La Minute Macro : Crypto boom, inflation et Livret A

18/02/2021 | 12:06

Elon Musk rend les gens heureux. Riches en tous cas ! La valeur du Dogecoin a grimpé de 900% juste parce qu'il l’a décidé. Bonne pioche pour l’heureux détenteur des 28% de la crypto en circulation. Bon… Inflation ou pas inflation ? Telle est la question. Des arguments solides existent dans les deux camps : aujourd’hui, place aux inflatio-sceptiques. Nous parlons ensuite du goût prononcé des Français pour le livret A. Enfin, l’administration fiscale lance le test d’un dispositif automatisé teinté d’intelligence artificielle.

  • La mystérieuse baleine qui possède 28% des Dogecoin

Il semblerait qu'Elon Musk a transformé la vie d'une personne. Ses tweets ont aidé à faire grimper la valeur du Dogecoin de 900% rien qu'en 2021. Au passage, une personne est devenue multimilliardaire. En effet, une seule adresse numérique est rattachée à un compte détenant 28% des Dogecoin en circulant, soit 2,1 milliards de dollars à l'heure actuelle. L'identité du détenteur n'est pas connue, ce qui est courant dans le monde opaque des crypto-monnaies. Pour rappel, le Dogecoin a été créé en 2013 comme un hommage satirique au Bitcoin. Ses concepteurs ont utilisé un mème célèbre, celui du chien Shiba Inu, pour ce qui s'apparente, non à une monnaie d'échange futuriste, mais à une simple blague d'internet.

Source : CoinDesk 

  • Inflation ou pas inflation ?

On voit partout fleurir des articles sur le retour potentiel de l’inflation. Et pour cause, la hausse des taux de rendements obligataires laisse craindre que les investisseurs anticipent ce scénario. Inflation d’accord, mais cette dernière sera-t-elle rampante, galopante ? Le phénomène est craint mais son ampleur potentielle précise n’est évoquée que par peu de monde, tant elle est difficile à estimer.

Ce que l’on peut dire en revanche, c’est qu’Eric Rosengren, le président de la FED de Boston n’a pas l’air de s’affoler outre mesure et n’anticipe pas une remontée des prix liée à une diminution de la virulence de la pandémie. Il a ainsi déclaré lors d’un symposium en ligne organisé par l’université du New Hampshire : “nous allons assister à une certaine reprise de l’inflation”. 

De son côté, Anu Gaggar, analyste en chef chez Commonwealth Financial Network n’a pas l’air de s’inquiéter non plus. Rappelons que lorsque l’on parle d’inflation, on peut considérer qu’il existe quatre courroies de transmission : 

  • L’inflation par la monnaie
  • L’inflation par la demande
  • L’inflation par les coûts
  • L’inflation par les structures (monopoles)

À première vue, l’abondance de liquidités générées par les banques centrales conjointement à l’assouplissement budgétaire des Etats pourrait être le facteur déclenchant d’une inflation par la monnaie et par la demande. Mais Commonwealth financial souligne que pour ce qui est de la demande aux Etats-Unis, l’argent dont les citoyens américains ont pu bénéficier n’a pas été dépensé dans l’économie réelle. “Les données montrent que certains consommateurs ont accumulé de l'argent liquide et des fonds du marché monétaire et que d'autres ont remboursé leurs dettes. D'autres se sont tournés vers le day trading, un jeu très dangereux”. Toujours est-il que selon Anu Gaggar s’il devait y avoir inflation, il y a peu de chance qu’elle arrive par un afflux de demande des consommateurs. Elle ajoute qu’en 2020 la tendance a été à la réduction des investissements de la part des entreprises et à la prolifération d’entreprises zombies. L’inflation pourrait donc être contenue dans la sphère financière, alimentant par là même la création de bulles. 

  • Le livret A, toujours l'apanage du français moyen

La crise sanitaire et économique a bousculé les comportements d'épargne des Français. Mais le livret A continue d’être leur coffre-fort pour se protéger d'un monde incertain. Au gré des confinements, des restrictions sanitaires et d'une consommation limitée, l'année 2020 aura permis de collecter deux fois plus d'épargne qu'en 2019. Soit un montant total de 35,21 milliards d'euros pour le livret A et le livret de développement durable et solidaire. En moyenne en 2020, les français ont épargné 276 euros par mois. Et d'après un sondage d'OpinionWay / meilleurplacement.com, 60% des français ont l'intention de continuer à épargner en 2021. Reste à savoir si avec une inflation qui augmente, le livret A, dont le rendement annuel est de 0,5%, satisfera encore les Français. 

  • Des algos pour Bercy

Pendant trois ans, le fisc français va tester un nouveau dispositif de surveillance des réseaux sociaux et des sites commerciaux entre particuliers pour débusquer les contribuables dont la situation fiscale serait un peu trop éloignée de la réalité économique. Un algorithme mâtiné d'intelligence artificielle sera utilisé, comme cela avait déjà été annoncé précédemment. Le Figaro précise que l'expérimentation démarrera dans les prochaines semaines. Jusqu'à présent, les agents pouvaient s'appuyer sur des enquêtes internet, mais sans automatisation. Cela changera-t-il la donne ? On attend les premières statistiques.

  • Les GAFAM continuent d’attirer les critiques du Capitole

Ces dernières années, de nombreux parlementaires américains appellent à l'adoption de lois et de réglementations pour freiner les entreprises technologiques dominantes telles que Facebook Inc, Twitter Inc, Google d'Alphabet Inc, Amazon.com Inc et Apple Inc. En effet, les législateurs démocrates ont exprimé leur inquiétude quant au rôle des médias sociaux en tête, princiaplement suite à l'attaque du 6 janvier 2021 par une foule pro-Trump contre le Capitole mais plus généralement contre les risques d’abus de pouvoir et antitrust qu’elles font peser sur la Société. 

Le président démocrate Joe Biden, en tant que candidat l'année dernière, a appelé à la révocation de l'article 230, qui fait partie d'une loi de 1996 appelée “Communications Decency Act” que son prédécesseur Donald Trump a sans succès pressé le Congrès d'abroger, sans succès. En effet, les législateurs républicains accusent les entreprises de technologie de censurer les opinions des conservateurs. Certains experts antitrust estiment que la réforme de la réglementation contre les Big Tech  pourrait également élargir le procès du ministère de la Justice qui accusait Google d'abuser de son pouvoir de marché pour écraser ses rivaux, mais également des pratiques commerciales d'Apple, d'Amazon, et de Facebook.

La Rédaction
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