L'Europe se raccroche à la locomotive américaine

16/03/2021 | 09:03

L'optimisme macro-économique des États-Unis est toujours contagieux, à la veille d'une importante échéance monétaire pour la Réserve Fédérale. Heureusement, parce que l'Europe a l'air de vouloir continuer à se mettre des bâtons dans les roues, histoire de retarder un peu plus encore la sortie de crise sanitaire. La journée est marquée par quelques résultats d'entreprises et une batterie d'indicateurs en Allemagne, en France et aux Etats-Unis.

Les gains des places boursières européennes se sont effrités tout au long de la journée d'hier, entraînant une majorité d'indices dans le rouge à la clôture, dans des proportions toutefois très modestes. Certains marchés ont mieux tenu, à l'image du SMI suisse qui a profité du réveil de ses poids-lourds Roche Holding et Novartis. Aux États-Unis, les trois indices majeurs n'ont pas faibli en fin de parcours, ce qui leur a permis de poursuivre leur ascension. Le S&P 500 et le Dow Jones volent toujours de records en records, tandis que le Nasdaq s'est redressé. L'indice à forte consonnance technologique doit encore reprendre 6% pour renouer avec son record historique remontant au 16 février dernier, il y a un mois jour pour jour. Le différentiel de performance est dû, navré pour la redite, à l'appétit des investisseurs pour les valeurs décotées, qui le sont d'ailleurs un peu moins qu'avant, à force. Ceux qui se contentent des performances indicielles – ils n'ont pas trop à se plaindre depuis la crise financière – peuvent continuer à répliquer les tendances de marché avec les produits de type ETF. Ceux qui cherchent la surperformance ou le frisson doivent trouver de nouvelles idées d'investissement parmi les entreprises "value", au-delà des paris sérieusement embouteillés qui font florès depuis novembre. A eux de jauger le rapport entre le risque et le bénéfice.

Ah, le risque et le bénéfice. Une transition toute trouvée pour aborder la situation du vaccin d'AstraZeneca, à l'heure où l'Europe fait preuve d'une constance de métronome pour saborder sa stratégie vaccinale. L'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne et beaucoup d'autres pays ont suspendu l'administration du fameux vaccin, celui dont elles possèdent le plus de réserves. En cause, des cas de thrombose et d'embolie signalés sur des personnes vaccinées, dont quelques-uns fatals. Au 10 mars, 30 cas sur 5 millions de personnes vaccinées, selon l'Agence européenne du médicament. En ajoutant le Royaume-Uni et sur la base de ce qui est cité dans la presse britannique ce matin, il y aurait eu une quarantaine de cas recensés sur quasiment 17 millions de personnes à qui ce vaccin a été administré. Pour l'agence de santé du Royaume-Uni "le nombre de thromboses signalées après l'administration du vaccin n'est pas supérieur au nombre de thromboses qui se seraient produites naturellement dans la population vaccinée".

Je sais bien que l'Europe a une dent contre AstraZeneca qui ne tient pas ses promesses de livraisons et qui a développé son vaccin du mauvais côté de la Manche, mais dans ce cas précis, le rapport risque / bénéfice est difficilement contestable d'un point de vie médical, et je dirais encore plus du point de vie de l'intérêt général. C'est mon avis et il est naturellement contestable, mais face à une pandémie dont les conséquences sanitaires, économiques et sociales sont inédites à l'époque moderne, j'ai l'impression que nos gouvernants européens continentaux passent à côté des enjeux.

Retour à des considérations plus terre à terre sur l'actualité financière, avec deux tendances à surveiller dans les jours et les semaines qui viennent. D'abord, la confirmation que la Chine veut maintenir ses géants de la technologie sous pression. Hier, Pékin a demandé à Alibaba de céder ses actifs dans les médias. Peu après, Xi Jinping n'a pas caché sa préoccupation vis-à-vis de la puissance des entreprises du secteur. Ce qui signifie que le pouvoir chinois est prêt à donner de nouveaux tours de vis pour limiter ses pertes d'influence futures. Une démarche qui s'inscrit dans une tendance plus large, avec des gouvernements qui cherchent un peu partout dans le monde à regagner le terrain perdu ces dernières années sur les grosses machines numériques, en particulier Américaines.

Par ailleurs, et plus positivement, les opérations financières d'envergure ont l'air d'accélérer aux Etats-Unis. Il y a eu plusieurs annonces hier, jusque dans le secteur de l'hébergement, signe de la confiance des milieux d'affaires dans la reprise économique.

Le CAC40 gagne 0,24% à 6050 points peu après l'ouverture. Les investisseurs sont dans l'attente de la position de la banque centrale américaine sur sa politique monétaire, avec un verdict qui tombera demain en soirée.

Les temps forts économiques du jour

Le sondage ZEW de confiance des milieux financiers allemands est sans aucun doute l'événement principal de la matinée en Europe (11h00). Aux Etats-Unis, les ventes de détail (13h30), la production industrielle (14h15), l'indice immobilier de la NAHB et les stocks d'entreprises (15h00) sont programmés. Cette nuit, la Banque de France a annoncé viser une croissance de 5,5 % dans l'Hexagone cette année, puis de 4 % l'année prochaine ((vs 5% pour les deux années précédemment).

L'euro se négocie 1,1936 USD. L'once d'or remonte légèrement à 1734 USD. Le pétrole perd un peu de terrain, avec un baril de brut léger américain WTI à 64,90 USD et un baril de Brent de mer du Nord à 68,34 USD. Le rendement de la dette américaine se détend légèrement à 1,59 % sur 10 ans. Le Bitcoin perd 2 % à 54 400 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • 888 Holdings : Berenberg démarre le suivi à l'achat en visant 405 GBp.
  • Adecco : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 69 CHF.
  • Ageas : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 51 EUR.
  • Air Liquide : Barclays reste à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 154 à 155 EUR.
  • Alfa Laval : DNB passe de conserver à acheter en visant 335 SEK.
  • Aryzta : UBS passe de neutre à achat en visant 1,50 EUR.
  • AstraZeneca : Jefferies passe de conserver à acheter en visant 8850 GBp.
  • BB Biotech : Baader Helvea reste à accumuler avec un objectif de cours relevé de 68 à 93 CHF.
  • Brenntag : DZ Bank passe de conserver à vendre en visant 62 EUR.
  • Danieli : AlphaValue passe d'alléger à accumuler en visant 23,30 EUR.
  • Danone : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 66 à 70 EUR.
  • Drägerwerk : DZ Bank reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 82,50 à 86,80 EUR.
  • Enel : Morgan Stanley passe de surpondérer à pondération en ligne en visant neuf euros.
  • Flughafen Zürich : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 170 CHF.
  • Geberit : Baader Helvea reste à accumuler avec un objectif de cours relevé de 600 à 650 CHF.
  • Hugo Boss : RBC passe de performance sectorielle à surperformance en visant 38 EUR.
  • Italgas : Morgan Stanley démarre le suivi à pondération en ligne.
  • Kion : Goldman Sachs reste à vendre avec un objectif de cours relevé de 61 à 67 EUR.
  • Kone : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 75 EUR.
  • Norsk Hydro : Morgan Stanley reste à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 50 à 54 NOK.
  • Roche Holding : Jefferies passe d'acheter à conserver en visant 330 CHF.
  • Schindler : Berenberg passe d'acheter à conserver en visant 280 CHF.
  • Siemens Healthineers : HSBC passe de conserver à acheter en visant 53 EUR.
  • Snam : Morgan Stanley démarre le suivi à souspondérer.
  • Terna : Morgan Stanley démarre le suivi à souspondérer.
  • Tryg : Citigroup passe de neutre à achat en visant 167,60 DKK.
  • Ypsomed : Research Partners démarre le suivi à conserver.

L’actualité des sociétés

En France

Annonces importantes

  • Saint-Gobain investit dans la construction modulaire en bois en Allemagne.
  • Le monde de l'hôtellerie va rebondir fin 2022, en tout cas ce qui est domestique, selon le patron d'Accor, Sébastien Bazin.
  • Le conseil d'administration de Natixis recommande à l'unanimité aux actionnaires d'apporter leurs titres à l'offre publique au prix de 4 EUR (dividende attaché) proposés par BPCE.
  • Chez Groupe Seb, les actionnaires familiaux mettent en place une holding de renforcement du contrôle familial.
  • Fnac Darty réorganise son comité exécutif pour le rendre plus efficace par rapport au nouveau plan stratégique de moyen terme.
  • Neoen lance une augmentation de capital de 600 M€. 
  • Europcar lance une formule d'abonnement pour les entreprises, afin de rendre son offre plus flexible.
  • Olympique Lyonnais prête Camilo Reijers de Oliveira au club brésilien de Cuiabá Esporte Clube avec option d'achat.
  • Visiativ se dote d'objectifs extra-financiers.
  • Iliad, Cybergun, Latécoère, Agripower et Global Bioenergies ont publié leurs comptes.

Dans le monde

Annonces importantes

  • L'Allemagne, la France et l'Italie suspende l'administration du vaccin d'AstraZeneca contre le coronavirus.
  • Les prévisions 2021 de Zalando dépassent les attentes.
  • Crédit Suisse fait état d'un début d'année très dynamique pour ses activités, histoire de faire un peu oublier l'affaire Greensill.
  • Berkshire Hathaway oppose une fin de non-recevoir à ses actionnaires qui demandaient davantage de transparence ESG.
  • Le courtier eToro se rapproche d'une entrée en bourse via une fusion avec le SPAC Fintech Acquisition Corp. V.
  • Fitch abaisse à "BBB-" la notation crédit de Siemens Gamesa.

Résultats des sociétés. Volkswagen, CrowdStrike, Partners Group, Ferguson, RWE, Zalando, Antofagasta, Orpea, Wacker Chemie, Fraport, Tecan

Lectures

Anthony Bondain
© Zonebourse.com 2021
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