Le club des incorrigibles optimistes

07/12/2021 | 09:07

La nouvelle vague de coronavirus est venue bouleverser les marchés financiers. Hier, l'optimisme l'a emporté au motif que les craintes étaient peut-être excessives concernant les nouveaux variants. Mais tout cela reste fragile et les gouvernements, comme les financiers, naviguent à vue. Mais les seconds gardent le moral, peut-être parce qu'ils savent qu'ils peuvent encore compter sur les banques centrales pour leur sauver la mise.

Le gros coup de mou du début du mois de décembre est-il déjà terminé ? Tous les indices boursiers mondiaux sont repartis de l'avant hier, dans un mouvement de balancier finalement assez classique. Les investisseurs ont quitté le mode panique qui dictait leurs comportements depuis vendredi dernier après une série de commentaires plutôt rassurants sur la dangerosité du nouveau variant Omicron du coronavirus. Alors bien sûr, il ne s'agit que de déclarations sur la base de données préliminaires, mais elles ont porté leurs fruits. Comme l'écrivait hier un économiste, dans ce genre de situation, la narration a souvent beaucoup d'importance et la couverture médiatique rejoue sans cesse la scène des moutons de Panurge.

Par conséquent, les bourses européennes ont généralement repris entre 1 et 1,5% hier, après deux séances de baisse. Aux Etats-Unis, les indices n'ont pas clôturé au plus haut du jour, mais ils ont fortement progressé aussi, de 0,85% pour le Nasdaq à 1,87% pour le Dow Jones. L'incorrigible optimisme des investisseurs reprend donc le dessus, comme le montrent les indicateurs avancés du jour, qui sont encore haussiers. Ce regain d'appétit pour le risque intervient alors que les gouvernements des pays dans lesquels la pandémie a fêté son retour font leur possible pour éviter un nouveau grand chaos en fin d'année. En France, on ferme les boîtes de nuit, on masque les enfants dans les cours de récréation et on en appelle à la responsabilité individuelle pour éviter les moments de convivialité débridés avant les fêtes. On reste assez largement dans le recours à la méthode Coué en espérant secrètement que la nouvelle vague s'aplatira d'elle-même ou presque. Mais ne nous leurrons pas, c'est un peu la même chose ailleurs et personne n'a de baguette magique. Aux Etats-Unis, on déconseille officiellement depuis cette nuit les voyages vers la France et le Portugal. On avance les vacances de Noël en Belgique. On interdit les feux d'artifice en Allemagne tandis qu'en Norvège, une jauge a été réinstaurée pour les événements privés.

Pour les marchés financiers, la question sera surtout de savoir si le balancier peut rester en suspension du bon côté jusqu'aux importantes échéances de la semaine prochaine. En d'autres termes, si les remous causés par le coronavirus sont classés dans la catégorie "gérables et passagers" ou si la narration prend à nouveau un tour plus sombre. Quand je parle d'échéances importantes, j'évoque les dernières décisions de politique monétaire de l'année pour les banques centrales américaine et européenne, prévues respectivement les 15 et 16 décembre. Les deux institutions doivent communiquer sur l'allègement de leurs dispositifs respectifs de soutien à l'économie. Les investisseurs guettent une éventuelle inflexion de langage de Jerome Powell ou Christine Lagarde à cause du "péril grec", j'entends par là la propagation de Delta et l'irruption d'Omicron. Cela changera-t-il la donne monétaire ? On sait que les marchés aiment être chouchoutés par les banques centrales et leurs déversements de liquidités. Tout signal laissant penser que la Fed (et dans une moindre mesure la BCE) est prête à temporiser serait interprété positivement.

Les marchés asiatiques terminent leur journée sur des notes positives, après la hausse affichée par Wall Street et ce qui semble, je dis bien semble, être une initiative de Pékin pour mettre un terme aux incertitudes entourant le marché immobilier chinois. Parmi les narrations positives hypothétiques de la fin de l'année, le réveil chinois ne serait probablement pas pour déplaire aux investisseurs, qui attendent depuis des mois que l'ancien Empire du Milieu sorte de l'ornière économique.

Le CAC40 gagne 1,3% à 6954 points peu après l'ouverture.

Merci à Jean-Michel Guenassia à qui j'ai chipé le titre.

Les temps forts économiques du jour

Place aujourd'hui à la production industrielle d'octobre (8h00), puis au sondage ZEW de confiance des financiers allemands (11h00). Aux Etats-Unis, le coût unitaire de la main d'œuvre et la productivité (14h30) sont au programme. Ce matin, la Chine a annoncé des chiffres d'import et d'export plus dynamiques que prévu en novembre, tandis que la banque centrale australienne a maintenu le statu quo sur ses taux.

L'euro se négocie presque inchangé à 1,12883 USD. L'once d'or s'endort à 1777 USD. Le baril de pétrole remonte à 73,58 USD le Brent et 70,16 USD le WTI. Le T-Bond est rémunéré 1,45% sur 10 ans. Le bitcoin reprend 1,5% à 51 051 USD ce matin.

Les principaux changements de recommandations

  • ABB : Bernstein démarre le suivi à surperformance en visant 38 CHF.
  • Alstria Office : J.P. Morgan passe de surpondérer à neutre en visant 19,50 EUR.
  • Arkema : J.P. Morgan passe de surperformance à neutre en visant 134 EUR.
  • AstraZeneca : Jefferies passe d'acheter à conserver en visant 9100 GBp.
  • Atlas Copco : Bernstein démarre le suivi à sousperformance en visant 460 SEK.
  • Aveva : Bernstein démarre le suivi à surperformance en visant 4000 GBp.
  • BASF : J.P. Morgan passe de neutre à surpondérer en visant 78 EUR.
  • Covestro : J.P. Morgan passe de souspondérer à neutre en visant 55 EUR.
  • Clariant : J.P. Morgan passe de souspondérer à neutre en visant 18,80 CHF.
  • Dassault Systèmes : Bernstein démarre le suivi à la performance de marché en visant 47 EUR.
  • Epiroc : Bernstein démarre le suivi à la sousperformance en visant 177 SEK.
  • Hexagon : Bernstein démarre le suivi à surperformance en visant 164 SEK.
  • Kion : Bernstein démarre le suivi à la performance de marché en visant 92 EUR.
  • Legrand : Bernstein démarre le suivi à la performance de marché en visant 93 EUR.
  • Naked Wines : Jefferies passe de conserver à acheter en visant 800 GBp.
  • OCI : J.P. Morgan passe de neutre à surpondérer en visant 30 EUR.
  • Pirelli : Exane BNP Paribas passe de neutre à surperformance en visant 7,50 EUR.
  • Schneider Electric : Bernstein démarre le suivi à performance de marché en visant 154 EUR.
  • Siemens AG : Bernstein démarre le suivi à sousperformance en visant 114 EUR.
  • Siemens Energy : Bernstein démarre le suivi à sousperformance en visant 17 EUR.
  • Soitec : Jefferies reste à conserver avec un objectif relevé de 166 à 206 EUR.

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

Dans le monde

Annonces importantes (et autres)

  • Intel veut introduire en bourse Mobileye l'année prochaine.
  • Le conflit entre Herbert Diess, le président du directoire de Volkswagen, et les représentants des salariés au sein des organes de direction du groupe semble résolu et il va probablement rester en poste, selon Reuters.
  • Samsung Electronics chamboule son management.
  • La SEC enquête sur Tesla concernant SolarCity.
  • Des réfugiés rohingyas portent plainte contre Facebook pour 150 milliards de dollars.
  • ABB relève ses objectifs de moyen terme.
  • China Evergrande Group doit accueillir 5 représentants d'entreprises d'Etat sur les 7 membres de son comité de gestion des risques.
  • Le SPAC lié à l'entreprise de médias sociaux de Trump, Digital World Acquisition, fait l'objet d'une enquête réglementaire.
  • SGS acquiert le britannique Quay Pharmaceuticals.
  • Principales publications de résultats : British American Tobacco, Autozone, Ashtead, Derichebourg

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