Les prix flambent (un peu) moins aux Etats-Unis

12/08/2021 | 09:02

Les sauts de puce indiciels continuent sur les marchés actions, les investisseurs n'y trouvant rien à redire car ils sont toujours orientés dans la bonne direction. Le couperet hebdomadaire, l'inflation américaine de juillet, est tombé hier sans faire de dégâts. Ce matin, je vous parle justement de prix à la consommation, mais aussi de cartel pétrolier, de Wanadoo et même de Lionel Jospin.

Ceux qui espéraient que les chiffres de l'inflation américaine du mois de juillet contribueraient à animer un peu la séance boursière de la veille en ont été pour leurs frais. Mais qui s'en plaindrait, puisque les indices ont en grande majorité poursuivi leur ascension, en empilant inlassablement les records. A tel point que le CAC 40 n'est plus qu'à 1,2 % de son pic absolu datant de près de 21 ans, lorsqu'il avait atteint 6944,77 points en séance le 4 septembre 2000 (je radote mais la version dividendes réinvestis, plus pertinente, est au zénith depuis longtemps). Le 4 septembre 2000, les smartphones d'existaient pas, ni Twitter, ni Facebook, ni Airbnb, pas plus que le navigateur Chrome de Google. C'était l'époque des emails Wanadoo, des modems 56K (l'ADSL venait d'arriver) et d'AOL ou de Yahoo. Un téléphone mobile sur trois vendu dans le monde était un Nokia. La France vivait une cohabitation politique avec Jacques Chirac à la présidence et Lionel Jospin à Matignon et Le Monde titrait "Combien vaut Jean-Marie Messier". Pour couronner le tout, les pièces et billets en euros n'existaient pas encore puisqu'ils ne seront introduits que le 1er janvier 2002. On payait donc encore sa baguette en franc, et bien moins cher avec ça mon pauvre monsieur ! L'euro avait été lancé dès 1999 pour les opérations dématérialisées avec une parité de change de 1,1789 USD.

21 ans après, la paire euro-dollar se négocie non loin de ces niveaux. 1,17413 USD pour 1 EUR ce matin. La monnaie unique a gagné un peu de terrain hier après la publication des chiffres de l'inflation de juillet aux Etats-Unis. Contrairement aux quatre mois précédents, ils n'ont pas explosé les compteurs à la hausse. Les prix poursuivent certes leur ascension, mais de façon plus contenue (5,4% sur un an, quand même). L'inflation "core", qui exclut l'alimentaire et l'énergie, est même un peu moins vigoureuse que prévu. La lecture qui en a été faite par le marché est la suivante : la modération de la hausse des prix réduit les pressions inflationnistes, ce qui permet à la banque centrale américaine de rester accommodante jusqu'à ce que la menace de la pandémie sur le marché de l'emploi et sur l'économie disparaisse. Dans une certaine mesure, c'était la statistique parfaite pour anesthésier les craintes récentes. Compte tenu de la période, les données d'août ne devraient pas poser de problèmes non plus et les économistes se tourneront probablement vers celles de septembre pour obtenir confirmation que le pic d'inflation est passé.

Pour en finir avec les chiffres de l'évolution des prix à la consommation aux Etats-Unis, la hausse la plus forte entre le mois de juin et le mois de juillet concernait l'essence (+2,4% sur un mois, +41,8% sur un an). Une tendance qui ne plaît pas à Washington, qui l'a fait savoir à l'Opep par la voix du conseiller américain à la Sécurité nationale Jake Sullivan, qui a accusé hier le cartel de maintenir artificiellement les cours à haut niveau. Comme Jake n'est pas un perdreau de l'année, il sait pertinemment que c'est la raison d'être de l'Opep, la seule organisation avec pignon sur rue qui peut, à ma connaissance, se vanter de manipuler les prix sans être inquiétée. Mais c'est un message envoyé par l'administration Biden. Lors de l'annonce, les cours ont flanché, mais seulement brièvement. Il faudra peut-être que le président américain porte lui-même la bonne parole pour que les grands pays producteurs réagissent. La position politique de Biden est compliquée sur le sujet, puisqu'il prône la transition énergétique et pressurise (un peu) son industrie pétrolière d'un côté, et veut de l'autre des prix bas sur l'essence.

Retour à la microéconomie. J'écris depuis quelques jours que les publications trimestrielles des sociétés sont quasiment terminées. C'est plutôt vrai – je ne dis pas que des âneries - mais la séance du jour est là pour rappeler qu'il y a encore quelques grands noms parmi les retardataires, notamment Walt Disney, Deutsche Telekom, Airbnb, Orsted, Henkel ou Zurich Insurance. Il faut toutefois noter que le marché français fait honneur à sa réputation de vide sidéral à la mi-août, puisqu'il ne se passe quasiment rien dans l'actualité des sociétés hexagonales.

Le CAC40 a démarré la séance non loin de l'équilibre à 6858 points.

Les temps forts économiques du jour

En Europe, le PIB britannique du T2 (8h00 : +4,8% T/T, comme prévu) et la production industrielle (11h00) occuperont la matinée, avant à 14h30 aux Etats-Unis les prix à la production et les inscriptions hebdomadaires au chômage.

L'euro a grignoté un peu de terrain à 1,17413 USD. L'once d'or remonte en direction de 1750 USD. Le pétrole est relativement stable, à 71,55 USD le baril de Brent de mer du Nord et à 69,36 USD le baril de brut léger américain WTI. La dette américaine est rémunérée 1,33% sur 10 ans et la dette allemande -0,47%. Le Bitcoin évolue légèrement au-dessus de 46 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • ABN Amro : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 9,30 à 11,50 EUR.
  • Accor : Citigroup passe de neutre à achat en visant 38 EUR.
  • Ahold Delhaize : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 24 à 25 EUR.
  • Atlantia : Société Générale reprend le suivi à l'achat en visant 18,10 EUR.
  • Cofinimmo : Barclays passe de souspondérer à surpondérer en visant 148 EUR.
  • CompuGroup : Jefferies démarre le suivi à l'achat en visant 89 EUR.
  • Dufry : Morgan Stanley reprend le suivi à pondération en ligne en visant 55 CHF.
  • Elementis : Morgan Stanley passe de surpondérer à pondération en ligne en visant 161 GBp.
  • Elis : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 17 à 18 EUR.
  • Hannover Rück : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 180 à 185 EUR.
  • Interroll : Jefferies reste à conserver avec un objectif relevé de 3450 à 3700 CHF.
  • Leroy Seafood : SEB Equities passe de conserver à acheter en visant 95 NOK.
  • Merck KGaA : AlphaValue passe d'alléger à accumuler en visant 205 EUR.
  • NatWest : Investec passe de conserver à vendre en visant 200 GBp.
  • Porsche : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 75 à 93 EUR.
  • Royal Vopak : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 52 à 42 EUR.
  • Stillfront : Berenberg reste acheteur avec un objectif relevé de 78 à 110 SEK.
  • Uniper : Goldman Sachs reste à vendre avec un objectif relevé de 23,50 à 27 EUR.
  • Vestas : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 285 à 280 DKK.

En France

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  • Altarea remporte l'appel à projet pour la cession du domaine de Grignon.
  • Valneva initie un essai de phase III complémentaire pour son candidat vaccin contre la Covid-19, en vue de générer des données chez les personnes âgées et d'évaluer un candidat vaccin contre un variant du SARS-CoV-2.
  • Neoen finance ses futures centrales irlandaises.
  • Visiomed a publié ses comptes.

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