Tiens, les prix montent !

10/06/2022 | 09:04

La semaine financire se termine sur la publication des chiffres de l'inflation de mai aux Etats-Unis, qui donneront lieu toutes sortes d'interprtations contradictoires. Hier, c'est la BCE qui occupait le terrain pour dire que, finalement, il va falloir se secouer un peu pour se dbarrasser de l'inflation parce que la mthode Cou ne fonctionne pas. Les marchs actions n'ont pas tellement apprci.

Le bilan hebdomadaire des indices boursiers, du rouge ou du vert, dépendra de la séance du jour. Hier, le nouveau décrochage des valeurs américaines a effacé les gains étiques du début de semaine. En Europe, même constat ou presque. Bilan des courses, ça s'agite toujours beaucoup d'une séance à l'autre, mais les indices sont dans un parcours plutôt latéral : pas de baisse spectaculaire comme celles qui se sont produites à intervalle irrégulier depuis le début de l'année, mais pas de rebond soutenu non plus. Les investisseurs continuent à guetter le comportement des banques centrales en espérant qu'elles ne feront pas de faux-pas en tentant de dégonfler la bulle de liquidités et l'inflation qu'elles ont contribué à entretenir. Et ils en ont pour leur argent en cette fin de semaine, puisque la BCE s'est exprimée hier et que les chiffres de l'inflation de mai aux Etats-Unis doivent tomber cet après-midi.

Si vous n'aviez rien d'autre à faire hier, vous avez peut-être essayé de comprendre la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne en lisant des commentaires de professionnels de la finance. Si ce n'est pas le cas, je vais essayer de vous guider là-dedans sans être trop barbant.

Mais avant toute chose, je vais vous donner une idée de l'envers du décor. Il faut savoir que la machine à cracher du commentaire se met en place dès la sortie d'une décision de banque centrale, et plus encore après la conférence de presse de présentation, que ce soit d'ailleurs la BCE, la Fed ou une autre institution. Pour votre gouverne, j'ai reçu précisément depuis hier après-midi 44 de ces commentaires uniquement par emails en provenance d'économistes, de sociétés de gestion, de banques et, petite nouveauté depuis deux ans, de PDG de startups de crédit ou de néobanques. Comme à chaque fois, il y a de tout, en partant d'analyses d'une vacuité indescriptible jusqu'à des papiers presque incompréhensibles, en passant par des choses tout à fait intéressantes et des incitations à faire appel à un courtier immobilier parce-que-les-taux-vont-remonter. L'objectif de tout ce petit monde est d'obtenir une exposition médiatique. Plaisir que je ne leur ferai pas ce matin même s'il y a parmi cette pile de commentaires quelques professionnels que j'apprécie et que je cite volontiers dans mes chroniques.

Mais restons d'abord un peu sérieux : une décision de politique monétaire comme celle d'hier a toujours une portée relative et une portée absolue. La portée relative, c'est si vous voulez l'avis que se fait le marché de ladite décision par rapport à ce qu'il attendait. On sait que la finance est un jeu d'anticipation, qui nécessite d'avoir le meilleur positionnement possible en vue d'un événement ou d'une série d'événements dont on cherche à deviner la probabilité. Si la position de la BCE est conforme en tous points à ce sur quoi une majorité de financiers tablaient, il est censé ne pas y avoir trop de remous sur les actions et les rendements obligataires, parce que le plan s'est déroulé sans accroc, pour citer le célèbre investisseur Hannibal Smith. Dans la réalité c'est quand même souvent un peu plus compliqué que ça parce que les annonces sont rarement conformes en tous points aux attentes. Hier, la BCE a été jugée un peu plus alarmiste que prévu… ce qui pourrait entraîner davantage de hausse de taux pour lutter contre l'inflation… ce qui ne plaît guère aux investisseurs en actions. Les rendements obligataires européens sont, eux, montés en flèche, en particulier ceux de l'Europe du Sud. La dette à 10 ans est rémunérée 4,08% en Grèce et 3,59% en Italie par exemple, à comparer à 1,42% pour la dette allemande. Tout cela est plutôt logique.

Il y a aussi une portée absolue, qui dépasse largement le cadre de la réaction court-termiste des marchés financiers. Par exemple, l'argent va coûter plus cher parce que les taux vont monter. Finis les crédits immobiliers à moins de 1% par exemple. Et les entreprises vont payer plus cher pour se financer. Les Etats aussi d'ailleurs, puisque je citais précédemment la progression des taux obligataires. La cure d'austérité de la BCE (qui a aussi confirmé la fin de son programme de rachats d'actifs le 1er juillet) fait que le coût de la dette allemande a progressé sur la seule journée d'hier de 7 points pendant que celui de l'Italie bondissait de 22 points. Pour quelle raison ? Parce que la dette italienne est perçue comme plus risquée et que les économistes s'accordent à dire que si la BCE est restée très accommodante très longtemps, ce n'est pas sans rapport avec les gros besoins de financement du système bancaire italien. "C'est pas faux", a déclaré l'économiste gallois Perceval. Il va de soi que si l'argent est moins abondant parce que plus cher à la fois pour les ménages, les entreprises et l'Etat, cet état de fait aura des conséquences sociétales. De plus en plus de conséquences si la situation se prolonge. C'est ce que j'appelle un effet absolu, parce qu'il a des conséquences directes sur l'économie réelle.

Mais parlons ici de l'effet relatif de la décision de la veille. Le marché craignait que Christine Lagarde ne guide vers une hausse de taux de 50 points de base dès le mois de juillet. Il a été plutôt rassuré d'entendre que le tour de vis se limitera à 25 points. Mais il n'était pas tout à fait préparé à l'existence d'un risque de voir une hausse de taux additionnelle de 50 points en septembre. Le choix entre 25 et 50 points aura lieu en fonction des prochains chiffres de l'inflation, a indiqué la BCE. Les marchés actions européens ont baissé à cette mention plus volontariste que prévu. Objectivement, il était illusoire d'imaginer que l'Europe pourrait se démarquer longtemps des tourments inflationnistes qui donnent des maux de têtes aux autres banques centrales occidentales. Il va falloir digérer la nouvelle même si la plupart des investisseurs savaient, au fonds d'eux, qu'il pourrait difficilement en être autrement. C'est un peu de la sérendipité inversée : on sait ce qui se passe mais on est incapable ou on se refuse à en saisir la portée réelle.

Les actions asiatiques terminent la semaine dans le rouge, parfois de façon assez marquée, hormis à Shanghai qui gagne un peu de terrain à l'heure où ces lignes sont écrites. Les indicateurs avancés européens sont baissiers, car il faut combler l'écart avec la baisse plus prononcée de Wall Street hier soir. Les "futures" américains évoluent proches de l'équilibre avec un biais haussier, en attendant la publication couperet du jour à 14h30. Le CAC40 perdait 0,6% à 6313 points peu après l'ouverture.

Les temps forts économiques du jour

L'inflation américaine de mai sera publiée à 14h30. L'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan est attendue à 16h00. Tout l'agenda macro ici. Ce matin, la Chine a fait état d'une inflation de 2,1% en mai, un peu moins élevée que prévu. Les prix à la production chinois sont eux en évolution conforme aux attentes (+6,4%), un rythme inférieur à celui d'avril (+8%).

L'euro a reculé à 1,0630 USD. L'once d'or est stable à 1845 USD. Le pétrole recule en restant haut perché, avec un Brent de Mer du Nord à 122 USD le baril et un brut léger américain WTI à 120,65 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans reste ferme à 3,05%. Le bitcoin reste accroché aux 30 000 USD.

Les principaux changements de recommandations

  • ABB : Citigroup reste acheteur avec un objectif réduit de 40 à 35 CHF.
  • Ageas : ING démarre le suivi à conserver en visant 45 EUR.
  • Aryzta : Kepler Cheuvreux passe d'alléger à conserver en visant 1,10 CHF
  • Countryside : J.P. Morgan passe de souspondérer à neutre en visant 295 GBp.
  • CRH : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 56 à 46 EUR.
  • Eutelsat : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours relevé de 11 à 11,60 EUR.
  • EVS Broadcast : Kepler Cheuvreux passe de conserver à acheter en visant 26 EUR.
  • GFT Technologies : Berenberg passe d'acheter à conserver en visant 48 EUR.
  • Halma : Jefferies reste à sousperformance avec un objectif de cours réduit de 2200 à 1960 GBp.
  • HeidelbergCement : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours réduit de 70 à 65 EUR.
  • Holcim : Berenberg reste à la vente avec un objectif de cours réduit de 43 à 42 CHF.
  • ITM Power : Jefferies reste à l'achat avec un objectif réduit de 600 à 370 GBp.
  • Knorr-Bremse : Citigroup passe de neutre à achat.
  • Kojamo : SEB Equities passe d'acheter à conserver en visant 19 EUR.
  • Legrand : Citigroup réduit son objectif de cours de 97 à 85 EUR.
  • Rockwool : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 2700 à 2100 DKK.
  • Saint-Gobain : Berenberg reste à conserver avec un objectif pour réduit de 62 à 60 EUR.
  • Schneider Electric : Citigroup abaisse son objectif de 154 à 139 EUR.
  • SES : Berenberg reste à l'achat avec un objectif de cours relevé de 9,80 à 11,20 EUR.
  • Signify : Citigroup passe de neutre à achat.
  • Swisscom : UBS passe de neutre à vendre en visant 500 CHF.
  • Vicat : Berenberg reste à conserver avec un objectif de cours réduit de 40 à 32 EUR.
  • Workspace : J.P. Morgan reprend le suivi à neutre en visant 870 GBp.

En France

Annonces importantes (et moins importantes)

Dans le monde

Annonces importantes (et moins importantes)

  • State Street dément officiellement son intérêt pour le Crédit Suisse.
  • La SEC a ouvert une enquête sur les pratiques d'Ericsson en Irak.
  • Le fonds Apollo ferait partie des prétendants potentiels au rachat de la division Grubhub de Just Eat.
  • KKR a rendu son offre de rachat d'Accell pour 1,56 Md€ inconditionnelle.
  • Le vaccin de GSK contre le virus respiratoire syncytial (VRS) a réussi sa phase III sur les adultes âgés.
  • Denso réfléchit à une scissop, de son activité de puces.
  • BPER Banca, s'est engagée vendredi à récompenser les investisseurs avec au moins 1 milliard d'euros de dividendes dans le cadre d'un nouveau plan.
  • Ferrari prévoit l'expansion de son usine italienne pour les véhicules électriques.
  • Public Power rachète le portefeuille d'énergies renouvelables de Volterra (Avax).
  • OMV, Brenntag et Grieg Seafood détachent leurs dividendes.
  • Grifols, Ultra Electronics, Kindred et THG tiennent leurs assemblées générales.
  • Principales publications du jour : Taiwan Semiconductor, Mediatek, PegatronTout l'agenda ici.

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