Nous avons en France d’excellents acteurs du numérique

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22/08/2019 | 11:00
Gérante du fonds Nova Europe
Nous donnons ce mois-ci la parole à Emilie Da Silva, gérante du fonds Nova Europe. Il s’agit du fonds le plus performant de notre sélection sur cinq ans. Emilie Da Silva peut compter sur l’expérience de l’équipe de gestion d’Eiffel Investment Group, société ayant fusionnée avec Alto Invest, spécialiste du capital investissement. Nova Europe constitue en effet le seul fonds d’Eiffel Investment Group investi dans les PME et ETI cotées. Entretien. 

Emilie Da Silva, Nova Europe a gagné près de 90% sur les 5 dernières. Comment expliquer cette belle performance ?
"Nova Europe est un fonds européen, avec moins d’un tiers du fonds investi sur les valeurs françaises, tout en étant éligible au PEA-PME. Notre territoire d’investissement est constitué des sociétés européennes dont la capitalisation boursière se situe entre 150 millions d’euros et 6 milliards d’euros, soit environ 4000 valeurs, dont la moitié n’est pas couverte, ou très mal couverte, par les analystes. La capacité à sélectionner les valeurs parmi ce vaste univers explique une bonne partie de notre surperformance au sein de la classe d’actifs que constitue les PME et ETI cotées, reconnues pour leur capacité à croitre fortement et durablement. Pour sélectionner une quarantaine de sociétés dans cet univers, Nova Europe s’appuie sur une équipe d’une dizaine de professionnels du capital investissement qui sillonne l’Europe, à la recherche de sociétés innovantes et positionnées sur trois grandes tendances : la technologie, l’industrie innovante, et les sciences de la vie. Sur ce dernier thème, l’équipe comprend un médecin qui apporte son regard expert. Nous investissons sur le moyen-long terme, avec un arbitrage du portefeuille de l’ordre de 20% par an et une durée de détention moyenne des sociétés de près de trois ans. La qualité des sociétés et la diversité géographique et sectorielle des sociétés dans lesquelles nous investissons nous ont permis de bien résister en 2018. A l’image d’Esker qui, malgré des multiples élevés, peut compter sur son modèle vertueux, son internationalisation et son positionnement porteur pour traverser les périodes plus difficiles."

Les petites valeurs sont à la peine en France, notamment du fait de la décollecte des investisseurs institutionnels. Observez-vous le même phénomène ailleurs en Europe ?
"Les situations sont différentes selon les pays. Le phénomène de décollecte est surtout marqué en France. Dans les pays nordiques, les investisseurs se concentrent autour des particuliers et d’institutionnels ayant une stratégie d’investissement dans la durée. En Allemagne, le biais sectoriel a beaucoup joué, avec un grand nombre de sociétés directement impactées par les bouleversements du secteur automobiles et la guerre commerciale, comme l’industrie lourde ou les semi-conducteurs. En Italie, les incertitudes politiques pèsent, et en même temps les introductions en Bourse sont nombreuses, favorisées par le succès du lancement en 2017 du PIR, sorte de PEA-PME italien. Dans ce contexte varié, notre approche consiste à rester concentré sur les fondamentaux des sociétés, en donnant la priorité à leur capacité d’innovation et d’internationalisation, et en veillant à bien diversifier nos investissements."

Eiffel Investment Group est une société de gestion qui investit essentiellement dans les sociétés non cotées. La Bourse est-elle encore attractive pour les PME et ETI ?
"Les sorties de cote sont effectivement assez nombreuses, et cela devrait continuer, car les flux et les valorisations sont aujourd’hui en faveur du non coté, et que la cote reste riche en PME et ETI de qualité qui ne nous paraissent pas valorisées à leur juste valeur. Cependant, Euronext reste une place riche et attractive, où les contraintes réglementaires ne sont pas plus importantes qu’ailleurs. Les flux finiront par revenir vers la Bourse car les fondamentaux des sociétés sont bons."

Pouvez-vous nous parler d'une valeur française à fort potentiel, entrée récemment en portefeuille ?
"Le numérique français est d’une qualité incroyable. Nous sommes positionnés sur les ESN et éditeurs de logiciels comme Aubay, Esker, Sword, Wavestone ou encore Infotel. Plus récemment, nous avons initié Bigben Interactive en portefeuille. Ce dossier bien connu de nos équipes a opéré un virage stratégique en se tournant vers les studios de jeux vidéo. Il vient d’ailleurs de réaliser l’acquisition d’un studio. Cette stratégie lui permettra d’intégrer plus de valeur, avec un positionnement sur un type de jeux particulièrement intéressant. Nous sommes convaincus que le groupe devrait grandement se rapprocher du profil d’éditeur de jeux vidéo d’ici 3 à 5 ans, que ce soit en termes de croissance ou de profitabilité."

Pourcentage de détention du capital par les fonds Eiffel IG au 16/08/19.
Aubay : 0,33% du capital détenu.
Esker : 0,29% du capital détenu.
Sword: 0,40% du capital détenu.
Wavestone : 0,20% du capital détenu.
Infotel : 0,49% du capital détenu.
Bigben Interactive : 0,41% du capital détenu.
 
Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Le FCP NOVA Europe est un fonds "actions". En conséquence, il est soumis aux évolutions et aux aléas des marchés actions. Le capital investi peut ne pas être restitué. La souscription de ce produit s'adresse donc à des personnes acceptant de prendre des risques. Les opinions exprimées dans ce document n'ont pas le statut de recherche indépendante.

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Raphaël Girault
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