Début d'année en fanfare

04/01/2022 | 09:05

Les marchés financiers sont entrés dans l'année 2022 du bon pied, en pulvérisant au passage leurs récents pics. C'est le cas par exemple en France pour le CAC40 ou aux Etats-Unis pour le Dow Jones et le S&P500. Ce ne sont pas les seuls records du jour, puisqu'il faut ajouter à cela Apple, qui a franchi momentanément le cap des 3 000 milliards de dollars de capitalisation. Nous verrons un peu plus bas à quoi cela peut correspondre. Autre record atteint : 1 million de diagnostics covid positifs aux Etats-Unis sur la seule journée d'hier !

Le variant omicron du coronavirus est en train de faire exploser le nombre de contaminations en occident. On apprend par exemple ce matin que les Etats-Unis ont enregistré 1 million de cas sur la seule journée de lundi. Le terme de tsunami, déjà utilisé en Europe, est de tous les titres de la presse américaine ce matin. Cette vague qui semble moins virulente mais beaucoup plus contagieuse que les autres est-elle le prix à payer pour tendre vers l'immunité collective ? C'est la question de la rentrée, débattue un peu partout (comme ici dans Les Echos par le professeur Alain Fischer) et qui semble à l'origine d'un certain optimisme. Cela permet aussi de justifier le solide début d'année des indices boursiers hier, du moins pour les bourses qui étaient ouvertes. Londres et Tokyo ne reprennent qu'aujourd'hui.

Une autre des caractéristiques de la séance boursière de la veille, c'est un certain goût pour l'aventure des investisseurs, notamment des particuliers. Le fameux saut vers la qualité inversé du début de l'année est en train de se mettre en place. On joue la spéculation, on joue les secteurs pulvérisés, on joue les foncières, on joue le transport aérien. Hier en France, on a vu Solocal gagner 18%, Vallourec s'adjuger 7,5% et Air France-KLM reprendre 5%. A l'inverse, les petits dossiers qualitatifs comme Esker, bien valorisés comme Dassault Systèmes ou défensifs comme Euronext et Rémy Cointreau ont perdu du terrain. La santé, via Valneva ou Eurofins, aussi. Même schéma ailleurs en Europe : on a acheté du Deutsche Lufthansa ou du TeamViewer en Allemagne, du Dufry en Suisse et de l'Anheuser-Busch Inbev en Belgique.

Faisons un crochet par Apple, qui, porté par un courant acheteur, a donc franchi hier le cap des 3 000 milliards de dollars de capitalisation, avant de repasser en-deçà de ce niveau à la clôture. C'est la première fois qu'une entreprise pèse aussi lourd en bourse. Vous vous rappelez sans doute du battage organisé par les gens comme moi quand l'envahissant californien avait dépassé le cap des 1 000 Mds$. Puis celui des 2 000 Mds$. Ce dont on se souvient moins, c'est que ces deux jalons ont été franchis fort récemment. Celui des 1 000 en août 2018. Et celui des 2 000 en août 2020. Si le poids boursier d'Apple double tous les deux ans, les mathématiciens du marché pourraient être tentés de viser les 4 000 Mds$ en août 2022. Cette folle ascension, "insane" aurait dit mon voisin de bureau Etienne, ne semble pas très raisonnable. Pourtant Apple n'est pas le dossier le plus cher de la cote, loin de là. Il se paie quand même 32 fois les résultats 2022, mais avec un certain niveau de garanties sur les performances. C'est mieux que le PER de -162 fois de DoorDash ou même que le PER de 200 fois de Salesforce. C'est même deux fois moins qu'Hermès et 2,3 fois moins que Dassault Systèmes.

Que représentent 3 000 Mds$ ? Déjà, plus que toutes les entreprises du CAC40 réunies, dont les capitalisations cumulées atteignent 2 660 Mds$ si mes calculs matinaux sont exacts, dont 416 Mds$ pour la seule LVMH. C'est un peu plus que le PIB français et un peu moins que le PIB britannique attendus sur 2021. C'est dix fois la fortune estimée d'Elon Musk (après prise en compte du rebond de Tesla hier). Distribuer une telle valeur permettrait à chacun des habitants de la terre de récupérer 380 USD.

Sur les marchés ce matin, le moral reste bon avec des indicateurs avancés haussiers en Europe comme aux Etats-Unis. Je l'ai dit un peu plus haut, la Bourse de Tokyo démarre fort l'année, bien aidée par un yen qui recule à son plus bas niveau depuis 2017 face au billet vert. En Australie, où la Bourse de Sydney était close elle aussi hier, l'ASX gagnait près de 2% en fin de parcours. Outre la première estimation de l'inflation française de décembre publiée ce matin, l'actualité macroéconomique sera dominée par la publication de l'ISM manufacturier américain en milieu d'après-midi. Le CAC40 gagne 0,6% à 7260 points peu après l'ouverture. 

Les temps forts économiques du jour

La première estimation de l'inflation de décembre en France (8h45) précèdera les chiffres de l'emploi de décembre en Allemagne (9h55). Aux Etats-Unis, l'ISM manufacturier de décembre et l'enquête JOLTS sur les ouvertures de postes de novembre seront publiés à 16h00. L'indice PMI manufacturier Caixin chinois est repassé en zone d'expansion en décembre, à 50,9 points.

L'euro s'est un peu effrité à 1,1305 USD. L'once d'or recule en direction de 1800 USD. Le pétrole est plutôt fringant, à 79,24 USD le Brent et 76,28 USD le WTI. Le rendement de la dette américaine a dix ans a pris la pente ascendante hier, pour se fixer à 1,63%. Le bitcoin perd 0,5% et se rapproche de 46 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

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