La Bourse aimerait un été en pente douce

07/07/2022 | 09:03

Les marchés boursiers donnent l'impression de naviguer en eaux un peu plus calmes depuis le début du mois de juillet, surtout aux Etats-Unis. Mais les poussées de volatilité n'ont pas disparu pour autant, comme le montrent le coup de mou des valeurs européennes mardi ou le plongeon du pétrole mardi et mercredi. Les investisseurs retiennent leur souffle avant les résultats des entreprises.

Hier, les marchés actions européens se sont employés à gommer leur chute de mardi, pendant que Wall Street s'offrait une troisième séance consécutive de hausse. Le S&P500 avait perdu environ 1100 points depuis ses pics du début de l'année 2022 autour de 4800 points, il vient d'en reprendre 150 depuis le point bas du 17 juin à 3674 points. Ce n'est pas la panacée mais la baisse de volatilité, qui mesure notamment la nervosité des investisseurs, est quand même visible. Les deux rives de l'Atlantique se sont entendues pour faire chuter les valeurs pétrolières, dans le sillage de la rétrogradation du pétrole de la case "110 à 120 USD" à la case "95 à 105 USD". Naguère prisées, elles sont au cœur des prises de bénéfices depuis quelques jours. Côté hausses, l'Europe a remis le paquet sur la technologie et les valeurs cycliques, en se risquant même sur les industrielles. Les Etats-Unis ont aussi bénéficié d'achats sur les valeurs technologiques, mais les investisseurs locaux se sont montrés moins enthousiastes sur les entreprises liées à la consommation, parce que la jauge de probabilité d'une récession est toujours élevée, même si la forme que prendra la contraction est un peu nébuleuse.

Le Wall Street Journal a d'ailleurs signé un article hier sur cette drôle de récession qui pointe son museau, avec un marché du travail toujours florissant et des entreprises qui ne donnent pas l'air de souffrir outre-mesure. La grosse dégradation du moral des ménages visible dans les dernières enquêtes ou le coup de froid sur le marché immobilier ne se sont pas matérialisés avec suffisamment de violence pour changer totalement l'ambiance. D'où cet entre-deux bizarre qui continue à entretenir le suspense sur une issue économique plutôt heureuse aux efforts déployés par les banques centrales pour contrer l'inflation.

A ce propos, la Fed a publié hier soir le compte rendu de sa dernière réunion. Sans surprise, le ton est toujours très ferme et le message reste inchangé : du sang et des larmes tant que les prix ne reviendront pas sous contrôle. La publication a fait remonter assez fort les rendements obligataires américains, signe que le marché prend à nouveau la Fed au sérieux. C'est d'ailleurs exactement le but de la banque centrale, qui a pris conscience un peu tardivement que son approche économique à la Boucle d'Or (comprendre tiédasse, comme dans l'histoire des trois ours dans laquelle la petite fille choisit le bol ni trop chaud, ni trop froid) avait été une erreur sur les derniers trimestres, après avoir fonctionné pendant longtemps. Je l'ai déjà dit dernièrement mais l'objectif de la Fed est aussi de taper le plus fort possible sur la casserole, encore et encore, pour ne pas avoir à mettre en œuvre dans la réalité la totalité de ses menaces. Voilà pour l'analyse pifométrique de votre serviteur. Les plus sérieux d'entre vous préféreront celle de l'ami Christophe Barraud, qui nous a fait le plaisir d'expliquer tout ça dans les colonnes de Zonebourse avec le professionnalisme qu'on lui connaît. Christophe vient d'ailleurs à nouveau d'être désigné meilleur prévisionniste mondial par Bloomberg pour les Etats-Unis, la Chine et l'Europe au second trimestre 2022.

Du côté des actions, et bien le marché est dans l'attente de la première salve de résultats d'entreprises, prévue dès la semaine prochaine avec par exemple PepsiCo, des banques américaines dont JPMorgan Chase, mais aussi UnitedHealth ou Rio Tinto. Quelques publications isolées sont susceptibles de faire réagir les investisseurs. Ce fut le cas cette nuit de Samsung Electronics, dont les chiffres ont été bien accueillis. Ou de Costco, qui communiquera sur ses ventes de juin à la mi-journée.

Sur l'agenda économico-politique, la crise couve au Royaume-Uni où Boris Johnson est pressé de toutes parts de quitter le pouvoir, après avoir été lâché par une partie de sa garde rapprochée. Mais le premier ministre s'accroche pour l'instant. Il a même limogé son ministre Michael Gove, qui lui avait demandé de partir. Les bons connaisseurs de la politique britannique, dont je ne fais pas partie, pensent que Johnson va faire face à d'autres démissions dans les jours à venir et qu'il risque de tomber au parlement la semaine prochaine s'il ne prend pas les devants. Pour finir, il y aura cet après-midi une série d'indicateurs sur le marché de l'emploi américain, qui permettront d'affiner les prévisions concernant la statistique la plus attendue de la semaine, l'état du marché du travail en juin, dont la publication aura lieu demain après-midi. L'éventualité d'une annonce sur les tarifs douaniers américains visant la Chine dès cette semaine est un bonus auquel les investisseurs accordent une probabilité raisonnable.

Le moral des troupes a été un peu regonflé cette semaine sur les marchés financiers et c'est encore visible sur les indicateurs avancés qui sont haussiers. Pas besoin de trop insister sur le fait que la configuration reste fragile et soumise aux incertitudes du moment, vous êtes déjà au courant puisque les amplitudes indicielles sont encore fortes sur certaines séances. En Asie Pacifique, le Nikkei 225 efface ses pertes de la veille sur une séance de hausse de plus de 1% et l'indice de Shanghai, le CSI300, gagne 0,6%, comme son homologue de Sydney l'ASX. Le CAC40 gagne 1,3% à 5990 points à l'ouverture.

Les temps forts économiques du jour

Grosse actualité sur l'emploi américain avec les inscriptions hebdomadaires au chômage à 14h30, mais pas le rapport ADP sur l'emploi (suspendu en juillet pour un changement de méthodologie) et l'étude Challenger sur les licenciements (13h30), en attendant demain la publication des chiffres officiels pour le mois de juin. Tout l'agenda macro ici.

Le dollar maintient la pression sur l'euro à 1,0205 USD pour 1 EUR. L'once d'or poursuit sa baisse à 1746 USD. Le pétrole surnage après sa chute, avec un Brent de Mer du Nord à 101,25 USD le baril et un brut léger américain WTI à 99,07 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans remonte à 2,92%, sous le 5 ans et le 2 ans. Le bitcoin se négocie autour de 20 300 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • ABB : Barclays reste à pondération en ligne avec un objectif réduit de 34 à 29 CHF.
  • AMS-Osram : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 13 à 8 CHF.
  • AO World : Numis passe de conserver à acheter en visant 60 GBp.
  • AT&S : Berenberg passe de conserver à vendre en visant 38 EUR.
  • BHP : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 2700 à 2200 GBp.
  • Greenyard : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 13,70 EUR.
  • Hannover Rück : RBC reprend le suivi à surperformance en visant 170 EUR.
  • Infineon : Jefferies reste sousperformance avec un objectif de cours réduit de 23 à 18 EUR.
  • Lonza : Credit Suisse reste à surperformance avec un objectif de cours réduit de 750 à 700 CHF.
  • Melexis : Jefferies reste sousperformance avec un objectif de cours réduit de 65 à 55 EUR.
  • Munich Re : RBC reprend le suivi à performance sectorielle en visant 245 EUR.
  • Rio Tinto : Berenberg passe de conserver à vendre en visant 4200 GBp.
  • Roche : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 360 à 355 CHF.
  • Salzgitter : Jefferies passe d'acheter à conserver en visant 23 EUR.
  • Schindler : Barclays reste à pondération en ligne avec un objectif de cours réduit de 205 à 180 CHF.
  • Schneider : Barclays réduit son objectif de 175 à 145 EUR.
  • Scor : RBC reprend le suivi à surperformance en visant 26 EUR.
  • Segro : Exane BNP Paribas passe de neutre à sousperformance en visant 800 GBp.
  • Sinch : Berenberg reste l'achat avec un objectif de cours réduit de 140 à 100 SEK.
  • STMicroelectronics : Jefferies reste sousperformance avec un objectif de cours réduit de 30 à 24 EUR.
  • Swiss Life : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 659 à 635 CHF.
  • Swiss Re : RBC reprend le suivi à performance sectorielle en visant 80 CHF.
  • UCB : Citigroup passe de neutre à vendre en visant 74 EUR.
  • Valora : Research Partners reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 190 à 260 CHF.

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

  • Electricité de France a flambé hier alors que le gouvernement français a fait part de son intention de remonter à 100% du capital pour sortir le dossier de la bourse.
  • Eurazeo vend sa participation dans Reden Solar et empoche 633 M€.
  • Solutions 30 signe avec Unifiber en Wallonie.
  • Haulotte obtient un PGE de 96 M€.
  • Frey procède à l’acquisition du retail park Parque Mediterráneo en Espagne.
  • Nicox annonce la publication de nouvelles données sur le NCX 470 montrant des améliorations de l'hémodynamique oculaire et de la physiologie des cellules rétiniennes.
  • Les Constructeurs du Bois gagne un nouveau projet de 28 M€ pour un écoquartier.
  • CBo Territoria cède 40% de ses activités outdoor.
  • Erold se recentre sur la santé.
  • CrossJect lève 2,8 M€ grâce à ses BSA dans la monnaie.
  • Cogra a publié ses comptes.

Dans le monde

Annonces importantes (et moins importantes)

Lectures

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