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Euro / Brazilian Real (EUR/BRL) : Le face-à-face des extrêmes

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11/10/2018 | 00:06
Après plusieurs événements venus perturbés la campagne du premier tour de la présidentielle brésilienne, comme la disqualification inattendue de Lula, emprisonné pour corruption, et l’attentat à l’arme blanche qui a failli coûter la vie à Jair Bolsonaro, les urnes ont finalement rendu leur verdict. Et la première économie d’Amérique latine aura bien droit à un duel polarisé le 28 octobre prochain.
Jair Bolsonaro du Parti social libéral remporte une nette victoire avec 46% des suffrages et presque 50 millions de voix. A l’occasion des législatives du même jour, il renforce du même coup la présence de son parti au Congrès, lequel passe de 8 à 52 sièges sur 513.

Favori des marchés, le candidat d’extrême droite propose un plan crédible pour régler le problème d’endettement du pays, incluant une réduction du déficit budgétaire, une réforme du système de retraite, des privatisations, une diminution de la réglementation ou encore la défense des valeurs traditionnelles et la lutte contre la corruption des élites, socialistes et communistes en tête.

Mais cet admirateur de Donald Trump, ancien parachutiste nostalgique de la dictature militaire (1964-1985), favorable à la libéralisation du port d’armes, collectionne également les dérapages racistes, sexistes et homophobes. L’élection au deuxième tour d’un tel personnage, surnommé le « mythe » par ses partisans, pose ainsi la question de l’avenir de la démocratie au Brésil.

Fernando Haddad du Parti des travailleurs (PT), choisi par Lula lui-même pour lui succéder après son retrait, ne rassemble que 29% des voix, le plus bas score du parti d’extrême gauche depuis 1994. Le PT, qui avait remporté les quatre dernières élections et occupait le pouvoir depuis treize ans, a été jugé responsable par les électeurs de la plupart de l’ensemble des maux d’une économie en dépression : chômage, crise, corruption, insécurité. L’ancienne présidente Dilma Rousseff, destituée en 2016 pour avoir maquillé les comptes publics et particulièrement impopulaire, a même échoué à être élue sénatrice malgré son statut de favorite.

Mais alors que l’écart parait impossible à combler et que les jeux semblent déjà faits, Ciro Gomes du Parti démocrate travailliste de centre gauche arrive en troisième position avec 12.5% des voix. Celui-ci affirme qu’il continuera à « lutter pour la démocratie et contre le fascisme », sans toutefois apporter son soutien à Haddad, tandis que les sondeurs avaient estimé qu’il aurait été le mieux placé pour battre l’extrême droite au second tour.

Une nouvelle campagne de trois semaines s’est ouverte, où les deux finalistes vont être contraints de se recentrer. Bolsonaro semble pourtant s’y refuser et l’épilogue est peut-être plus incertain qu’on ne pourrait le croire.

Sur le marché des changes, le Real a bien réagi aux résultats du scrutin. La devise brésilienne se renforce et accroit ses gains face au Dollar et à l’Euro pour atteindre une progression d’environ 12% en 4 semaines face aux monnaies phares du FX. L’évolution des pronostics devrait désormais rythmer les échanges jusqu’au 28 octobre.
 

Mathieu Burbau
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