Sommet de l'UE, technoblues et papier toilette

25/03/2021 | 09:06

C'est le printemps, le soleil brille (enfin ici) et l'on ne sait toujours pas à quelle sauce les économies européennes vont être croquées par la troisième vague de coronavirus qui déferle actuellement sur la France, sur l'Allemagne, sur la Belgique, sur l'Italie et ailleurs. Le problème, c'est que tout le monde imaginait, ou espérait secrètement, un retour à la normale au mois d'avril.

Manifestement, cela ne sera pas le cas et cela contrarie les autorités politiques, les prévisions économiques et bien sûr vous et moi. Cela force aussi les spécialistes à revoir leurs copies sur les trajectoires de croissance. On sait que plus la crise dure, plus dure sera la crise, si vous me passez ce jeu de mots un peu trop facile. On sait aussi que cette crise sera suivie d'une forte reprise, c'est rassurant mais les certitudes se font attendre.

Sur les marchés, cette période se traduit par une phase de stagnation et d'attentisme et par la poursuite des arbitrages en défaveur des valeurs technologiques. A l'exception du compartiment des semiconducteurs, parce que les investisseurs ont bien compris que le secteur est au cœur d'un enjeu crucial pour l'avenir, exacerbé par les pénuries actuelles et les tensions est-ouest. La rotation entre les styles "growth" et "value" continue. On peut l'illustrer par le différentiel de performance de 25% entre Apple et JPMorgan Chase depuis le 1er janvier : -7,7% pour le Californien contre +17,6% pour la banque. Sur des échéances plus longues, l'investissement dans Apple écrase toujours tout sur son passage. Mais à court terme, la recherche de la performance passe par des secteurs mal considérés ces dernières années.

Restons dans le domaine technologique avec les acteurs chinois qui sont sévèrement secoués en bourse en Asie ce matin, depuis que la SEC, l'autorité des marchés aux Etats-Unis, a rendu exécutoires les décisions prises par l'administration Trump pour renforcer les exigences de cotation des entreprises non-américaines. Les stars comme Xiaomi, Tencent ou NetEase sont en baisse. Cela ne signifie pas que ces entreprises n'auront plus accès aux marchés ou aux investisseurs américains, mais il faudra qu'elles renforcent leurs procédures de contrôle. Et qu'elles démontrent qu'elles ne sont pas détenues ou contrôlées par une puissance gouvernementale étrangère aux Etats-Unis (coucou la Chine). L'épée de Damoclès n'est pas nouvelle, mais elle est bien réelle à l'heure où Pékin cherche presque ouvertement à récupérer le maximum de données sur les utilisateurs de services numériques.

Hier, c'est plutôt le fret maritime qui a attiré les regards, après l'annonce du blocage accidentel du canal de Suez par un porte-conteneurs. Les photos de l'énorme bâtiment échoué en travers du canal ont fait le tour du monde. L'embouteillage a permis à l'or noir hier de rebondir de 6%, gommant des pertes identiques remontant à la veille. L'incident a remis un coup de projecteur sur les tensions du transport maritime, qui perdurent. Sous le titre "le papier toilette est la prochaine victime probable de la crise mondiale des conteneurs", Fabiana Batista explique avec humour sur Bloomberg que les exportateurs de pâte à papier peinent à trouver des navires pour écouler leur production. L'avertissement vient du patron du brésilien Suzano, qui produit environ le tiers de l'offre mondiale de pâte de bois dur… celle qui sert au papier toilette. Gare à vos fesses, donc.

Plus sérieusement, l'UE démarre aujourd'hui un sommet qui risque de tourner en boucle sur la stratégie vaccinale. Signe d'un réchauffement des relations transatlantiques, Joe Biden sera invité à participer à la visioconférence des 27 en soirée. En parallèle, il y aura suffisamment d'interventions publiques de banquiers centraux aujourd'hui des deux côtés de l'Atlantique pour nous donner à tous des maux de tête.

Le CAC40 perdait 0,5% à 5914 points peu après l'ouverture. 

Les temps forts économiques du jour

Après les indices de confiance des affaires français du mois de mars (8h45), viendront la décision de la Banque nationale suisse sur ses taux (9h30) et la publication de la masse monétaire M3 par la Banque centrale européenne (10h00). Aux États-Unis, place à la dernière estimation du PIB du T4 et aux nouvelles demandes d'allocations chômage hebdomadaires (13h30). Il faut aussi noter que de nombreux banquiers centraux participeront à des événements publics aujourd'hui.

La pression reste forte sur l'euro, à 1,1820 USD ce matin. L'once d'or reste calée sur les 1735 USD. Après son net rebond de la veille, le pétrole se calme, à 60,14 USD le baril WTI et à 63,54 USD le baril de Brent. La dette américaine affiche un rendement de 1,62% sur 10 ans. Le Bitcoin s'échange à 52 500 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • ABB Ltd : J.P. Morgan reste à souspondérer avec un objectif de cours relevé de 24 à 25 CHF.
  • Aegon : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 3,80 à 5 EUR.
  • Aryzta : Baader Helvea reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 1 à 1,40 EUR.
  • Assa Abloy : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 225 à 273 SEK.
  • Auto1 Group : RBC reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 65 à 70 EUR.
  • BNP Paribas : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 64 à 66 EUR.
  • Bureau Veritas : J.P. Morgan passe de neutre à surpondérer en visant 26 EUR.
  • Crédit Agricole : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 13,40 à 13,90 EUR.
  • Encavis : DZ Bank reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 25,10 à 20,50 EUR.
  • EQT : SEB Equities passe de conserver à acheter en visant 300 SEK.
  • ID Logistics : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 188 à 255 EUR.
  • Nordex : AlphaValue passe de vendre à alléger en visant 24,30 EUR.
  • Schindler : J.P. Morgan démarre le suivi est neutre en visant 270 CHF.
  • Siemens Gamesa : Bernstein reprend le suivi à surperformance en visant 38 EUR.
  • Société Générale : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 27 à 30 EUR.
  • SSAB : Goldman Sachs reprend le suivi à l'achat en visant 48 SEK.
  • Vestas : Bernstein reprend le suivi à surperformance en visant 1415 DKK.
  • Vinci : Deutsche Bank reprend le suivi à l'achat en visant 101 EUR.
  • Vitec : Jefferies reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 980 à 1370 GBp.
  • Vodafone : Morgan Stanley reprend le suivi à surpondérer en visant 200 GBp.
  • Voestalpine : Goldman Sachs reprend le suivi à neutre en visant 34 EUR.

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