La Vieille Europe bouge encore

12/10/2020 | 09:03

Bon an, mal an, les marchés ont poursuivi leur ascension vendredi, sur fond d'espoir de compromis politique aux Etats-Unis sur un plan de relance. Espoirs déçus au cours du weekend avec un nouveau revirement de situation. Un jeu du chat et de la souris qui risque de se prolonger jusqu'au 3 novembre, date du scrutin présidentiel.

Les indices boursiers tiennent le choc en dépit des incertitudes du moment, centrées sur l'identité du prochain Président septuagénaire des Etats-Unis et sur l'évolution du coronavirus. La semaine devrait démarrer dans le calme à cause d'un jour férié aux Etats-Unis, même si Wall Street est ouverte. L'occasion de faire un focus sur la vieille Europe.

Il y avait longtemps que l'Europe n'avait pas eu l'occasion de s'affirmer à nouveau comme une puissance majeure. Sera-t-elle capable de profiter de cette rare opportunité ou se tirera-t-elle une nouvelle balle dans le pied ? Voilà une excellente question de fin d'année, d'autant que des éléments de réponse risquent d'être disponibles dans les jours à venir.

Le vieux continent doit traiter à la fois le Brexit, sa politique vis-à-vis des géants du numérique et son plan de relance. Si la position communautaire est à peu près univoque concernant les gesticulations de Boris Johnson, on ne peut pas en dire autant des deux autres sujets.

Le nouvel exécutif européen donne l'impression d'avoir pris à bras-le-corps certaines des questions fondamentales qui vont avoir une influence majeure sur notre quotidien dans les décennies à venir. Je pense en particulier à l'urgence climatique, dont les enjeux sont à peu près bien compris, et à l'urgence numérique, c’est-à-dire la nécessité pour vous et pour moi de protéger notre identité et de forcer les géants du secteur à partager équitablement leurs profits.

Les projets de la Commission en faveur du climat et de la protection des données peuvent susciter des critiques, il n'empêche qu'ils sont inédits dans le monde. Cette semaine, il sera manifestement beaucoup question des données, puisque de multiples fuites montrent que Bruxelles planche sur une initiative d'ampleur pour redonner à la vieille Europe si ce n'est son indépendance technologique, au moins une forme d'autonomie. Un vaste chantier qui nécessitera à un moment ou à un autre de faire taire les pays de l'Union qui ont déroulé le tapis rouge fiscal aux GAFA et à leurs outsiders.

L'Europe doit aussi concrétiser les espoirs suscités en juillet sur le plan de relance, sans retomber dans ses travers passés. Or il se murmure que le beau vernis du compromis de l'été s'est depuis craquelé et qu'il risque de falloir ressortir les forceps. Plusieurs médias européens alertent d'ailleurs sur un plan qui serait désormais "en danger". Espérons que le bon sens prendra le pas sur les palabres. Ce qui n'est toujours pas le cas, d'ailleurs, concernant le Brexit. En théorie, le 15 octobre constitue la date-butoir pour trouver un accord entre l'Europe et le Royaume-Uni. On demande à voir.

Comme chaque lundi, quelques informations clefs du weekend :

  • Après l'optimisme de fin de semaine dernière, les discussions sur un plan de soutien seraient dans l'impasse aux Etats-Unis.
  • Selon une étude australienne, le coronavirus peut survivre jusqu'à 28 jours sur les surfaces, même si de l'aveu même de ses auteurs, l'étude a ses limites.
  • La tendance est toujours à la hausse pour les contaminations en Europe, avec des mesures drastiques dans certaines zones.
  • Les groupes pétroliers reprennent la production après le passage de l'ouragan Delta.
  • Une trêve a été négociée au Haut-Karabakh, que les deux camps s'accusent de violer ponctuellement.
    Donald Trump repart en campagne à 22 jours de l'élection présidentielle.

Le CAC40 grappille 0,14% à 4953 points peu après l'ouverture. 

Les temps forts économiques du jour

Il n'y aura pas d'indicateurs majeurs aujourd'hui. Plus tôt ce matin, les commandes de machines japonaises sont ressorties en légère hausse alors que le consensus tablait sur une baisse d'environ 1%.

L'euro remonte à 1,1817 USD. L'once d'or confirme sa reprise haussière à 1927 USD. Le pétrole est relativement stable à 42,50 USD le Brent et 40,28 USD le WTI. La dette américaine affiche un rendement de 0,77% sur 10 ans. Le Bitcoin reprend son ascension à 11 379 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • Alstom : Goldman Sachs reste acheteur et abaisse de 54 à 53 EUR son objectif.
  • BASF : Crédit Suisse reste neutre avec un objectif relevé de 56 à 59 EUR.
  • Covestro : Crédit Suisse reste neutre avec un objectif relevé de 46 à 49 EUR.
  • Dometic : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 105 à 128 SEK.
  • DSV Panalpina : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 1000 à 1225 DKK.
  • Euronext : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 113 à 124 EUR.
  • Iberdrola : HSBC passe de conserver à acheter en visant 12,20 EUR.
  • Konecranes : Goldman Sachs passe de vendre à neutre en visant 28 EUR.
  • Montea : Kempen passe de neutre à vendre en visant 95 EUR.
  • Orsted : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 1010 DKK.
  • Société Générale : Jefferies passe de conserver à acheter avec un objectif de cours relevé de 16 à 17,60 EUR.
  • Temenos : Credit Suisse réduit son objectif de cours de 155 à 125 CHF.
  • Wärtsilä : SEB Equities passe de conserver à acheter en visant 9 EUR.

L’actualité des sociétés

En France

Bruxelles appelle les Etats-Unis à lever les droits de douane imposés sur les produits européens à la suite du contentieux entre Airbus et Boeing, sans quoi l'UE lèvera ses propres barrières après la dernière décision de l'OMC, selon le Financial Times. Veolia fait appel de la décision "ubuesque" de l'ordonnance du juge des référés du tribunal judiciaire de Paris dans l'affaire Suez / Engie. Fitch abaisse de "BB+" à "BB" la notation crédit de Renault. LNA Santé acquiert Clinique Développement, qui lui apporte 580 lits, 250 places en hôpital de jour et 22 blocs opératoires. Eurazeo Capital va investir dans Questel. Verneuil Finance discute d'un rapprochement avec Camahëal Finance. Madvertise vend Bemobee. Néovacs se finance avec des instruments dilutifs. Hoffmann Green Cement signe un contrat de 3 ans avec CEMEX pour la distribution de ciments bas carbone. Carmat obtient 13 M€ de financement public pour son programme EFICAS. Le spécialiste de la sécurité informatique Verimatrix ciblé par une cyberattaque "sophistiquée". Envea, Capelli et Mastrad ont publié leurs comptes.

Dans le monde

Bloomberg a appris qu'EQT envisage de racheter Royal KPN pour quelque 11 Mds$, une rumeur qui rappelle celle du début 2019, donnant Brookfield intéressé par l'opérateur néerlandais. Mardi, Apple devrait présenter quatre iPhone 12 équipés pour la 5G. Triller, une application alternative à TikTok, envisage d'entrer en bourse aux États-Unis, a appris Reuters. La justice américaine confirme qu'Apple n'a pas à rouvrir l'accès de son magasin d'applications à Epic Games avant le procès prévu au milieu de l'année prochaine. Le groupe pharmaceutique américain Mallinckrodt demande son placement en faillite (Chapter 11). Le CEO de Mikron, Bruno Cathomen, quittera ses fonctions au milieu de l'année 2021. Landis+Gyr en pertes au 1er semestre.

Ça publie. Galp Energia, Flughafen Zürich, Network International, Ekinops

Lectures

Anthony Bondain
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