Mauvaise nouvelle ? Bonne nouvelle !

29/07/2022 | 09:02

Dernire sance boursire d'une semaine surcharge en rsultats d'entreprises et en donnes macroconomiques. Hier, un PIB amricain faiblard a entran un rebond des indices, pour les raisons que je vais dtailler juste en-dessous. En soire, les rsultats d'Apple et Amazon, sans tre flamboyants, permettent aux indicateurs avancs de s'ancrer fermement dans le vert.

Vus de l'extérieur, certains mécanismes qui animent le marché boursier peuvent sembler complètement insanes. Je tiens à préciser que ce mot existe bel et bien en français et que c'est le même que celui que le jeune collègue qui est généralement assis à ma gauche prononce à l'anglosaxonne à longueur de journée. Mais force est de constater que le terme claque un peu plus à l'anglaise. Les marchés paraissent parfois insanes donc, ou absurdes si vous préférez; nous en avons eu une illustration caractéristique hier à l'annonce du PIB américain du second trimestre. L'économie américaine s'est contractée sur la période, ce qui constitue a priori une mauvaise nouvelle. D'autant plus que c'était déjà le cas lors du précédent trimestre, ce qui caractérise une récession selon certains critères communément admis.

L'économie américaine patine donc, ce qui a provoqué un bond des indices actions. C'est là qu'est l'os, parce que la relation n'est pas forcément intuitive. L'explication est toutefois assez simple : les investisseurs pensent que cela pourrait forcer la banque centrale américaine à mettre la pédale douce sur ses relèvement de taux. Donc à laisser un peu plus d'argent en circulation que ce qui était redouté. Je l'écris assez souvent, l'abondance de liquidités a été ces dernières années l'un des moteurs principaux de la fusée boursière, en particulier sur les actifs à risque. Par conséquent, les investisseurs adorent imaginer que la Fed va être contrainte de redevenir la colombe qu'elle a été pendant la dernière décennie. Si toutefois la banque centrale triomphe de l'inflation, puisqu'on sait que le cocktail hausse des prix incontrôlée et stase économique aboutit à la stagflation. La stagflation, c'est presque les plus gros mots qu'un économiste moderne peut prononcer.

La Bourse, c'est aussi une part de narration, de catalyseurs et (parfois) de magie. Or le récit de juillet, hors contexte macroéconomique précité, réserve quelques belles histoires, comme les résultats d'Apple et Amazon hier soir. L'action de l'envahissante marque à la pomme gagnait 3% hors séance après les chiffres, tandis que celle du non moins envahissant bazar en ligne s'envolait de 13%. En réalité les chiffres d'Apple ne sont pas bons en données absolue (les ventes sont en croissance famélique et les résultats baissent) mais ils sont valables en données relatives, c’est-à-dire par rapport à ce qui était attendu. Et Tim Cook a abattu sa carte majeure en conférence téléphonique : la pression sur la chaîne d'approvisionnement a tendance à se réduire. Je traitais Amazon de bazar en ligne, mais ce n'est pas le site marchand de la société qui lui permet de mettre du beurre dans les épinards. C'est toujours à sa division de centre de données AWS qu'échoit la mission de générer des bénéfices : 5,7 Mds$ alors que le commerce en ligne est déficitaire de 2,4 Mds$. La forte dynamique d'AWS fait le bonheur des investisseurs. Les résultats de ces deux entreprises emblématiques viennent servir de catalyseur aux indices, pas parce qu'ils sont impressionnants mais parce qu'ils promettent des lendemains plus favorables.

Et puis il y a la part de magie. Et là je ne parle ni de fées, ni d'elfes ni d'influenceurs crypto, mais des relèvements d'objectifs qui fleurissent un peu partout en dépit du contexte économique. J'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre les dynamiques à l'œuvre dans certains secteurs. Imaginez un début de matinée durant lequel Air France-KLM annoncerait gagner de l'argent et Renault relèverait ses objectifs. Et bien c'est arrivé près de chez vous pas plus tard que ce matin. Il y a bien sûr encore beaucoup d'autres annonces de résultats aujourd'hui, dont vous trouverez une liste non-exhaustive un peu plus bas.

Dans le reste de l'actualité, la discussion téléphonique qui a eu lieu hier entre Joe Biden et Xi Jinping n'a pas apporté beaucoup d'éléments nouveaux, en tout cas rien sur le front des barrières douanières. Il y aura une grosse série de statistiques macroéconomiques américaines cet après-midi, après une séance tout aussi intéressante en Europe, avec la publications des PIB des principales économies, dont l'Allemagne et la France (dont la croissance au T2 a dépassé les attentes à 0,5%), puis les chiffres préliminaires de l'inflation de juillet à 11h00.

Seul bémol ce matin, la morosité sur le marché chinois, notamment à Hong Kong où le décrochage des valeurs technologiques fait baisser le Hang Seng de plus de 2%. Ailleurs en Asie Pacifique, le Japon n'a pas pris le sillage de Wall Street et rend quelques points. En Australie, l'ASX 200 reprend en revanche plus de 1%. Les indicateurs avancés américains et européens sont haussiers. Le CAC40 gagne 1% à 6400 points à l'ouverture.

Les temps forts économiques du jour

Au programme de ce vendredi l'indice des prix à la consommation français de juillet (8h45) puis le PIB allemand du T2 (10h00) et l'inflation de la zone euro en juillet (11h00). Aux Etats-Unis, l'inflation PCE et les revenus & dépenses des ménages sont pour 14h30n avant à 15h45 l'indice PMI de Chicago et à 16h00 l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan. Tout l'agenda macro ici.

L'euro se négocie 1,0219 USD. L'once d'or poursuit sa remontée à 1763 USD. Le pétrole est ferme, avec un Brent de Mer du Nord à 107 USD le baril et un brut léger américain WTI à 96,70 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans a reculé à 2,66%. Le bitcoin flirte à nouveau avec les 24 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • Air Liquide : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 160 à 140 EUR.
  • Alten : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 175 à 168 EUR.
  • Anglo American : RBC passe de performance sectorielle à surperformance en visant 3400 GBp.
  • Antofagasta : RBC passe de sous performance à performance sectorielle en visant 1000 GBp.
  • Boliden : RBC passe de performance sectorielle à surperformance en visant 345 SEK.
  • Danone : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 52 à 53 EUR.
  • Electricité de France : J.P. Morgan passe de surpondérer à neutre en visant 12 EUR.
  • Givaudan : Research Partners passe de conserver à acheter en visant 4000 CHF.
  • Hapag-Lloyd : HSBC passe d'alléger à conserver en visant 300 EUR.
  • Maisons du Monde : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 21 à 20 EUR.
  • Nemetschek : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 90 à 69 EUR.
  • Nestlé : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 128 à 130 CHF.
  • Philips : HSBC passe d'acheter à conserver en visant 20 EUR.
  • Lonza : RBC reste à surperformance avec un objectif de cours relevé de 650 à 670 CHF.
  • Segro : Jefferies passe de conserver a acheté en visant 1175 GBp.
  • Solvay : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 135 à 125 EUR.
  • STMicroelectronics : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 35 à 37 EUR.
  • UCB : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 111 à 105 EUR.
  • Vestas : HSBC passe d'alléger à conserver en visant 190 DKK.

En France

Résultats des sociétés (les synthèses sont de simples constatations, pas des indications suffisamment précises pour juger de l'évolution future des actions) : 

  • Air France-KLM : La compagnie aérienne est bénéficiaire au T1 fiscal.
  • Amundi : Le gérant d'actifs a subi une contraction de 30% au S1, tandis que ses encours sous gestion ont baissé de 139 Mds€ sur fond de baisse des marchés financiers.
  • Arkema : Le chimiste relève ses prévisions de croissance de l'EBITDA pour 2022.
  • BNP Paribas : La banque a publié un bénéfice net en hausse de 9,1% au deuxième trimestre, à 3,18 Mds€, plus élevé que prévu.
  • Capgemini : Le groupe de conseil et de services relève ses prévisions 2022.
  • Engie : L'énergéticien a publié des résultats en forte hausse au titre du premier semestre 2022, marqués par des prix de l'énergie très élevés sur fond de guerre en Ukraine, et a indiqué avoir nettement réduit son exposition au gaz russe.
  • EssilorLuxottica : Le fabricant des lunettes de soleil Oakley et Ray-Ban a affiché des revenus comparables en hausse de 7% à 6,39 Mds€ au T2.
  • Hermès : Les résultats sont en vive hausse de 40% au S1.
  • L'Oréal : Les résultats sont légèrement supérieurs aux attentes. La croissance organique est plus dynamique que prévu.
  • Legrand : Le groupe revoit à la hausse ses prévisions de ventes pour l'exercice 2022, tandis que son bénéfice semestriel augmente de 14%.
  • Renault : Le Constructeur revoit à la hausse ses prévisions pour l'exercice 2022, suite à la sortie de la Russie.
  • Vinci : Les prévisions annuelles sont confirmées.
  • Vivendi : En marge de ses résultats en hausse, le groupe indique étudier une cotation d'Editis en distribuant sa participation à ses actionnaires.

Annonces importantes (et moins importantes)

Dans le monde

Résultats des sociétés

  • Amazon : L'action s'envole de 13% hors séance après les résultats du T2.
  • AMS-OSRAM : La société renoue avec les bénéfices au premier semestre malgré une légère baisse du chiffre d'affaires.
  • Apple : Le titre gagne 3% hors séance après des résultats bien accueillis.
  • AstraZeneca : Le laboratoire bat les estimations de bénéfices et de revenus pour le T2. Les prévisions sont revues en hausse.
  • ENI : Le bénéfice net du T2, à 3,81 Mds€, est plus élevé que prévu.
  • Intel : Le titre chute lourdement hors séance de 8% après des résultats décevants.
  • International Consolidated Airlines : Le transporteur renoue avec les bénéfices au T2.
  • Signify : Le néerlandais abaisse ses objectifs pour 2022 après une baisse de la marge au deuxième trimestre.
  • Sony : Le groupe japonais affiche une hausse de 9,6% de son bénéfice d'exploitation au T1 fiscal, dépassant ainsi les estimations des analystes.
  • Standard Chartered : Les bénéfices du T2 sont plus élevés que prévu. Un programme de rachat d'actions de 500 M$ est lancé.
  • Sulzer : Le group est en pertes au premier semestre en raison d'une charge de dépréciation sur la sortie de Russie.

Annonces importantes (et moins importantes)

Lectures

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