La Bourse brûle ses idoles

Envoyer par e-mail
11/10/2018 | 07:13
La grosse séance de purge, que beaucoup redoutaient, a eu lieu hier. Sera-t-elle suffisante ? Y aura-t-il une phase de "consolidation" (10% de reflux sur les valeurs US par exemple) ou le malaise est-il plus profond ? La suite du mois d'octobre s'annonce cruciale. En attendant, le rouge domine encore largement ce matin en Europe. Le CAC perdait -1,85% peu après l'ouverture, à 5 110 points.
L'investisseur est un animal optimiste. D'ailleurs, si ce n'était pas le cas il ne risquerait pas ses fonds. Le revers de la médaille, c'est qu'il est en général un incorrigible optimiste et qu'il a par conséquent tendance à regarder les nuages s'amonceler en visant l'éclaircie. Manifestement, les moteurs de la performance boursière des trimestres précédents sont en train de se gripper. C'est d'abord l'automobile et son écosystème qui ont flanché en début d'année, en même temps que les semiconducteurs. Mais jusqu'à une date récente, les technologiques américaines et les valeurs du luxe avaient continué à tirer les indices. Hier, elles ont lâché prise en même temps, entraînant de lourdes prises de profits sur les indices. Les baisses de plus de 3% sont très rares aux Etats-Unis : c'est pourtant ce qui est arrivé hier aux trois indices en fin de séance.
 
Les indices à 6h00 ce matin : les marchés asiatiques cotaient encore (Source Bloomberg - Cliquer pour agrandir)

Il va falloir choisir son camp ce matin. Serez-vous dans celui des "C'était écrit d'avance, et ce n'est pas fini" ? Ou peut-être dans l'équipe "C'était écrit d'avance, ça ne va pas durer" ? Le clan des "C'est passager, les secteurs moteurs vont se reprendre" n'aura pas besoin d'une grande salle pour se réunir, à l'inverse de celui des "Faites tourner vos portefeuilles". Si vous êtes d'humeur vengeresse, il vous restera le clan de Donald Trump, celui des "C'est la faute de la Fed". Infatigable commentateur de l'actualité immédiate, le Président américain s'est empressé hier soir d'expliquer que la correction était attendue tout en rappelant dans la même phrase son désaccord avec la politique menée par la banque centrale américaine. "Je crois que la Fed est devenue folle" (il a employé le mot "crazy"), a-t-il même ajouté. On peut donc être Président des Etats-Unis, Grand désorganisateur du commerce mondial, avoir pour principal soutien international le dictateur nord-coréen et être banquier central.
 
Comme les marchés actions européens ont beaucoup baissé mais moins que les indices américains, on vous laisse imaginer la couleur des indicateurs avancés ce matin sur le vieux continent. Il va sans dire que les valeurs défensives ont la cote. Le CAC perdait -1,85% peu après l'ouverture, à 5 110 points. 
 
Les temps forts économiques du jour
 
La lecture finale de l'inflation française de septembre (8h45, consensus -0,2%) précèdera la publication, à 13h30, des minutes de la dernière réunion de la BCE. Aux Etats-Unis, il sera aussi question d'inflation (14h30, consensus +0,2%) mais aussi d'inscriptions hebdomadaires au chômage (14h30, consensus 207 000). La publication des stocks pétroliers à 17h00 sera aussi suivie de près.
 
L'euro a rebondi à 1,15688 USD (+0,3% ce matin). L'or n'a pas profité de la baisse du marché et stagne à 1 193 USD. Le pétrole a pris la même pente que les indices, à 71,89 USD pour le WTI et 81,48 USD pour le Brent.
 
Les principaux changements de recommandations
 
  • AlphaValue abaisse de 72,10 à 62,60 CHF son objectif sur Adecco, en restant acheteur.
  • Jefferies démarre le suivi d'Aston Martin à sousperformance en visant 1 400 GBp.
  • Oddo BHF abaisse sa recommandation sur Capgemini d'achat à neutre en visant 116 EUR contre 130 EUR précédemment.
  • Jefferies abaisse de 7 à 6,70 EUR son objectif sur Davide Campari, en restant à conserver.
  • Jefferies abaisse de 2 726 à 2 491 GBp son objectif sur Dechra Pharmaceuticals, en restant à l'achat.
  • Oddo BHF démarre le suivi de Devoteam à l'achat en visant 135 EUR.
  • Jefferies passe d'acheter à conserver sur Ferrari, dont l'objectif recule de 125 à 115 EUR.
  • Jefferies abaisse de 250 à 245 GBp son objectif sur Indivior, en restant à l'achat.
  • Macquarie reprend le suivi de Moneysupermarket à surperformance en visant 400 GBp.
  • Macquarie reprend le suivi d'Ocado à surperformance en visant 1 050 GBp.
  • Oddo BHF démarre le suivi de Reply à neutre en visant 54 EUR.
  • Liberum rehausse de 270 à 275 CHF son objectif sur Roche, en restant acheteur.
  • HSBC passe de conserver à acheter sur The Restaurant Group, revalorisé de 265 à 370 GBp.
 
L’actualité des sociétés
 
Toutes les options sont sur la table pour l'avenir d'Electricité de France, même le statu quo, a fait savoir le gouvernement. Natixis a confirmé s'intéresser à Ingenico pour muscler sa division paiements, des discussions ont même démarré. Dassault Aviation communique pour rassurer sur le contrat Rafale indien, alors que la polémique bat son plein dans le pays sur fond de rumeurs de corruption. Thales et Gemalto espèrent boucler leur rapprochement au 1er trimestre 2019. Ubisoft annonce que le dernier opus d'Assassin's Creed affiche le meilleur lancement de l'histoire de la série. Ipsos a finalisé l'acquisition de quatre entités de Gfk CBR. JCDecaux rempile à l'aéroport de Dubaï pour 10 ans. TF1 boucle le rachat de Doctissimo à Lagardère. Bastide et Egide ont publié leurs comptes, comme Faurecia, qui a confirmé les objectifs relevés en juillet. Olympique Lyonnais Groupe dément un projet de sortie de la cote.
 
Bayer pourrait à nouveau se retrouver avec un procès aux Etats-Unis pour le Roundup de sa nouvelle filiale Monsanto. Bayerische Motoren Werke (BMW) va dépenser 3,6 milliards d'euros pour monter de 50 à 75% de sa filiale chinoise BMW Brilliance. AT&T va lancer une offre de streaming l'année prochaine. James Murdoch serait en pôle-position pour prendre les commandes de Tesla, selon le 'FT'. Sears va probablement déposer le bilan avant la fin de semaine. Fitch met la pression sur Banca Carige.
Anthony Bondain
© Zonebourse.com 2018
Envoyer par e-mail