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La Chine adopte la loi sécuritaire contestée sur Hong Kong

30/06/2020 | 04:14

(Actualisé avec détails de la loi, nouvelles réactions américaine et britannique)

par Clare Jim et Yew Lun Tian

HONG KONG/PEKIN/LONDRES, 30 juin (Reuters) - Le Parlement chinois a adopté mardi un projet de loi de sécurité nationale pour Hong Kong ouvrant la voie aux plus profonds bouleversements dans l'ancienne colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Le texte a été approuvé à l'unanimité par le comité permanent de l'Assemblée populaire nationale et sera ajouté en annexe à la Loi fondamentale de Hong Kong, a rapporté Chine nouvelle.

Cette loi, destinée à lutter contre la subversion, le terrorisme, le séparatisme et la collusion avec des forces étrangères, prévoit jusqu'à la réclusion à perpétuité pour ses contrevenants, qui seront également inéligibles dans la région administrative spéciale en cas de condamnation. Elle prévaudra sur la législation actuelle de Hong Kong.

Son adoption intervient après un vaste mouvement de contestation, parfois émaillé de violences, en 2019 contre l'exécutif local et la volonté prêtée à la Chine de renforcer son emprise sur la ville, qui jouit d'une relative autonomie depuis 23 ans selon le principe "un pays, deux systèmes".

"Cela marque la fin du Hong Kong que le monde connaissait auparavant", a écrit sur Twitter Joshua Wong, l'une des figures du mouvement local de défense de la démocratie Demosisto, qui a annoncé sa dissolution.

NOUVELLES TENSIONS EN VUE AVEC LES ETATS-UNIS

L'adoption de cette loi risque de renforcer les tensions entre la Chine et les pays occidentaux, en premier lieu les Etats-Unis avec lesquels les différends se multiplient, que ce soit sur les questions commerciales ou la pandémie liée au nouveau coronavirus.

"Puisque Pékin traite désormais Hong Kong comme 'un pays, un système', les Etats-Unis vont devoir le faire aussi", a averti le porte-parole du conseil de sécurité nationale américain, John Ullyot, dans un communiqué.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dénonçant une loi "brutale", a plaidé pour des sanctions économiques contre Pékin. "Nous devons examiner tous les outils disponibles", a-t-elle dit dans un communiqué

Les Etats-Unis ont déjà commencé lundi à révoquer le statut spécial qu'ils accordent à Hong Kong, permettant au territoire de jouer un rôle de pôle financier mondial. Washington va ainsi arrêter les exportations de matériel de défense vers le territoire et limiter son accès à certaines catégories d'équipements technologiques susceptibles d'avoir un double usage civil et militaire.

La Chine a promis de riposter.

La Grande-Bretagne a estimé que Pékin avait rompu sa promesse de 1997 de maintenir le statu quo pendant cinquante ans et promis de ne pas abandonner son ancienne colonie.

La Déclaration sino-britannique commune de 1984 avait fixé les règles de la rétrocession, avec garantie d'un haut degré d'autonomie et des droits et libertés sur le territoire pendant un demi-siècle.

L'Union européenne, pour sa part, "déplore" l'initiative chinoise, a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel, selon lequel la loi de sécurité nationale "risque de gravement altérer le degré élevé d'autonomie de Hong Kong et d'avoir un effet néfaste sur l'indépendance de la justice et sur l'Etat de droit".

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré que l'UE allait discuter avec ses "partenaires internationaux" de possibles mesures à prendre, sans plus de détails.

Le Japon et Taiwan ont aussi critiqué l'initiative chinoise.

La Chine rejette ces réactions étrangères qu'elle qualifie d"ingérence" dans ses affaires intérieures.

JOURNÉE TEST MERCREDI AVEC L'ANNIVERSAIRE DE LA RÉTROCESSION

S'exprimant en visioconférence devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies siégeant à Genève, Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif de Hong Kong, a invité la communauté internationale à "respecter le droit de notre pays à préserver sa sécurité nationale".

La loi, qui est entrée en vigueur mardi à 15h00 GMT et n'est pas rétroactive, ne va saper ni l'autonomie de la ville ni l'indépendance de sa justice, a-t-elle assuré.

Les autorités à Pékin comme à Hong Kong ne cessent de répéter que cette loi vise uniquement quelques "fauteurs de troubles" et qu'elle n'affectera pas les droits ni les libertés de la majorité, pas plus que les intérêts des investisseurs.

La journée de mercredi pourrait donner une idée du rapport de forces qui va s'instaurer, des militants de la démocratie et des responsables politiques ayant exprimé l'intention de défier une interdiction de rassemblement, instaurée pour limiter la propagation du coronavirus, à l'occasion du 23e anniversaire de la rétrocession de la ville le 1er juillet 1997.

L'an dernier, en plein essor du mouvement de contestation, une foule avait envahi et vandalisé le Parlement de la ville.

En vertu de la nouvelle loi, tout dommage aux transports et aux équipements publics sera désormais considéré comme un acte de terrorisme. (avec Yanni Chow, Carol Mang, Joyce Zhou, Tyrone Siu, Jessie Pang et James Pomfret à Hong Kong, Kate Holton et Elizabeth Piper à Londres version française Jean Terzian, Bertrand Boucey, Claude Chendjou, Jean-Stéphane Brosse, édité par Blandine Hénault et Henri-Pierre André)

© Thomson Reuters 2020
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