TOUR DU MONDE DES INDICES : De l’équilibrisme à l’or bleu

16/10/2020 | 15:15

Cette semaine nous allons revenir sur deux indices qui jouent les équilibristes depuis le début de l’année, comme par exemple le Nikkei 225 qui fait mieux que l’Europe mais reste à l’arrière-plan des Etats-Unis. Dans une tout autre catégorie, nous abordons la thématique de l’eau qui, compte tenu des défis structurels auxquels fait face cette ressource unique, est susceptible d’offrir des opportunités intéressantes aux investisseurs.

Le Nikkei proche de l'équilibre en 2020

Le Nikkei 225 a perdu du terrain cette semaine, après avoir laborieusement gommé ses pertes 2020 la semaine précédente, au prix de sauts de puce depuis le mois d'août. L'indice japonais n'est toutefois pas encore parvenu à renouer avec ses pics 2020, touchés en février / mars juste au-dessus des 24 000 points. Il s'est contenté de 23 410 points à la clôture du vendredi 16 octobre.

Le Nikkei 225 en 2020, mieux que l’Europe, mais en-deçà des Etats-Unis en données brutes

Le dossier le plus prolifique de l'année 2020 sur le Nikkei 225 s'appelle M3, Inc. Largement inconnu du grand public, ce spécialiste mondial de l'information médicale est par exemple propriétaire depuis 2016 du groupe Vidal, bien connu lui des praticiens de santé français. Son cours a progressé de 116% en 2020. CyberAgent (+76%) est son dauphin. Comme ne le suggère pas forcément son patronyme, l'entreprise est un groupe internet multicarte, qui a bien profité de la thématique distanciation physique. Nous en avons parlé dans ce papier dédié aux acteurs de la publicité qui gagnent en bourse en 2020. La troisième marche du podium est occupée par un autre acteur internet, Z Holdings(+66%, l'ex-Yahoo Japan et membre de la "galaxie" Softbank), que nous avions d'ailleurs fait entrer dans notre portefeuille Investisseur Asie fin février dernier, en préparation du choc du coronavirus.

 Le haut du palmarès 2020 du Nikkei 225 est trusté par les sociétés exposées à l'informatique, aux réseaux et au numérique puisqu'on y retrouve aussi NEC, NTT Docomo, Olympus, Softbank, Rakuten ou Fujitsu. Signalons aussi dans le Top 10 les dossiers Yamato Holding (multiservices professionnels), Chugai (pharmacie, filiale de Roche) et Aeon (grande distribution).

 A la baisse, l'industrie a souffert au Japon, à l'image de Mitsui E&S (-58%), Mitsubishi Motors (-53%), Mitsubishi Heavy (-48%) et IHI Corporation (-48%). Mais on retrouve des acteurs des montres (Citizen Watch), de l'optique (Nikon) ou du transport (West Japan Railway) sur des replis de plus de 40%. La plus forte baisse revient à Konica Minolta (-62%).

Au total, l'indice ne compte que 49 hausses pour 176 baisses. Comme on peut le constater dans la "heatmap" qui précède, la principale singularité par rapport à l'Europe est une très bonne tenue des entreprises télécoms, qui ont joué leur rôle amortisseur, alors que c'est très loin d'être le cas partout sur le vieux continent. Sans surprise, la technologie et la santé ont aussi affiché des performances positives en moyenne en 2020. 


Investir dans l’or bleu

Vous avez probablement remarqué que l’affaire Veolia-Suez fait beaucoup parler d’elle dans l’actualité financière du moment. Les deux entreprises ont le point commun d’opérer dans le services des eaux. Or, cette ressource essentielle à toute vie humaine, fait face à plusieurs enjeux comme l’évolution démographique, le changement climatique, l’élevage intensif etc. Par conséquent, les sociétés susceptibles d’apporter des solutions innovantes pour préserver cette ressource finie peuvent constituer des opportunités intéressantes d’investissement. 

Parmi les 17 objectifs du développement durable des Nations-Unies, le sixième vise à assurer un accès à l’eau potable et à son assainissement pour tous. 

L’ONU a établi les constats suivants : 

  • 80 % des eaux usées résultant des activités humaines sont rejetées dans les rivières ou la mer sans aucune dépollution ;
  • Environ 70 % de toute l'eau prélevée dans les rivières et les lacs est utilisée pour l'irrigation ;
  • La pénurie d'eau touche plus de 40 % de la population mondiale.

D’autres faits importants sont détaillés sur son site. Mais pour synthétiser, si 70% de notre planète bleue est recouverte d’eau, seule une infime portion est accessible et potable. Partant de ce constat, le développement d’infrastructures pour la distribution et le traitement de l’eau seront nécessaires.

En bourse, la thématique de l’eau enregistre des performances honorables sur l’année par rapport à d’autres indices majeurs. En effet, l’indice World Water (EUR) de la Société Générale réalise une progression supérieure à 4 % et dépasse même les 9 % pour son homologue coté en dollar. Le fonds Pictet Water suit également cette trajectoire (+ 3 %). Quant au fonds BNP Paribas Aqua Classic, il accuse un léger retard (+0,4 %). 

Source Bloomberg - Graphique du fonds Pictet Water P (EUR) en journalier sur 2020 - Franchissement par le haut de sa résistance

Dans les grands noms du secteur, on retrouvera bien sûr les deux françaises, Veolia et Suez, mais également le Suisse Geberit. Plus largement, Ferguson PLC, American Water Works, Xylem etc. 

Les abonnés Zonebourse pourront retrouver notre liste thématique à ce sujet ici et consulter l’ensemble des pure players à l’aide du stock screener pro.

 

La Rédaction
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