CAC40 : qui sont les candidats à l'entrée... et à la sortie

07/09/2021 | 10:49

Nous nous sommes penchés sur le verdict de la prochaine mise à jour du CAC40, qui interviendra incessamment sous peu, pour tenter de déterminer si l'ange déchu Atos va se faire éjecter de l'indice et si d'autres bouleversements sont envisageables. La réponse est… compliquée. Si les données collectées sont exactes, et si la méthodologie est correcte, il pourrait tout aussi bien ne rien se passer du tout. Quelques explications.

Euronext annoncera dans les jours qui viennent les éventuelles modifications qui affecteront les indices parisiens, CAC40 en tête. Le conseil scientifique des indices se réunit quatre fois par an pour ajuster les compositions, mais le rendez-vous de septembre est qualifié de revue annuelle et peut entraîner des modifications plus substantielles. Cette année, la réunion aura lieu le 9 septembre. Les modifications sont basées sur les données du dernier jour de bourse du mois d'août, post-séance.

Pour commencer, comment détermine-t-on les membres du CAC40 ? Euronext classe les entreprises cotées sur son marché réglementé en fonction d'une combinaison de deux critères : les volumes échangés et la capitalisation boursière flottante. Quelques mots sur ces deux notions et un mot sur une troisième :

  • Les volumes échangés : il s'agit de la valeur (en euros) du cumul des échanges négociés dans le carnet d'ordres électronique d'Euronext et des transactions hors-marché mais réalisées dans l'environnement réglementaire d'Euronext sur 12 mois, en moyenne.
  • La capitalisation flottante : il s'agit de la fraction de la capitalisation disponible à la négociation, arrondie au multiple de 5% le plus proche. Pour obtenir le pourcentage de flottant, on retire les actions détenues par certains types d'actionnaires (les personnes initiées, c’est-à-dire les dirigeants, les employés, les fondateurs et leurs familles, ainsi que les participations détenues par l’Etat ou entités publiques et les actions propres).
  • Lors de la révision annuelle, une valeur doit avoir d’un taux de rotation annuel ajusté par le flottant de 20% minimum.

A partir des deux premiers critères, Euronext classe donc toutes les actions inscrites sur son marché réglementé. Les 40 valeurs du haut du classement sont versées dans le CAC40. Les 20 suivantes intègrent le CAC Next 20, surnommé l'antichambre du CAC40, et ainsi de suite.

Des maths et des éléments plus subjectifs

Chaque trimestre, un "conseil scientifique des indices" prend acte des changements dans le classement pour éventuellement modifier la composition des indices. Cette instance doit normalement entériner le classement mathématique. Le règlement Euronext lui permet toutefois de déroger ponctuellement "dans l'intérêt des utilisateurs de l'indice" (en particulier sur des critères de liquidité, de minimisation du taux de rotation et de représentativité sectorielle). Il faut noter que les 35 premières valeurs font d'office partie de l'indice. De la 36e à la 45e place, la priorité est donnée aux sociétés qui sont déjà présentes dans le CAC40 quand il s'agit de procéder à des modifications. Il y a donc une "zone tampon" dans la sélection des valeurs qui sont en queue de peloton du CAC40 et celles qui sont en tête du CAC Next 20.

Notez également que des règles de plafonnement (vous lirez parfois le terme capping, en anglais) sont prévues au sein du CAC40 : aucune valeur ne peut peser plus de 15% de l'indice. A l'époque où Total était la seule très grosse valeur française, son poids dans l'indice était plafonné. Dernièrement, aucune valeur n'était bridée, même si LVMH, qui pèse 11,5% de l'indice parisien, fait figure de poids lourd, puisque son dauphin, Sanofi, ne représente que 6,6% du CAC40.

La mise à jour de septembre 2021

Sur la base des données que nous avons compilées*, quatre valeurs du CAC40 affichaient une capitalisation flottante qui les classait au-delà de la 40e place à fin août : Thales (41e), Bouygues (46e), Renault (53e) et Atos (60e). Et par conséquent quatre valeurs du CAC Next 20 affichaient une capitalisation flottante qui leur permettait de postuler à une entrée dans l'indice : Eurofins (33e), Sartorius Stedim Biotech (36e), Edenred (37e) et Euronext (39e).

Dans le même temps, une valeur du CAC40 affiche des échanges moyens qui la classent au-delà de la 40e position : Thales (46e). Par le principe des vases communicants, un titre du CAC Next 20 revendique des échanges moyens qui le classent dans les 40 dossiers les plus négociés de la cote : Electricité de France (40e). Atos, présentée comme valeur éjectable après son plongeon boursier, est tombée au 60e rang en matière de capitalisation boursière, mais est positionnée 32e au niveau des échanges.

Il est important de savoir que le conseil scientifique équipondère les deux critères. Sur la base des données précitées, toutes les sociétés du CAC40 satisfont encore à au moins l'un des critères, sauf Thales (41e rang cumulé), avec sa 41e position en capitalisation flottante et 46e en échanges moyens. Mathématiquement, elle paraît être la plus fragile, mais elle bénéficie de la "zone tampon", c’est-à-dire de la prime d'ancienneté dans l'indice. Atos figure au 44e rang cumulé, malgré sa capitalisation plancher, et figure également dans la zone qui lui permettrait de bénéficier de la "prime d'ancienneté" dans l'indice. Notez que nous ignorons si le fait d'être en queue de peloton sur l'un ou l'autre des critères est rédhibitoire pour rester dans l'indice. 

Nous n'avons pas analysé les modifications possibles au sein du CAC Next 20, mais sachez que les dossiers les moins bien classés de l'antichambre du CAC40 sur les mêmes critères sont BioMérieux, Getlink et Gecina

Conclusion

Au final, si nous avons synthétisé correctement la situation et sous réserve des éléments intangibles, il pourrait donc ne rien se passer lors de la révision annuelle. Si un changement devait avoir lieu malgré tout, le dossier le mieux positionné serait Eurofins Scientific, qui revendique la 37e place sur la base de la moyenne des deux critères, avec la 33e capitalisation flottante de la place, mais seulement les 50e volumes d'échange. Même genre de configuration pour Sartorius Stedim Biotech (41e en cumulé) avec une 36e rang par la capitalisation flottante et un 49e rang sur les échanges (le dossier est pénalisé sur les deux critères par un flottant limité, puisque Sartorius AG en possède 73,8%). 

* NB : Les volumes d'échange sur 12 mois ont été récupérés via Euronext, le flottant est fourni par FactSet et arrondi par nos soins et les capitalisations proviennent des cours au 31 août. 

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