Stabilité en vue à Wall Street, la Fed en ligne de mire

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17/06/2019 | 13:59
PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue en légère hausse et les Bourses européennes oscillent autour de l'équilibre à mi-séance lundi, à deux jours des décisions de la Réserve fédérale américaine, point d'orgue d'une semaine qui s'annonce dominée par l'actualité des grandes banques centrales.

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais suggèrent une quasi-stabilité pour le Dow Jones, une hausse de 0,1% pour le Standard & Poor's 500 et progression de 0,2% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 gagne 0,21% à 5.379,00 points vers 11h30 GMT. À Francfort, le Dax est pratiquement inchangé et à Londres, le FTSE 100 recule de 0,19%.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 est en baisse de 0,11%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro avance de 0,09% et le Stoxx 600 recule de 0,06%.

La Fed entamera mardi deux jours de débats sur sa politique monétaire, dont elle rendra les conclusions mercredi à 18h00 GMT. La majorité des analystes s'attendent à ce qu'elle ouvre la porte à une prochaine baisse de taux sans aller jusqu'à franchir le pas dès cette semaine.

"Les marchés ont intégré le lancement d'un cycle de baisse des taux dans les prochains trimestres", explique Stephen Gallagher, chef économiste Etats-Unis de Société générale mais "nous ne voyons aucune justification économique à une baisse de taux pour l'instant".

En attendant les décisions du Federal Open Market Committee (FOMC), les marchés seront attentifs aux déclarations en provenance de Sintra, au Portugal, où la Banque centrale européenne (BCE) doit ouvrir en fin de journée son forum annuel, qui s'achèvera mercredi. Les réunions de la Banque d'Angleterre, de la Banque de Norvège et de la Banque du Japon sont également au menu de la semaine.

Les investisseurs suivront aussi jeudi et vendredi le Conseil européen à Bruxelles, la succession de Mario Draghi à la tête de la BCE constituant l'un des enjeux de la répartition des "grands postes" de l'Union, sujet clé de l'ordre du jour pour les chefs d'Etat et de gouvernement.

Dans ce contexte, la prudence risque de limiter la prise de risque au moins jusqu'à mercredi, d'autant que les dossiers chauds des différends commerciaux et des tensions dans le Golfe n'ont guère évolué ces derniers jours.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

VALEURS EN EUROPE

En Europe, le secteur bancaire se distingue à la hausse, son indice Stoxx progressant de 0,67%. Il est tiré entre autres par Deutsche Bank, qui prend 2,12% après les informations sur un projet de "bad bank" susceptible de regrouper quelque 50 milliards d'euros d'actifs.

HSBC (+0,88%) et Standard Chartered (+1,39%) profitent par ailleurs de la hausse des marchés asiatiques après les concessions des autorités de Hong Kong aux opposants à un projet de loi sur les extraditions, même si les manifestations sont appelées à se poursuivre.

Autre hausse notable, celle d'Airbus, qui prend 0,6% après l'ouverture du Salon du Bourget.

A la baisse, le groupe allemand de transport aérien Lufthansa chute de 11,08% et entraîne avec lui plusieurs de ses concurrents après un avertissement sur ses résultats.

Ryanair cède 5,65%, Easyjet 5,30% et Air France-KLM 4,39%.

H&M perd par ailleurs 2,31% après ses ventes trimestrielles, qui ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes sur l'évolution des marges du géant suédois du prêt-à-porter.

TAUX

Les rendements des emprunts d'Etat américains sont repartis à la hausse, de près de deux points de base pour le dix ans à 2,11% et de près de trois points pour le deux ans à 1,88%.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, remonte lui aussi, à -0,244%.

Tous restent néanmoins proches de leurs récents plus bas, atteints sur fond d'anticipation d'un assouplissement des politiques monétaires des deux côtés de l'Atlantique.

En zone euro, le taux d'inflation "à cinq ans dans cinq ans", baromètre très suivi des anticipations d'évolution des prix, a touché un nouveau plus bas historique à 1,1275%.

Dans un entretien au Financial Times, Benoît Coeuré, l'un des membres du directoire de la BCE, n'a pas exclu une baisse de taux si c'est "le meilleur choix", malgré les possibles effets indésirables sur les banques.

CHANGES

Sur le marché des devises, le dollar cède un peu de terrain face à un panier de devises de référence après avoir atteint son plus haut niveau depuis deux semaines à la faveur des indicateurs économiques américains solides publiés vendredi, sur les ventes au détail notamment.

Selon les calculs de Reuters sur la base des chiffres de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), les investisseurs ont réduit leurs positions à la hausse sur le dollar sur la semaine au 11 juin à leur plus bas niveau depuis la semaine au 26 mars.

L'euro remonte légèrement à 1,1215 dollar; il était tombé vendredi à 1,1200 dollar pour la première fois depuis le 3 juin.

PÉTROLE

Les cours du brut reculent après la forte hausse enregistrée sur les deux séances précédentes, le Brent revenant autour de 61,60 dollars le baril tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) se rapproche du seuil des 52 dollars.

MÉTAUX

Les cours du cuivre et d'autres métaux de base sont dans le rouge, pénalisés par les craintes d'un ralentissement de la demande mondiale et la remise en cause du scénario d'une baisse de taux de la Fed dès mercredi.

(Édité par Véronique Tison)

par Marc Angrand

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