation", ajoute-t-il, en restant acheteur sur Airbus (objectif revu de 138 à 29 EUR).
 
Côté motoristes, Safran (surpondérer, objectif revu de 148 à 131 EUR) a toujours les faveurs de l'analyste. Le français devrait profiter de la poursuite de la croissance séculaire du secteur et reste assez protégé en cas de ralentissement, car son exposition après-vente est largement concentrée sur des moteurs toujours produits, qui ne seront pas les premiers à être mis au rebut par les compagnies qui auraient à cesser d'exploiter leurs jets les plus anciens. En outre, Harned pense que la pression forte exercée par Airbus et Boeing sur leurs fournisseurs devrait se réduire au fur et à mesure.
 
Dans le domaine de la défense, Thales n'est pas le premier choix de Berstein, qui lui préfère l'Américain Raytheon et le Britannique BAE Systems. Le bureau d'études est à performance de marché sur le Français, avec un objectif revu en hausse de 103 à 107 EUR. Ce marché est un peu plus incertain à cause des interrogations permanentes sur les budgets militaires. L'analyste préfère les situations spéciales, ce qui explique les choix de Raytheon (développement de la croissance hors Etats-Unis) et de BAE (très forte décote alors que la reprise des revenus se dessine). Dans les jets d'affaires, Bernstein ne suit pas spécifiquement Dassault Aviation, mais l'analyste pense que le marché est encore incertain, même si mécaniquement l'heure de la reprise devrait se rapprocher. Davantage de prudence donc sur ce segment. 

Pour conclure, il faudra aussi garder un oeil sur les valeurs moyennes massacrées. Si les marchés se reprennent en 2019, ce compartiment bénéficiera d'un bon effet de levier. Et les sous-traitants aéronautiques, sévèrement secoués en 2018, auraient toutes les caractéristiques pour revenir en grâce. 


 
 
Anthony Bondain
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