Le Nasdaq déprime, le luxe se pavane, la Chine s'agite

20/01/2022 | 09:05

La purge des valeurs technologiques américaines continue, après un rebond raté, ce qui a entraîné Wall Street dans le rouge. L'Europe s'arc-boute sur un duo paradoxal luxe / valeurs décotées. En Asie, la Chine éveille l'espoir avec un nouveau coup de pouce de la banque centrale en faveur du financement de l'économie. L'état des lieux du jour comprend aussi un chapitre sur les nouvelles habitudes des investisseurs.

Les indices américains ont tenté de se reprendre hier, mais ils ont encore été tirés vers le bas par la technologie, la consommation cyclique et, plus rare, les valeurs financières. Au final, le Nasdaq 100 a perdu 1% supplémentaire et accuse désormais une baisse de 10% par rapport à ses records de novembre, ce qui caractérise techniquement une phase de correction. Pour les statisticiens, il y a eu 33 phases de correction en 40 ans sur le S&P500, qui ont duré quatre mois et entraîné une baisse de 13% en moyenne (désolé pour la redite). Le S&P500 accuse pour sa part une baisse de 6% sur son pic historique du 4 janvier dernier. Les hausses de taux de la Fed qui se préparent contrarient toujours Wall Street.

En Europe hier, les indices ont hésité mais le luxe est venu à la rescousse. C'est le cas d'un indice lourdement lesté par les paillettes, le cuir et le strass comme le CAC40 avec son trio LVMH, Hermès et Kering. Une fois n'est pas coutume, c'est le suisse Compagnie Financière Richemont et ses résultats haut-de-gamme au 4e trimestre qui ont dopé les cours. Le propriétaire de Cartier et Piaget a bien été aidé par une publication honorable de l'outsider sectoriel britannique Burberry. Décidément, le luxe a plus d'un tour dans son sac, même en période de pénurie et d'inflation. On dirait que les investisseurs l'ont bien compris.

Pour prendre un peu de hauteur, je vous propose ce matin d'examiner le dernier rapport de Bank of America sur les flux financiers et le comportement des grands investisseurs depuis le début de l'année. Dit comme ça, ça a l'air vraiment déprimant, mais je vais essayer de ne pas être trop pénible dans les lignes qui suivent.

Pendant que les valeurs technologiques américaines bataillent pour sortir la tête de l'eau après un début d'année compliqué, les flux financiers en direction des actions européennes sont particulièrement soutenus. Bank of America a mesuré la semaine dernière 1,9 Md$ de collecte pour les fonds axés sur l'Europe, en grande majorité d'ailleurs vers la gestion passive. Il s'agit de la 7e plus forte collecte hebdomadaire des deux dernières années. Depuis le 1er janvier, ce sont les valeurs financières qui ont reçu les plus gros flux, ce qui ne surprendra personne tant le secteur est à la mode. Les Bancaires en particulier, qui sont surpondérées à 41% par les investisseurs, m'apprend Bank of America, qui met aussi en avant la réduction de la surpondération des Technologiques à 1%, le plus bas niveau depuis… décembre 2008. Cet appétit pour les banques a peut-être été un peu atténué par la chute de JPMorgan Chase et Goldman Sachs dans le sillage des performances un peu moins élevées que prévu. Mais ce sont des banques d'affaires et non des banques de détail, ce qui peut avoir son importance dans les mois à venir.

Autre paramètre intéressant de l'enquête, qui traduit d'ailleurs très bien le sentiment général, l'écart de performance entre les valeurs bon marché (celles qu'on appelle "value") et les valeurs chères (plutôt les valeurs dites de croissance) atteint 30%, soit l'écart le plus élevé jamais enregistré depuis 1992, date du début de la collecte de ce type de données. Il faut toutefois noter qu'un gros écart était déjà à l'œuvre l'année dernière à la même époque, avant de se résorber. Les actions plébiscitées lors de cette rotation sont, dans l'ordre, les PER à 12 mois très faibles, les titres risqués et les titres de faible qualité.

Cadeau bonus du jour : pour évoluer dans l'environnement de taux en hausse, Bank of America a débusqué douze actions européennes peu sensibles à la volatilité des rendements obligataires. Ces titres doivent avoir une capitalisation de plus de 5 Mds€, des attentes de marge nette ni trop fortes, ni trop faibles, un bêta de moins de 1,1, une pente insignifiante par rapport aux variations de 10 rendements obligataires européens et une part de dette court terme dans la dette totale inférieure à la médiane du marché. Aucune valeur française ni suisse dans la sélection : UPM-Kymmene, Mondi, KPN, Akzo Nobel, Proximus, Holmen, Mowi, Smurfit Kappa, Flutter, GN Store, Sage et Howden Joinery. A bon entendeur…

Dans l'actualité du matin, la banque centrale chinoise (PBOC) a réduit deux de ses taux directeurs, ce qui vient s'ajouter aux deux abaissements déjà annoncés en début de semaine sur d'autres lignes de prêts. L'objectif est de soutenir l'économie à un moment charnière. "La question reste de savoir si les banques répondront en augmentant leurs prêts" à 'l'économie réelle, souligne ce matin ING. La nouvelle profite en tout cas aux marchés asiatiques qui terminent en hausse, à l'image d'un Nikkei qui a gagné 1,1% à la cloche. Cela profite aussi aux indicateurs avancés européens qui évoluent dans le vert en dépit de la nouvelle baisse de Wall Street. Sur le front géopolitique, il faut aussi noter ce qui ressemble à une bourde de Joe Biden sur l'Ukraine, puisque le président américain a évoqué publiquement deux scénarios, une invasion et "incursion mineure" de la Russie. Le rétropédalage de ses conseilleurs n'a pas suffi à faire taire les critiques, reprochant à Biden d'avoir renoncé à empêcher Vladimir Poutine de mener ses menaces à exécution. C'est aussi un sujet de politique intérieure aux Etats-Unis puisque le président démocrate n'est pas au mieux dans les sondages, faute de parvenir à imposer sa politique.

Le CAC40 gagnait 0,17% à 7185 points à l'ouverture.

Les temps forts économiques du jour

L'inflation européenne de décembre (11h00) précèdera plusieurs statistiques américaines. Les nouvelles demandes d'allocations chômage hebdomadaires et l'indice Philly Fed de janvier (14h30), les ventes dans l'immobilier ancien de décembre (16h00) et les stocks pétroliers hebdomadaires du DOE (16h30).

La paire euro / dollar se stabilise à 1,1345 USD. L'once d'or est remontée à 1838 USD. Le baril reste ferme à 88,46 USD le Brent et 85,90 USD le WTI. Le bitcoin se maintient autour de 42 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • Bouygues : Oddo BHF reprend le suivi à neutre en visant 34 EUR.
  • Commerzbank: Exane BNP Paribas passe de neutre à surperformance en visant 9 EUR.
  • Compagnie Financière Richemont : Goldman Sachs relève son objectif de 158 à 167 CHF. UBS relève son objectif de 169 à 184 CHF.
  • Danone : Berenberg reste à la vente avec un objectif réduit de 55 à 54 EUR.
  • Deutsche Börse : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 167 à 180 EUR.
  • Electricité de France : Morgan Stanley passe de surpondérer à pondération en ligne en visant 10 EUR.
  • Evolva : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 0,23 CHF.
  • Evotec : Berenberg démarre le suivi à l'achat en visant 51 EUR.
  • Geberit : Jefferies reste à sousperformance avec un objectif de cours réduit de 553 à 549 CHF.
  • Hellenic Petroleum : Goldman Sachs passe d'acheter à neutre en visant 7,50 EUR.
  • Hikma : Peel Hunt passe de conserver à acheter.
  • La Française des Jeux : Oddo BHF reste neutre en visant 44 EUR.
  • LVMH : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 725 à 830 EUR.
  • Nestlé : Berenberg reste à l'achat avec un objectif relevé de 130 à 140 CHF.
  • Paradox Interactive : Jefferies passe d'acheter à conserver en visant 175 SEK.
  • Philips : Jefferies passe d'acheter à conserver en visant 32 EUR.
  • Rentokil : Citigroup passe de neutre à achat en visant 650 GBp.
  • SGS : Crédit Suisse passe de neutre à sousperformance en visant 2700 CHF.
  • Siemens Healthineers : Jefferies passe de conserver à acheter en visant 75 EUR.
  • Thulé : SEB Equities passe de conserver à acheter en visant 550 SEK.
  • Universal Music Group : Goldman Sachs démarre le suivi à l'achat en visant 29,90 EUR.
  • Vinci : Société Générale passe de conserver à acheter en visant 114,60 EUR.

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

  • Vinci décroche un contrat en Nouvelle-Zélande.
  • Alstom annonce un chiffre d'affaires en hausse de 11% sur neuf mois et confirme ses prévisions.
  • Pierre Barnabé va diriger Soitec à compter de juillet 2022.
  • Valneva annonce que son candidat vaccin inactivé montre une neutralisation du variant Omicron.
  • Enertime obtient 8,5 M€ de subventions de la commission européenne dans le cadre du programme horizon Europe.
  • Fred Vianas devient directeur général de l'Union Financière de France.
  • AB Science obtient le feu vert de l’ANSM pour initier une étude de phase II (AB20006) avec Masitinib chez les patients atteints du syndrome d'activation des mastocytes sévère.
  • Everwood, participation de Transition Evergreen, entre au capital de Forestry, 1er acteur indépendant français de la gestion d’actifs forestiers.
  • Orapi muscle son comité exécutif.
  • Namr poursuit le développement de namR x Addactis dans l'assurance multirisque habitation.
  • Archos va regrouper ses actions et devrait faire coter sa division médicale d'ici la fin du trimestre sur Euronext Access.
  • Kumulus Vape signe un accord de distribution avec Innokin, l’un des 3 leaders mondiaux de la vape.
  • BD Multimedia lève 1,18 M€ par placement privé.
  • Atari veut souscrire au service Disclosure & News de l'OTC US pour se conformer à la réglementation.
  • Virbac, Getlink, Trilogiq, Drone Volt, Ecomiam, Altheora, Argan et Axway ont publié leurs comptes et/ou des prévisions.

Dans le monde

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