Prêt pour le monde d'après ?

13/01/2022 | 09:03

Les marchés financiers ont accueilli hier avec flegme les chiffres de l'inflation américaine galopante du mois de décembre - +7% sur un an – même s'ils ont l'air synonymes de confirmation d'un cycle de resserrement monétaire rapide. Dans le même temps, le monde commence à s'interroger sur la nouvelle phase dans laquelle le coronavirus semble être entré. Quelques réflexions à ce propos, en lien avec l'économie et les marchés financiers.

On a souvent évoqué "le monde d'après" dès le début de la pandémie, comme si l'Humanité devait absolument réviser ses plans face à un événement inédit depuis plusieurs décennies. Sans aller jusqu'à partager le sentiment de Michel Houellebecq, il ne s'est pas passé grand-chose de vraiment transcendant depuis. Sur les marchés financiers presque moins qu'ailleurs, puisque les remous ont été brefs et que les indices actions ont rapidement repris leur ascension, comme décorrélés des angoisses profondes du Monde.

Le coronavirus est-il en train de passer du stade pandémique au stade endémique ? La réponse à cette question est fondamentale parce qu'elle revient à se demander s'il faut supprimer la plupart des restrictions en cours pour vivre avec la maladie, comme avec la grippe ou la gastroentérite. Des pays occidentaux sont en train de se la poser du bout des lèvres. L'Espagne par exemple, sur la foi des dernières données de pharmacovigilance dont elle dispose. Le pays a enregistré près de 700 000 contaminations en sept jours et 13,4% de lits d'hôpitaux utilisés pour des patients Covid. L'année dernière à la même époque, les chiffres étaient respectivement de 115 000 et 13,8%. Sur la base de ces statistiques, qui s'accompagnent d'une mortalité moindre, le gouvernement espagnol a interpelé l'UE pour lancer une réflexion sur le changement de statut du Covid-19. Dans d'autres pays, cette question est aussi en train d'envahir l'espace médiatique.

Le curseur de l'acceptabilité des dégâts de la pandémie s'est considérablement déplacé depuis mars 2020. Pour le politique, il s'est très tôt agi de faire en sorte que le système de santé ne soit pas totalement submergé. Les gouvernements avaient tous en tête les images des hôpitaux italiens encombrés de malades sans soins et des carabinieri triant les patients. Pour la population, le marqueur initial était d'avoir le moins de décès possible. Deux ans plus tard, les priorités ont changé, les grands élans lyriques en faveur d'un monde meilleur n'ont pas pesé bien lourd en face des promos du Black Friday et la lassitude a gagné la population. Au final et en dépit des apparences, les lignes de tolérance des gouvernants et des populations sont peut-être en train de converger : accepter la maladie si elle n'est pas trop virulente ni trop létale et si le système de santé est en capacité de l'absorber peut constituer une forme de compromis, en échange d'un retour à la liberté.

Pour les investisseurs, qui sont focalisés en ce moment sur les mimiques et le vocabulaire de Jerome Powell, la différence est de taille. Dans l'un des cas, ils peuvent se projeter dans un monde post-covid. Dans l'autre pas. Dans la première situation, les Compagnies aériennes et l'Hébergement risquent d'être plus à la mode que la Santé, pour grossir le trait. Dans la seconde, l'entre-deux actuel risque de persister jusqu'à ce que la vague suivante rassure ou épouvante tout le monde. Est-ce vraiment grave me direz-vous, puisque les marchés financiers sont devenus capables d'évoluer dans toutes sortes d'environnements en gardant un profil haussier ? Franchement, je n'en sais rien, mais j'ai quand même l'impression que la Société dans son ensemble a grand besoin de passer à autre chose.

Pour revenir à des considérations plus terre-à-terre, le CAC40 perd 0,29% à 7216 points peu après l'ouverture, après les légers gains signés par les trois grands indices de Wall Street hier en clôture. L'Asie est plutôt en baisse, hormis en Australie. Les financiers ont l'air de prendre leur parti d'un quatuor de hausse de taux cette année aux Etats-Unis, avec un premier tour de vis en mars. Les réactions des différentes classes d'actifs sont compliquées à interpréter entre elles : les rendements obligataires stagnent, le dollar baisse, l'or monte et le pétrole se renforce.

Les temps forts économiques du jour

Aux Etats-Unis, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage et les prix à la production de décembre sont attendus à 14h30.

L'euro est remonté à 1,144 USD, pendant que l'once d'or poursuit son ascension à 1826 USD. Le pétrole recule légèrement après un coup de chaud, à 84,42 USD le Brent et 82,40 USD le WTI. Le rendement de la dette américaine à dix ans varie peu à 1,74% (+1 point). Le bitcoin flirte avec les 44 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • ABB : Barclays reste à pondération en ligne avec un objectif de cours relevé de 33 à 36 CHF.
  • AMS : Crédit Suisse démarre le suivi à neutre en visant 17,60 CHF.
  • ASM International : Crédit Suisse démarre le suivi à surperformance en visant 490 EUR.
  • Asos : AlphaValue reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 3735 à 3223 GBp.
  • Biocartis : Kepler Cheuvreux passe d'acheter à conserver en visant 4 EUR.
  • Ferrovial : Barclays passe de surpondérer à pondération en ligne en visant 29 EUR.
  • Groupe Berkem : Berenberg démarre le suivi à l'achat en visant 12 EUR.
  • HeidelbergCement : Jefferies reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 65,30 à 64,90 EUR.
  • Henkel : Société Générale passe de vendre à acheter en visant 88 EUR.
  • K+S : Berenberg passe de conserver à acheter en visant 20 EUR.
  • Mears : Jefferies passe de conserver à acheter en visant 275 GBp.
  • Nokia : Handelsbanken passe d'acheter à conserver en visant 6 EUR.
  • OCI : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 31 à 33 EUR.
  • Randstad : J.P. Morgan passe de pondération en ligne à souspondérer en visant 59 EUR.
  • Soitec : Crédit Suisse démarre le suivi à surperformance en visant 304 EUR.
  • Stellantis : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 22 à 25 EUR.
  • STMicroelectronics : Crédit Suisse reprend le suivi à surperformance en visant 60 EUR.
  • Swiss Life : Julius Bär relève son objectif de 570 à 650 CHF.
  • Umicore : Jefferies reste à sousperformance avec un objectif de cours réduit de 33 à 25 EUR.
  • Vinci : Barclays passe de pondération en ligne à surpondérer en visant 113 EUR.
  • Yara : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 495 à 500 NOK.

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

  • Vinci va exploiter sept aéroports au Brésil.
  • Airbus renouvelle son contrat-cadre avec Safran et Sonovision.
  • IBM et Capgemini collaborent dans les technologies quantiques.
  • Cyril Malargé prend la direction générale de Sopra Steria, qui relève ses prévisions.
  • Vallourec annonce une interruption provisoire de l'exploitation de sa mine de fer de Pau Branco suite aux pluies exceptionnelles dans cette région du Brésil.
  • SCOR et le fonds de pension suédois Alecta nouent un partenariat stratégique en créant le sidecar Atlas Gotland.
  • Icade émet 500 M€ d'obligations vertes.
  • Derichebourg renouvelle ses positions et poursuit son développement dans la gestion des déchets et la propreté urbaine, en signant neuf contrats pour 350 M€.
  • Vicat développe le premier liant zéro carbone.
  • Sarepta met fin aux accord signés avec Lysogène sur LYS-SAF302.
  • Verimatrix cède ses brevets NFC historiques à Infineon.
  • Abivax prévoit de soumettre les protocoles d'études finales pour la phase III d'ABX464 dans la RCH à l'EMA et la FDA au cours du 1er trimestre 2022.
  • Visiomed engrange plus d'1 M€ de commandes liées au covid.
  • Diagnostic Medical Systems cède sa filiale Wellness.
  • Theradiag signe un accord de distribution avec Biosynex.
  • Ekinops, Fountaine Pajot, SQLI et Société Fermière du Casino Municipal de Cannes ont publié leurs comptes.

Dans le monde

Annonces importantes (et autres)

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