L'indice Dow Jones a gagné 162,94 points, soit 0,67%, à 24.370,10 et le S&P-500, plus large, a pris 19,86 points ou 0,76% à 2.635,96.

Le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 49,77 points (0,71%) à 7.084,46.

Le S&P-500, indice de référence des gérants américains, est repassé pour la première fois depuis le 3 décembre au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours mais il reste à 10,1% de sa clôture record du 20 septembre.

Quelque 7,19 milliards d'actions ont changé de mains à comparer à une moyenne de 8,58 milliards sur les 20 derniers jours ouvrables.

La séance, en mode de consolidation jusque-là, s'est animée en fin de journée en réaction aux informations du Wall Street Journal selon lesquelles le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin serait favorable à une levée partielle ou totale des droits de douane imposés aux importations chinoises afin de sortir le conflit commercial de l'impasse.

Les principaux indices ont gagné jusqu'à 1% avant de refluer quand un porte-parole du Trésor a démenti que Mnuchin ait fait une telle recommandation.

"La réaction du marché est vraiment parlante", commente Michael Antonelli, responsable des ventes institutionnelles chez Robert W. Baird à Milwaukee. "Elle montre à quel point les gens veulent que la guerre commerciale s'arrête."

Le retour des inquiétudes sur le commerce avait auparavant contribué à une ouverture en baisse, en plus de résultats décevants de la banque Morgan Stanley.

Des élus démocrates et républicains du Congrès américain ont présenté mercredi un projet de loi visant à interdire la vente de semi-conducteurs et d'autres composants à Huawei Technologies, ZTE et d'autres entreprises chinoises accusées de violation des sanctions ou des lois sur le contrôle des exportations appliquées par Washington.

Cette initiative, dénoncée comme une "hystérie" par Pékin, risque de compliquer les négociations commerciales avant la visite du vice-Premier ministre chinois Liu He à Washington à la fin du mois.

VALEURS

Les 11 grands indices sectoriels S&P-500 ont fini dans le vert avec en tête les matériaux (+1,68%) et les industrielles (+1,65%), sensibles aux questions commerciales. Boeing (+2,00%), Caterpillar (2,19%) et 3M (+1,17%) ont assuré à eux seuls environ la moitié des gains du Dow Jones.

Le compartiment des industrielles a aussi profité de la bonne tenue de Northrop Grumman (3,26%) et Lockheed Martin (2,35%) en réaction à la nouvelle stratégie de défense antimissile du président Trump.

L'indice S&P des valeurs financières, un temps en baisse de 1%, s'est repris pour gagner 0,54% et enchaîner une septième séance consécutive de hausse malgré la déception causée par Morgan Stanley.

La banque d'investissement a été sanctionnée d'un recul de 4,41% après la publication d'un bénéfice trimestriel inférieur aux attentes, qu'elle a imputé à la volatilité des marchés financiers en fin d'année. "Les problèmes de Morgan Stanley semblent avoir été auto-induits et ne reflètent pas forcément la situation du secteur bancaire", observe Kim Forrest, gérante chez Fort Pitt Capital Group à Pittsburgh. "Et puis le marché a tellement baissé depuis septembre que les investisseurs se laissent tenter par des achats à bon compte."

Goldman Sachs, qui avait bondi de plus de 9% après ses résultats mercredi, s'est encore offert 1,02% et Bank of America s'est adjugé 1,90%.

Aux services de communication, Netflix a progressé de 0,51% dans l'attente de ses résultats après la clôture. Son chiffre d'affaires, bien qu'en hausse de 27% à 4,19 milliards de dollars, a déçu les investisseurs et le titre du géant de la vidéo en ligne cédait 3% dans les échanges d'après-Bourse.

LES INDICATEURS DU JOUR

L'enquête de conjoncture mensuelle de la Réserve fédérale de Philadelphie a surpris à la hausse avec un indice "Philly Fed" à 17,0 pour le mois de janvier contre 9,1 (révisé) en décembre, ce qui constituait un plus bas depuis 2016. Les économistes prévoyaient en moyenne un rebond bien plus limité à 10,0.

Au niveau national, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont diminué de 3.000 la semaine dernière, contrairement aux attentes, confirmant une vigueur du marché du travail qui devrait continuer à soutenir l'économie.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les Bourses européennes avaient auparavant terminé sans grand changement, avec là encore une déception dans le secteur bancaire.

À Paris, le CAC 40 a fini en baisse de 0,34% à 4.794,37 points. Le Footsie britannique a perdu 0,40% et le Dax allemand 0,12%.

L'indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,26% mais le FTSEurofirst 300 a fini en petite hausse (+0,06%), tout comme le Stoxx 600 (+0,04%).

L'indice sectoriel des banques a cédé 1,20%, plombé par Société générale qui a chuté de 5,66% après avoir averti d'un repli de 20% des revenus de ses activités de marchés au quatrième trimestre.[.EUFR]

TAUX

Les rendements obligataires américains ont atteint des plus hauts du jour en réaction aux informations sur de possibles concessions américaines à l'endroit de la Chine.

Le rendement des Treasuries à 10 ans, référence du marché américain, est monté jusqu'à 2,761%, un plus haut de trois semaines, et s'inscrivait en fin de séance à 2,749% contre 2,729% la veille.

CHANGES

Les indicateurs américains meilleurs que prévu ont apporté un soutien au dollar, qui est monté jusqu'à 1,1367 face à l'euro, un plus haut depuis près de deux semaines, portant les pertes de la monnaie unique à 0,8% depuis l'annonce mardi d'un ralentissement de la croissance allemande à 1,5% en 2018.

"Les données de la zone euro ont déçu depuis le début de l'année et cela explique la sous-performance de l'euro face à un dollar pourtant à la peine lui aussi", dit Alvin Tan, stratège chez Société générale à Londres.

Le billet vert a en revanche fléchi légèrement face au yen et l'indice qui mesure sa valeur face à un panier de six grandes devises a fait du surplace (+0,01%).

En vedette, le sterling a atteint des plus hauts de deux mois face au dollar et à l'euro, sur le sentiment que le Parlement britannique parviendra à un consensus pour éviter un retrait sans accord ("no-deal") de l'Union européenne. Avec le rejet lundi de l'accord négocié par la Première ministre Theresa May puis celui d'une motion de défiance la visant, les incertitudes politiques qui pénalisaient la devise de Sa Majesté sont pour l'instant éloignées, disent des cambistes.

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont terminé en repli sur le Nymex, prolongeant leur mouvement de baisse en réaction à l'augmentation de la production américaine et dans la crainte d'un affaiblissement de la demande provoqué entre autres par les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

Le contrat février sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a perdu 0,46% à 52,07 dollars le baril et le Brent de mer du Nord a cédé 0,23% à 61,18 dollars.

A SUIVRE VENDREDI :

A Wall Street, les autres FAANG (Apple, Facebook, Alphabet et Amazon) seront à surveiller après les résultats en demi-teinte de Netflix, tout comme les derniers développements sur le front du commerce.

(avec April Joyner à New York et Medha Singh à Bangalore, Véronique Tison pour le service français)