Des indices dans le piratage de Marriott désignent la Chine

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06/12/2018 | 19:00
WASHINGTON (Reuters) - Les auteurs du piratage informatique de la base de données clients des hôtels Starwood, propriété du groupe Marriott International, ont laissé des indices suggérant qu'ils travaillaient dans le cadre d'une opération de collecte de renseignements du gouvernement chinois, a appris Reuters de sources proches du dossier.

Marriott a déclaré la semaine dernière que le piratage, qui avait débuté il y a quatre ans, avait permis aux hackers d'accéder aux données d'enregistrement de 500 millions de clients dans le système de réservation des hôtels Starwood.

Des enquêteurs privés ont découvert des outils, techniques et procédures de piratage précédemment utilisés dans des attaques attribuées à des hackers chinois, ont déclaré trois sources qui n'étaient pas autorisées à parler ouvertement de l'enquête interne menée par Marriott.

Cela suggère que des pirates chinois ont peut-être été à l'origine d'une campagne visant à collecter des informations destinées à être utilisées à des fins d'espionnage de la part de Pékin et non à des fins financières, ont ajouté deux des sources.

Bien que la Chine soit apparue comme le principal suspect dans ce dossier, les sources ont plaidé la prudence en déclarant qu'il était possible que quelqu'un d'autre se cache derrière ce piratage car d'autres parties avaient eu accès aux mêmes outils de piratage, dont certains avaient auparavant été mis en ligne.

L'identification du responsable du piratage est aussi rendue difficile car les enquêteurs estiment que plusieurs groupes de pirates ont pu s'introduire simultanément dans les réseaux informatiques de Starwood depuis 2014, a précisé une des sources.

"La Chine s'oppose fermement à toutes les formes de cyber-attaques et les punit conformément à la loi", a déclaré à Reuters le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang. "Si des preuves sont fournies, les services chinois concernés mèneront des enquêtes conformément à la loi."

La porte-parole de Marriott, Connie Kim, s'est refusée à tout commentaire sur l'éventualité d'une implication chinoise, se bornant à déclarer : "nous n'avons rien à communiquer."

Le FBI a ouvert une enquête sur le piratage de Marriott. Des représentants du Bureau n'on pu être joints dans l'immédiat pour un commentaire.

(Christopher Bing, Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

© Thomson Reuters 2018
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