Cinq actions que les analystes détestent

10/06/2021 | 11:55

Nous avons fait tourner nos moteurs de recherche pour identifier les actions les moins appréciées des analystes à l'heure actuelle. Nous avons pris en compte les entreprises européennes de plus d'1 milliard d'euros de capitalisation, couvertes par au moins 8 analystes, affichant le pire rapport entre recommandations à l'achat et à la vente. Les cinq actions qui suivent n'affichent d'ailleurs aucun avis positif parmi les analystes qui les suivent. A réserver aux ultra-contrarians.

  • Rational AG (2 avis neutres, 8 avis à la vente) : le groupe allemand est le leader mondial des équipements de cuisines professionnelles, avec une part de marché de plus de 40%. Autant dire qu'il a été durement frappé par la pandémie, puisque les restaurateurs ont les poches vides et que les gros acteurs du catering, la restauration collective, ont vu leurs salles se vider avec le travail à domicile. La tempête parfaite en quelque sorte. Fort heureusement pour lui, le groupe allemand avait les reins solides et a pu limiter la casse en restant largement bénéficiaire en dépit d'un plongeon de 23% de ses revenus l'année dernière. Le problème, c'est que sa valorisation était presque indécente avant cet épisode et qu'elle l'est restée depuis. Le PER 2019 était de 47,5 fois. Il est de 49,3 fois 2023. D'où la prudence des analystes qui affichent un objectif de cours moyen de 553,60 EUR pour un cours actuel de 714,50 EUR. "Même en considérant que de nombreux investisseurs misent sur Rational comme une valeur refuge à long terme, la valorisation nous semble beaucoup trop élevée", résume Baader Helvea.
  • TGS-Nopec (3 avis neutres, 5 avis à la vente) : TGS est un concurrent du français CGG dans le domaine des études géologiques, essentiellement pour le secteur pétrolier. Les acteurs de la filière ne se sont jamais vraiment remis de la crise qui a suivi le plongeon des cours du baril à partir de 2014, alors qu'ils étaient déjà sonnés par le choc infligé par l'après-subprime de 2008. Pour ne rien arranger, l'exploration pétrolière n'est plus vraiment en odeur de sainteté. Dans ce contexte, TGS avait déjà adopté une organisation légère puisque le norvégien n'utilise que des flottes tierces pour mener à bien ses projets, ce qui lui a permis de mieux gagner sa vie que ses rivaux, tout en acquérant à l'extérieur de quoi alimenter une copieuse base de données. Mais les comptes sont passés dans le rouge l'année dernière et devraient le rester cette année. Le retour aux bénéfices nets n'est prévu qu'en 2023. L'entreprise peut surtout compter sur le bilan le plus solide du secteur, mais cela ne justifie pas, aux yeux des analystes, un investissement compte tenu de l'absence de perspectives de croissance. Les bureaux d'études n'envisagent pas, à moyen terme, un retour aux revenus de 2019.
  • TUI AG (2 avis neutres, 9 avis à la vente) : comme le groupe allemand est le leader européen du voyage, pas vraiment besoin de vous faire un dessin pour expliquer la réticence des professionnels à recommander le titre. Sur la base du monde de 2023, TUI n'est pas forcément cher. Mais l'aléa sur le tourisme mondial est encore fort et les analystes pensent que la structure capitalistique de l'entreprise est encore très fragile, malgré les levées de fonds opérées. Et comme les marges du secteur sont faibles, l'embellie qui s'annonce ne permettra pas forcément d'alléger le bilan. La combinaison des aléas actuels pousse les analystes à rester à l'écart du dossier, même s'il dispose d'un gros levier sur la réouverture des activités touristiques mondiales.
  • Deutsche Lufthansa (3 avis neutres et 20 avis négatifs) et Air France-KLM (6 avis neutres et 15 avis négatifs) : à l'instar de TUI, personne ne trouvera incongrue la présence des deux vilains petits canards du ciel européen. Les deux transporteurs sont dans une situation à peu près identique et aussi peu enviable. Ils ont été lourdement alimentés en liquidités par leurs Etats de tutelle pour éviter un bain de sang social et une perte d'influence et ont d'ores et déjà annoncé à leurs actionnaires qu'il faudra remettre la main à la poche tôt ou tard. A l'instar de TUI, ils pourraient offrir des niveaux de valorisation intéressants si les échanges aériens se normalisent, si les levées de fonds sont suffisantes et si aucun grain de sable ne vient faire dérailler ce convoi brinquebalant. Pour les analystes, il y a vraiment beaucoup de "si" alors que des alternatives sectorielles moins risquées existent. Il faut aussi souligner que l'actionnariat public accru (38% dans Air France-KLM et 20% dans Lufthansa) est rarement du goût des milieux financiers.
Les 5 mal-aimés
Depuis le 1er janvier 20200, seul Rational tient le choc
La Rédaction
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