4 équipementiers automobiles peu valorisés

06/04/2021 | 12:14

Même après la révolte des actions "value", le secteur automobile reste faiblement valorisé par rapport à la moyenne du marché. Parfois très faiblement valorisé même, comme le démontrent les quatre dossiers qui suivent, sélectionnés des deux côtés de l'Atlantique parmi les grands fournisseurs des constructeurs. Nous avons privilégié des dossiers pesant plus de 5 Mds$, aux fondamentaux plutôt sains, qui affichent de belles perspectives de croissance 2022 et qui pâtissent de ratios de valorisation faibles. Ils ont aussi surpris positivement lors de leurs publications récentes.

  • Magna International : le groupe canadien est né à la fin des années 50 à Toronto. Il est devenu il y a une dizaine d'année le principal équipementier des constructeurs automobiles en Amérique du Nord, en conservant une approche généraliste : pièces de carrosserie, structures, groupe moteur, sièges, vitrage, ingénierie et même assemblage de véhicules. Le groupe n'est pas l'équipementier automobile qui pèse le plus lourd en bourse – il est dépassé par les américains Cummins et Aptiv - mais c'est celui qui réalise, et de loin, le chiffre d'affaires le plus élevé. Sa diversification nuit sans doute à sa valorisation, qui reste faible à 10,6 fois les résultats attendus en 2022, alors même que les résultats récents ont dépassé les attentes et que les perspectives ont été relevées. Le dossier ressort ainsi très positivement sur ces critères dans nos modèles. Il bénéficie d'un fort appel d'air macroéconomique et d'une situation financière robuste.
Les principales caractéristiques de Magna
Les principales caractéristiques de Magna

  • Lear Corporation : traversons la frontière pour nous rendre dans le Michigan, berceau du numéro deux mondial des sièges automobiles. Lear réalise les trois-quarts de son activité dans ce domaine, le solde étant assuré par la division E-Systems, qui fournit comme son nom l'indique des systèmes de distribution électrique pour l'automobile. Comme Magna, le PER 2022 est faible (10,4 fois) et comme Magna, les révisions récentes sont vraiment à prendre en considération. Les analystes insistent généralement sur la mauvaise prise en compte par le marché de l'électrification dans le mix-produits de Lear. Ils en font un vrai pari "value" dans une industrie qui ne manque pas de prétendants à ce statut, mais qui a tendance à oublier quelques dossiers aux fondamentaux intéressants. Le dossier a certes redressé la tête depuis quelques semaines, mais il reste en sousperformance par rapport au S&P500 sur deux ans.
Les principales caractéristiques de Lear
Les principales caractéristiques de Lear

  • Faurecia : retour en terrain (plus) connu avec l'ex-filiale de Peugeot / Stellantis, qui ne cesse de surprendre positivement. Cela n'empêche pas le PER du groupe de rester désespérément bas, en dépit des efforts de l'entreprise pour s'ouvrir à des produits à meilleure marge. Actuellement, Faurecia comprend quatre divisions : sièges, équipements intérieurs, mobilité verte (plus vendeur que "échappements") et multimédia intérieur (avec le rachat des activités dédiées de Clarion). Les notations Surperformance clignotent en "vert fluo", pour reprendre l'expression du patron, côté PER et valorisation : Faurecia se paie moins de 8,5 fois les bénéfices attendus en 2022. Elles sont aussi intéressantes au niveau de la croissance attendue et des révisions récentes des perspectives de résultats.
Les principales caractéristiques de Faurecia
Les principales caractéristiques de Faurecia (les chiffres du tableau sont convertis en dollars pour favoriser la comparaison)

  • Schaeffler : restons en Europe avec le groupe allemand, probablement l'un des acteurs les moins valorisés de la filière avec un PER de 7 pour 2022, et d'autres ratios en lien avec le compte de résultats tout aussi déprimés. Une décote qui n'est pas sans justification, notamment après que l'entreprise bavaroise a fait voter l'année dernière une résolution ouvrant la voie à une augmentation de capital, annonce qui a annihilé les effets positifs d'une réorganisation positivement accueillie. Au final Schaeffler a plus baissé que ses concurrents sur la première moitié de 2020… avant de rebondir moins vigoureusement qu'eux pas la suite ! Reste donc une valorisation plancher, qui pourrait s'effacer si le groupe parvient à gérer la transition vers l'électrification, alors que ses activités sont tournées, plus que les autres, vers les moteurs thermiques. 
Les principales caractéristiques de Schaeffler
Les principales caractéristiques de Schaeffler (les chiffres du tableau sont convertis en dollars pour favoriser la comparaison)
La Rédaction
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