Petit manque d'énergie sur le marché

12/08/2022 | 09:05

Depuis mercredi après-midi, les investisseurs pensaient que la fin de semaine serait tout feu, tout flamme pour les actions. Mais les belles promesses ont fait un flop hier, peut-être parce que les indices ont déjà pas mal rebondi depuis le début de l'été. Il reste cette séance de vendredi pour infirmer ou confirmer les tendances récentes, dans une actualité plutôt calme, assez caractéristique du milieu du mois d'août.

Les indices sont partis un peu dans tous les sens hier, avec quelques gains modestes, par exemple pour le CAC40 français (+0,33%) et le Dow Jones américain (+0,08%), et des replis contenus, là on peut citer le DAX allemand (-0,05%) et le S&P500 américain (-0,07%). Le Nasdaq 100, qui avait bondi de 2,85% la veille et à qui l'on promettait une trajectoire haussière après la bonne surprise sur l'inflation tombée mercredi, est finalement retombé de 0,65%.

Tout cela est un peu confus. Aux Etats-Unis et par ricochet sur le reste de la planète finance, les investisseurs ont été rassurés mercredi de constater que la hausse des prix à la consommation a commencé à s'atténuer en juillet, mais ils sont restés circonspects hier devant le net reflux des prix à la production sur la même période. A priori, la nouvelle aurait dû être plutôt bien accueillie comme une confirmation que la surchauffe des coûts est en train de s'atténuer, mais il n'en a rien été et les financiers ont semblé plutôt y voir un signe que la dynamique économique se grippe. Un gérant a dit assez justement à propos de cette première combinaison de statistiques plus favorables qu'une hirondelle ne fait pas le printemps et il a sans doute raison. Le rythme auquel l'inflation décroît sera un marqueur important de la politique monétaire de la Fed dans les mois à venir. Une problématique en chasse une autre, en somme.

Je fais un focus ce matin sur le CAC40, parce qu'il s'est passé hier un événement assez rare qui a tiré vers le bas l'indice pendant une partie de la séance. L’action Sanofi, que l'on peut habituellement classer parmi les forces tranquilles de l'indice, a perdu jusqu'à 13%, dans le sillage d'une séance déjà très compliquée la veille (-8%). Il y a eu une sorte d'emballement spéculatif à l'approche de l'ouverture d'un procès aux Etats-Unis concernant le Zantac, un traitement en vente libre pour les brûlures d'estomac, retiré de la vente en 2019 après la découverte de traces d'un cancérogène potentiel. Je ne referai pas l'histoire du dossier ni le risque, qui sont bien documentés chez Sanofi et chez GSK, deux des laboratoires mis en cause (voir notamment ici page 258 du document d'enregistrement universel 2021 pour les explications de Sanofi et là pour les dernières nouvelles).

Cet événement me donne l'occasion de rappeler que le comportement d'une seule action ou d'un groupe d'actions peut peser lourdement sur la performance de tout un indice. On sait par exemple que les GAFAM peuvent déplacer le Nasdaq ou le S&P500 ou que le luxe a le même pouvoir sur le CAC40, puisque les "KOHL" (Kering, L'Oréal, Hermès, LVMH) pèsent entre 20 et 25% de l'indice. Le cas qui nous intéresse concerne une seule action. Sanofi a réduit ses pertes à 3,3% en clôture, ce qui a permis au CAC40 de terminer en hausse. Mais pendant la séance, l'indice français fermait la marche européenne à cause du laboratoire.

L'importance d'une action pour les variations du CAC40 dépend de son poids boursier, en l'occurrence la capitalisation flottante, et des volumes échangés. La capitalisation flottante correspond à la part du capital qui est théoriquement disponible aux négociations. Par exemple pour LVMH, c'est 50% de la capitalisation globale parce que le reste est aux mains de la famille Arnault. Concernant Sanofi, la capitalisation flottante atteint 90% de la capitalisation réelle, parce qu'il n'y a pas d'actionnaire de référence. On retire juste la part résiduelle que détient L'Oréal (9,34%) et on arrondit. Pour mémoire, le groupe de cosmétiques est présent au capital depuis qu'il a apporté Synthélabo à Sanofi en 1999. Si l'on combine la capitalisation flottante et les volumes, Sanofi est en moyenne la 3e société qui a le plus gros impact sur les variations du CAC40. Derrière LVMH et TotalEnergies, mais devant L'Oréal justement, Airbus et BNP Paribas. On comprend ainsi aisément qu'une baisse de 12% d'un tel titre en séance est un problème pour la performance globale, même si la forte hausse de TotalEnergies hier (+3%) a largement contribué à anesthésier l'impact Sanofi.

Vendredi de mi-août oblige, l'actualité des sociétés est plutôt clairsemée ce matin, si l'on fait exception bien sûr de Sanofi et de GSK qui s'emploient à minimiser l'impact de l'affaire Zantac. Le fournisseur de matériel pour le secteur de la recherche biotechnologique Illumina sombre de 17% hors séance à Wall Street après avoir revu en baisse ses prévisions. Les prix de l'énergie européens ont atteint hier de nouveaux pics qui n'augurent rien de bon pour la suite. Sur le marché pétrolier, le Brent remonte en direction des 100 USD le baril.

En Asie Pacifique, Tokyo s'offre une envolée de 2,3% pour finir la semaine. Le marché japonais était fermé hier et n'avait donc pas pu répliquer la vive hausse de Wall Street remontant à mercredi. C'est désormais compensé. Ailleurs, la Corée, l'Inde et la Chine évoluent autour de l'équilibre en fin de parcours. A Sydney, l'ASX 200 perd en revanche 0,7%, pénalisé par la quasi-totalité des secteurs, hormis l'énergie qui bénéficie de la remontée des cours pétroliers. Les indicateurs avancés européens signalent pour l'instant un début de séance proche de l'équilibre. Les "futures" américains sont un peu mieux orientés pour le moment, mais il peut se passer pas mal de choses d'ici le début d'après-midi. Le CAC40 a démarré la séance en hausse de 0,14% à 6554 points.

Les temps forts économiques du jour

La production industrielle européenne de juin (11h00) et l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan (16h00) clôtureront la semaine des indicateurs macroéconomiques. Tout l'agenda macro ici.

L'euro poursuit son ascension, en accrochant 1,03 USD. L'once d'or reste dans sa zone récente à 1791 USD. Le pétrole remonte, avec un Brent de Mer du Nord à 99,09 USD le baril et un brut léger américain WTI à 93,87 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans remonte à 2,85%. Le bitcoin évolue autour de 24 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • Aegon : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 6 à 6,20 EUR.
  • Alcon : Société Générale passe d'acheter à conserver en visant 73,60 CHF.
  • Antofagasta : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 1600 à 1500 GBp.
  • Dufry : Goldman Sachs reprend le suivi à neutre en visant 44 CHF.
  • Enagas : Berenberg reste à conserver avec un objectif pour réduit de 22 à 19 EUR.
  • Equinor : Santander passe de neutre à sousperformance en visant 270 NOK.
  • Eutelsat : J.P. Morgan passe de neutre à souspondérer en visant 8 EUR.
  • Evonik : Goldman Sachs reste à la vente avec un objectif relevé de 20,90 à 21,20 EUR.
  • Fresenius : HSBC passe de conserver à acheter en visant 35 EUR.
  • GFT Technologies : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 48 à 46 EUR.
  • Mowi : Exane BNP Paribas passe de surperformance à neutre en visant 240 NOK.
  • Nel : Panmure Gordon passe d'acheter à conserver en visant 16,50 NOK.
  • Novozymes : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 555 à 540 DKK.
  • Sanofi : Deutsche Bank passe de vendre à conserver en visant 90 EUR.
  • SMA Solar : Jefferies passe de sous performance à conserver en visant 52 EUR.
  • Sodexo : Exane BNP Paribas passe de neutre à surperformance en visant 90 EUR.
  • Synlab : J.P. Morgan reste neutre avec un objectif de cours réduit de 17,40 à 17,10 EUR.
  • Telenet : Goldman Sachs reprend le suivi à neutre en visant 16,50 EUR.
  • TF1 : Barclays passe de pondération en ligne à souspondérer en visant 6,50 EUR.
  • ThyssenKrupp : Jefferies reste à l'achat avec un objectif relevé de 12,15 à 13,80 EUR.
  • UPM : Jefferies passe de conserver à acheter en visant 37,25 EUR.
  • Vestas : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 165 à 205 DKK.
  • Zurich Insurance : J.P. Morgan reste à surpondérer avec un objectif de cours relevé de 550 à 560 CHF.

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

  • GSK et Sanofi n'ont trouvé aucune preuve clinique que le médicament contre les brûlures d'estomac provoque le cancer, en réponse à la chute des actions en bourse.
  • Electricité de France devrait vendre le réseau de gaz de Madrid, MRG, codétenu par sa filiale EDF Invest, a appris Reuters.
  • Enogia un contrat de 6,5 M€ pour la fourniture de modules ORC et services associés en Allemagne.
  • Delta Drone International (dont Delta Drone est actionnaire) signe un contrat en Afrique du Sud.
  • Innelec a publié ses comptes.

Dans le monde

Annonces importantes (et moins importantes)

  • Softbank enregistre une plus-value de 34,1 Mds$ sur la cession de ses actions Alibaba.
  • L'actionnaire de HSBC, Ping An, insiste pour scinder les activités asiatiques
  • Shell interrompt la production sur trois plates-formes du Golfe du Mexique suite à une fuite de pétrole.
  • Illumina perd 17% hors séance après avoir réduit ses prévisions.
  • Novartis confirme deux décès liés à sa thérapie génique Zolgensma.
  • Rivian perd 2% hors séance après avoir creusé ses pertes.
  • Johnson & Johnson cessera de vendre de la poudre pour bébé à base de talc dans le monde en 2023.
  • BP Plc et Bunge s'apprêtent à céder leurs activités liées au sucre et à l'éthanol au Brésil.
  • L'investisseur activiste ValueAct prend une participation de 7% dans The New York Times.
  • Principales publications du jour : China Mobile, Recruit, Flutter, Knorr-Bremse, Lotus BakeriesTout l'agenda ici.

Lectures

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