Distribution : Ocado vs Casino, y'a pas photo

12/10/2020 | 12:43

Les analystes ont beaucoup débattu sur la première moitié de l'année des vertus du secteur de la grande distribution dans un contexte de coronavirus. Les détaillants alimentaires se sont retrouvés logiquement propulsés dans la catégorie des commerces indispensables et sont restés ouverts au plus fort du confinement. Ils ont aussi bénéficié de pics de consommation frénétiques, mais la transmission boursière n'est pas toujours au rendez-vous, loin de là.

Pour autant, tous les distributeurs n'ont pas connu la même destinée 2020 en bourse. Loin de là, même. Les performances des 19 acteurs que nous avons recensés ci-dessous vont de -50% à +86%.

Variations annuelles

Palmarès des 19 distributeurs européens depuis le 1er janvier

La plus forte baisse concerne le groupe français Casino, toujours englué dans les problèmes de financement de sa cascade de holdings, malgré des cessions substantielles. La plus forte hausse est pour Ocado, le distributeur britannique valorisé comme un éditeur de logiciels, grâce à sa division qui propose des solutions logistiques à ses pairs qui veulent développer leurs services de vente en ligne. L'action a aussi bénéficié de l'image de vendeur à distance pionnier de l'entreprise.

On peut aussi noter la bonne tenue des acteurs du Benelux, Ahold Delhaize et Colruyt, qui affichent des gains à deux chiffres. Hors Ocado, les trois autres poids lourds britanniques, J Sainsbury, WM Morrison et Tesco, font un tir groupé en baisse de 10/15%. Le numéro un européen Carrefour (-7%) ne brille guère, toujours engagé dans une mue qui n'en finit pas. Il figure désormais derrière Ahold Delhaize, Tesco et Ocado en matière de capitalisation.

Les ratios
Principaux ratios des valeurs du secteur sur la base des anticipations 2020 (Source Zonebourse / S&P Capital IQ)

Zoom sur Kesko

Le dossier gagnant exotique de la liste, en tout cas pour un investisseur habitué aux principaux marchés boursiers du vieux continent, est Kesko, le leader finlandais du secteur. Le groupe gère environ 1800 magasins en en Finlande, en Suède, en Norvège, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, au Belarus et en Pologne. Il a dégagé 10,7 Mds€ de revenus en 2019 (19 Mds€ avec la totalité du réseau K-Retailers).

Carte d'Identité

La distribution européenne se paie environ 18 fois 2020 contre environ 23,3 fois pour Kesko, qui est donc généreusement valorisé sur ce point… et sur d'autres. L'entreprise a bénéficié cette année d'une trajectoire très positive de révision de ses bénéfices, ce qui explique son excellent parcours boursier. Elle apparaît désormais assez chère payée. 

Les notations de Kesko par rapport à la moyenne sectorielle et géographique

Les notations de Kesko par rapport à la moyenne sectorielle et géographique

Cet état des lieux de la performance boursière de la Grande Distribution illustre bien les difficultés de positionnement dans un secteur qui faisait a priori partie des gagnants de la crise sanitaire. Difficile de trouver de grandes lignes directrices aux performances, même si l'on comprend aisément qu'avec son positionnement privilégié sur la vente à distance, Ocado a brillé. Les autres gagnants sont à chercher en Europe de l'Est et au Benelux.

La Rédaction
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