Le point hebdo de l'investisseur : La fuite vers la qualité

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07/06/2019 | 17:19
Vendredi  7
juin
Le point hebdo de l'investisseur
intro A l'unisson, les grands indices ont nettement rebondi cette semaine, à la faveur des discours accommodants des banquiers centraux, des espoirs de baisse des taux dès cet été aux Etats-Unis et d'accalmie sur le front du commerce. Les récentes statistiques américaines sous les attentes et notamment les données sur l'emploi ont conforté cette anticipation, que la Fed devrait agir sous peu.
Indices

Sur la semaine écoulée, toutes les places financières ont ainsi repris des couleurs, exception faite du Shanghai Composite qui perd encore 2.45% et se retrouve ainsi sur des plus bas de 3 mois. L'Asie a, d'une manière générale nettement sous-performé, avec le Nikkei qui engrange 1.4% et le Hang Seng seulement 0.23%.

En Europe, le CAC40 a gagné 3.4% malgré des banques à contre tendance, le Dax a progressé de 3% et le Footsie de 2.5%. Pour les pays périphériques de la zone euro, le Portugal grimpe de 1.2%, l'Espagne de 2.7%, l'Italie de 3% et la Grèce cède 1.7% (elle avait repris 13.4% la semaine précédente).

Aux Etats-Unis, à l'heure de la rédaction de ce point, le Dow Jones enregistre une performance hebdomadaire de 4.9% avec 5 séances consécutives de hausse. Le S&P500 s'est adjugé 4.7% et le Nasdaq100, 4.2%.
Matières premières

Les marchés pétroliers se stabilisent après les importants dégagements des dernières semaines, toujours minés par la hausse des stocks américains alors que les producteurs US franchissent de nouveaux records à 12,4 mbj. C'est dans ce contexte que les opérateurs se tournent vers l'OPEP+, qui doit décider dans les prochaines semaines de renouveler ou non leur accord de limitation de l'offre. Le Brent et le WTI se négocient respectivement à 62.3 et 53 USD le baril.

L'or a été recherché cette semaine, nettement aidé par son statut de valeur refuge, mais aussi par les perspectives de voir les banques centrales opter pour des politiques de plus en plus accommodantes. L'once d'or s'apprécie de 2.8% à 1342 USD tandis que l'argent progresse de 3% à 15 USD.
Toujours lestés par les tensions commerciales, les métaux de base demeurent sous pression et évoluent à la baisse. Le cuivre et le nickel perdent du terrain à 5805 et 11710 USD. Seul le plomb évolue en territoire positif à 1945 USD.


L'or revient au contact d'une zone de résistance charnière

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Marchés actions

Action Worldline
Depuis le 3 mai dernier, Worldline a intégré le CAC40, au lendemain de la distribution par Atos, de 23.4% de son capital aux actionnaires de la maison mère. La filiale qui s'est introduite en bourse en 2014 a vu, de ce fait, son flottant monter à près de 45%, lui permettant d'espérer rester dans le CAC40 lors de la prochaine révision trimestrielle du Comité Scientifique des Indices.

L'histoire de Worldline débute en 2004, avec le rassemblement des activités monétiques dans une division baptisée Atos Worldline. Après une croissance dynamique aussi bien interne qu'externe, la société apparaît dans les radars des investisseurs qui recherchent des valeurs de croissance. Le chiffre d'affaires connaît, en effet, une pente ascendante, passant de 1.1 milliard d'euros en 2014, à 1.7 milliard en 2018 et devrait même atteindre cette année les 2.3 milliards.
Ces performances se vérifient sur les cours de bourse, le titre engrangeant plus de 250% depuis son premier jour de cotation et enchaînant même 5 années consécutives de hausse, dont 28% pour l'exercice en cours. Le titre fait partie de notre sélection PEA réplicable avec l'abonnement Premium.


Historique du titre Worldline depuis son introduction en 2014

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Marché obligataire

Sur la séquence hebdomadaire, la baisse des rendements reste la règle. Les diverses interventions de la Fed et de la BCE participent à ce mouvement de fond, avec la confirmation de politiques monétaires souples et mesurées. Le résultat ne s'est pas fait attendre sur le marché obligataire où la totalité de la courbe des taux a connu un affaissement. En Europe, le Bund tombe à 0.23%, un record, tout comme l'OAT française (voir graphique) qui a connu une émission à 0.12% alors, qu'en parallèle, la référence à huit ans passe en territoire négatif.
Les mêmes caractéristiques définissent les dettes espagnole à 0.57% et italienne à 2.4%. Le rendement de la dette transalpine connaît une baisse de 200 points de base, malgré les tensions entre Rome et Bruxelles.
Aux Etats-Unis, le TBond revient également sur sa zone basse à 2.12% alors que la Suisse emprunte sur dix ans, avec un taux négatif de -0.53%, idem pour le Japon à -0,12%. La situation des dettes souveraines se veut, par conséquent, historique.


Courbe de rendement de l'OAT

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Le rendement du 10 ans français marque un nouveau plus bas
Marché des changes

Les commentaires du début de semaine d'un membre de la Fed ont pesé sur le dollar et du même coup renforcé la probabilité d'une baisse des taux de la banque centrale. Celle-ci, se situe actuellement à 93.5% pour la réunion du 18 septembre. La monnaie américaine se traite 1.131 contre l'euro. En revanche, elle s'est montrée à l'équilibre face à la livre sterling (1.275 USD).

Mouvementé par le conflit commercial, le renminbi se trouve toujours sous pression face au billet vert à 6.91 CNY. Toujours en Asie, les cambistes ont freiné leurs achats sur le yen, la devise japonaise se traite à 108.30 face au dollar, permettant à ce dernier de rebondir légèrement face à la devise nippone.
De son côté, la banque centrale australienne a baissé ses taux d'un 1/4 de points à 1.2%. Cette décision attendue a donc eu peu d'impact sur l'AUD, qui est resté globalement stable, sauf contre le billet vert (0.70 USD), soit 100 points de progression.
Statistiques économiques

Selon la dernière estimation, l'indice PMI manufacturier de la zone euro se maintient à 47.7. En revanche, l'indice PMI des services a agréablement surpris, à 52.9. L'inflation est retombée au mois de mai, avec un indice de prix à la consommation à 1.2% (en rythme annuel), contre 1.4% attendu. D'après les chiffres révisés, le PIB a bien progressé de 0.4% au premier trimestre. Le taux de chômage a légèrement diminué de mars à avril, passant de 7.7% à 7.6%. Les ventes au détail ont reculé de 0.4% (consensus -0.5%). Enfin, la BCE a laissé ses taux directeurs inchangés (taux refi à 0.00%, facilité de prêt marginal à 0.25%, facilité de dépôt à -0.40%).
La semaine prochaine nous prendrons connaissance de l'indice Sentix de confiance des investisseurs et de la production industrielle.

Aux Etats-Unis, l'indice manufacturier de l'ISM a déçu (à 52.1) mais pas celui des services (à 56.9). Les créations d'emplois ADP sont ressorties à 27K, contre 185K attendu. Le déficit commercial a légèrement diminué, passant de 51.9 milliards de dollars, à 50.8 milliards. Les stocks de pétrole ont atteint 6.8 millions de barils, alors qu'un repli de 1.7 million était prévu. Les demandes hebdomadaires d'allocations chômage sont restées inchangés (218K). Enfin, le rapport sur l'emploi NFP a fait état de 75K créations d'emploi (consensus 177K), d'un salaire horaire en hausse de 0.2% et d'un taux de chômage 3.6%, comme le mois précédent.
L'inflation (IPC et IPP), les ventes au détail et l'indice du Michigan seront dévoilés la semaine prochaine, ainsi que la production industrielle, le taux d'utilisation des capacités de production, et comme chaque semaine, les inscriptions au chômage et les stocks de pétrole brut.
La fuite vers la qualité

Le marché obligataire profite des arbitrages effectués par les investisseurs au profit des actifs plus sécurisés. Cette fuite vers la qualité génère, par conséquent, un univers de taux bas. Certes, ce dernier préserve incontestablement la stabilité du système financier, mais il s'impose aux banques centrales qui doivent gérer avec agilité des politiques monétaires dans un environnement économique délicat.

En effet, la faible croissance mondiale, adossée à une inflation qui a totalement disparu (la numérisation est passée par là!), couplée à un endettement des Etats qui s'alourdit, oblige les banquiers centraux à diriger les taux en territoire négatif.
A ce jour, près de 30% des dettes souveraines des pays riches possèdent des rendements sous le zéro symbolique.
Si le parcours des titres souverains confirme des anticipations récessionnistes chez les investisseurs à plus ou moins long terme, incontestablement l'allègement des charges financières pour tous les acteurs économiques favorise la relance des actifs à risques à court terme.

Patrick Rejaunier
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