Crédit Suisse conseille un retour sur les cycliques européennes

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15/03/2019 | 10:50
Après être resté sur la défensive pendant plusieurs mois, le Crédit Suisse réinjecte du risque dans ses choix d'investissement, en misant sur les cycliques européennes. La banque estime que le point bas économique a été franchi en Europe et parie sur une amélioration des indicateurs macroéconomiques, au bénéfice des valeurs les plus exposées au cycle.
Le Crédit Suisse recommence à surpondérer les cycliques européennes, au motif que les indicateurs PMI ont touché leurs planchers et que le pic de pessimisme a été franchi sur le vieux continent. La bonne nouvelle, c'est que cette situation intervient à l'heure où la Chine donne des signes de stabilisation, tandis que le rapport entre les commandes et les stocks est revenu sur des niveaux qui pointent historiquement vers une reprise. Qu'est-ce qui a décidé le stratège maison, Andrew Garthwaite, à devenir plus agressif ?
 
D'abord, les cyclique font mieux que les défensives 90% du temps quand les PMI montent. Ensuite, la décote des cycliques sur les défensives atteint actuellement 20%, contre 8% en moyenne habituellement. Ensuite, les cycliques surperforment 82% du temps quand les rendements obligataires sont en hausse alors que la banque anticipe une légère progression. Enfin, les révisions de bénéfices des cycliques sont sur un niveau qui sonne généralement le retournement.
 
Du domestique et des petites valeurs
 
Comment cela se traduit-il concrètement ? Garthwaite apprécie les acteurs cycliques domestiques comme Capgemini, Faurecia, Lufthansa, Prysmian, Smurfit Kappa, ABN Amro, Caixa et SAP. Il joue aussi les cycliques très décotées qui sont moins sensibles aux remous, comme les équipementiers automobiles, les compagnies aériennes (Lufthansa) et les concessionnaires (Vinci). Mais il apprécie aussi les cycliques ultra-décotées qui évoluent dans des secteurs sévèrement secoués, comme les banques (les espagnoles) et les constructeurs automobiles.
 
Le corollaire de ce biais plus agressif envers les cycliques est le démarrage d'une plus grande défiance vis-à-vis des défensives. Crédit Suisse abaisse sa surpondération de l'immobilier allemand et des majors pharmaceutiques. Auparavant, il avait déjà abaissé les utilités. Dernière chose, la banque Suisse confirme sa préférence pour les petites et moyennes capitalisations sur les grosses. "Les petites valeurs ont tendance à surperformer quand les PMI de la zone euro sont en ascension", conclut Garthwaite.
Anthony Bondain
© Zonebourse.com 2019
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