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12/03/2019 | 00:12
Carlos Ghosn

ALGÉRIE-BOUTEFLIKA RENONCE A BRIGUER UN CINQUIÈME MANDAT

ALGER - Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a annoncé lundi soir qu'il renonçait à briguer un cinquième mandat, cédant à la pression de la rue après plusieurs semaines de manifestations.

Le scrutin présidentiel, qui était fixé au 18 avril, a été reporté et aucune nouvelle date n'a été annoncée.

Une nouvelle Constitution algérienne sera soumise à référendum, a annoncé dans la foulée la présidence.

Bouteflika a déclaré dans un communiqué que sa dernière mission serait de contribuer à jeter les bases d'un nouveau système qui sera "entre les mains d'une nouvelle génération d'Algériens".

Une conférence nationale, "inclusive et indépendante", supervisera la transition, élaborant une nouvelle Constitution et fixant la date des élections.

Cette conférence devra achever ses travaux d'ici la fin 2019, et des élections auront lieu dans la foulée, a dit le président dans son communiqué. La conférence nationale sera conduite par une "personnalité d'envergure nationale, indépendante, consensuelle et expérimentée".

L'annonce du retrait de Bouteflika a provoqué des scènes de liesse lundi soir dans les rues d'Alger, où des centaines de personnes, certaines enveloppées dans le drapeau algérien, ont fêté l'événement, tandis que s'élevait un concert de klaxons.

Après les annonces sur l'avenir de Bouteflika, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a présenté sa démission, et celui qui était ministre de l'Intérieur depuis 2015, Noureddine Bedoui, a été chargé de lui succéder. Noureddine Bedoui ne passe pas pour appartenir au premier cercle des proches du président.

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, la France "salué" la décision de Bouteflika de renoncer à briguer un cinquième mandat.

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BREXIT:

L'UE ET LONDRES S'ENGAGENT A TROUVER DES ALTERNATIVES AU BACKSTOP D'ICI FIN 2020

BRUXELLES - L'Union européenne et le Royaume-Uni ont annoncé lundi soir dans un communiqué commun s'engager à trouver des modalités pour éviter le rétablissement d'une frontière dure entre l'Ulster et la République d'Irlande sans recourir au "backstop" (clause de sauvegarde) d'ici la fin 2020.

Jean-Claude Juncker a déclaré que Theresa may et lui-même, lors de l'entretien qu'ils avaient eu dans la soirée à Strasbourg, s'étaient mis d'accord sur un instrument commun apportant des clarifications sur le backstop.

Le président de la Commission européenne a souligné qu'il n'y aurait pas de troisième chance, pas de garanties supplémentaires apportées à la Grande-Bretagne, et que ce serait cet accord ou pas de Brexit du tout - allusion au vote prévu mardi à la Chambre des Communes sur l'accord de Brexit dans sa dernière mouture.

"Notre accord fournit des clarifications et des garanties juridiques de taille à l'accord de retrait et au backstop", a dit Juncker lors d'une conférence de presse à Theresa May à Strasbourg.

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BUDGET-TRUMP VEUT ACCROÎTRE LES FONDS POUR LE MUR ET L'ARMÉE

WASHINGTON - Le président Donald Trump a rendu public lundi son projet de budget 2020, qui demande au Congrès d'augmenter les dépenses militaires et le financement du mur qu'il veut édifier à la frontière mexicaine, tout en appelant à une refonte des systèmes d'assurance-santé comme Medicare ou Medicaid.

Le projet de budget, d'un montant de 4.700 milliards de dollars, a été aussitôt étrillé par les chefs de file des démocrates au Congrès, augurant de nouveaux bras de fer moins de deux mois après la fin du plus long "shutdown" de l'histoire des Etats-Unis.

Donald Trump veut par ailleurs augmenter les dépenses de défense de plus de 4%, en les portant à 750 milliards de dollars. Pour pouvoir dépasser les plafonds de dépenses, il envisage que cette augmentation passe par le fonds des opérations d'urgence à l'étranger (OCO), normalement utilisé dans les situations d'urgence.

Le budget prévoit aussi une hausse des financements pour le contrôle de l'immigration, les soins de santé des anciens combattants et la lutte contre la dépendance aux opioïdes. Mais les dépenses non liées à la défense seront en moyenne réduites par rapport aux plafonds fixés par le Congrès pour l'année budgétaire 2019.

Les financements alloués au département d'Etat, par exemple, devraient chuter de 23% et ceux destinés à l'EPA (Environmental Protection Agency) dégringoleront de 31%.

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LES BOÎTES NOIRES DU BOEING D'ETHIOPIAN AIRLINES RETROUVÉES

GARA-BOKKA, Ethiopie - Les enquêteurs ont retrouvé les deux boîtes noires du Boeing 737 MAX 8 d'Ethiopian Airlines qui s'est écrasé dimanche peu après avoir décollé d'Addis-Abeba à destination de Nairobi, au Kenya, a annoncé lundi la compagnie aérienne.

Les 157 personnes qui se trouvaient à bord ont péri.

L'enregistreur des conversations à bord du cockpit et celui des données de vol ont été récupérés sur le site du crash.

La catastrophe, la seconde en un peu plus de quatre mois impliquant le modèle le plus récent du Boeing 737, l'avion de ligne le plus vendu au monde, a conduit Ethiopian Airlines, mais aussi la Chine et l'Indonésie, à clouer au sol leurs flottes de MAX 8.

--- ENQUÊTE SUR LE MARIAGE DE GHOSN AU CHÂTEAU DE VERSAILLES-PRESSE

PARIS - Le parquet Nanterre a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire sur le financement du mariage de l'ancien patron de Renault Carlos Ghosn au château de Versailles en 2016, écrit lundi soir Le Figaro sur son site internet.

"Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire pour déterminer les conditions dans lesquelles a été organisé le mariage de Carlos Ghosn au château de Versailles en octobre 2016", écrit le journal, citant des sources judiciaires.

L'enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff), ajoute-t-on.

Sollicité par Reuters, le service de presse de Renault n'a fait aucun commentaire.

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DIVERGENCES ENTRE MACRON ET LA CDU AVANT LES EUROPÉENNES

PARIS/BERLIN - A l'approche des élections européennes, des divergences ressurgissent entre et Paris et Berlin, où l'idée française d'un salaire minimum européen est rejetée par le parti conservateur allemand, qui défend de son côté la suppression du siège strasbourgeois du Parlement européen, casus belli pour Paris.

Restée relativement discrète après la publication de la tribune du chef de l'Etat français - "pour une renaissance européenne" - le 5 mars, l'Allemagne est sortie de son silence dimanche par la voix de la présidente du parti chrétien-démocrate (CDU, conservateur), Annegret Kramp-Karrenbauer.

Présentée comme la dauphine de la chancelière Angela Merkel, "AKK" a certes estimé qu'Emmanuel Macron avait "raison" de dire qu’il y avait urgence à agir pour l’Europe et a indiqué être sur la même ligne que le président français concernant la sécurité et la politique migratoire.

Elle n'a en revanche pas mâché ses mots contre "le centralisme européen, l’étatisme européen, la mutualisation des dettes, l’européanisation des systèmes sociaux et du salaire minimum", qui seraient à ses yeux "la mauvaise voie".

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MACRON À DJIBOUTI, ALLIÉ HISTORIQUE ET STRATÉGIQUE CONVOITÉ

PARIS - Emmanuel Macron s'est rendu lundi soir à Djibouti, allié historique et stratégique de la France qui ressent depuis plusieurs années un sentiment "d'abandon" et se trouve confronté à un paysage géopolitique bousculé par la récente réconciliation entre l'Ethiopie et l'Érythrée voisines.

Neuf ans après la dernière visite d'un président français - Nicolas Sarkozy - sur place, le chef de l'Etat aura un entretien bilatéral avec son homologue Ismaïl Omar Guelleh mardi matin avant de se rendre sur la base militaire française, la plus grande d'Afrique, qui compte 1.450 soldats.

Il s'agit par cette visite "de marquer la force de notre partenariat", souligne-t-on à l'Elysée sur fond d'influence croissante de la Chine à Djibouti et sur l'ensemble du continent. "On a le traité de coopération en matière de défense signé en 2011 et il y a aussi des dossiers économiques qui sont en cours".

© Thomson Reuters 2019
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