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Lufthansa veut faire plus d'économies et supprimer plus d'emplois

21/09/2020 | 16:21

Francfort (awp/afp) - Après l'optimisme estival, les prévisions s'assombrissent chez Lufthansa: le premier groupe européen du transport aérien a annoncé lundi des milliers de suppressions d'emplois supplémentaires et une réduction encore plus importante de ses capacités que prévu.

Sauvé de la faillite par l'Etat allemand, la compagnie se voit confrontée à une reprise "nettement plus lente qu'attendue" après l'arrêt quasi-total des vols en raison du coronavirus. Actuellement, le groupe perd 500 millions d'euros par mois -- soit un million toutes les 90 minutes -- contre 700 millions au plus fort de la pandémie.

"Les chiffres des réservations et de passagers baissent à nouveau avec la fin de la période de voyages" cet été, note Lufthansa dans un communiqué.

En cause: une demande toujours plombée par les restrictions et avertissements de voyage, dont l'obligation d'une quarantaine de cinq jours pour les voyageurs en provenance de certaines zones à risque annoncée pour début octobre par le gouvernement allemand.

Au quatrième trimestre, le groupe qui détient Swiss, Austrian Airlines et Brussels Airlines ne s'attend désormais plus qu'à une offre représentant 20% à 30% du niveau de l'année dernière, alors qu'il comptait atteindre 50%.

La cure d'amaigrissement sera donc plus étendue que précédemment annoncé.

D'ici 2025, la flotte de 763 avions en propre, plus une quarantaine en leasing, sera réduite de 150 machines, 50 de plus qu'annoncé; un nouveau planning qui entraîne "une augmentation" du nombre de "postes excédentaires" par rapport aux 22.000 (équivalent temps plein) déjà annoncés.

Vers la fin des A380

Le nombre exact de suppressions de postes supplémentaires visé n'a pas été communiqué mais selon des sources proches du dossier celui-ci pourrait se situer autour de 5.000.

Lufthansa assure vouloir trouver des accords pour "limiter le nombre de licenciements secs", notamment à travers plus de temps partiel et donc des coupes de salaire. Ces négociations n'avancent que lentement.

Les premiers licenciements pourraient concerner les pilotes de la filiale Germanwings dès 2021; d'ici le premier trimestre 2021, l'entreprise veut aussi avoir supprimé 20% des emplois cadres.

Le syndicat du personnel au sol Verdi a dénoncé dans un communiqué le "manque de stratégie d'avenir".

"Tout le monde comprend que Lufthansa ne pourra pas continuer sans coupes" mais "l'entreprise ne sera pas sauvée avec uniquement des suppressions de postes", a déclaré Mira Neumaier, une porte-parole de Verdi, dans un communiqué.

Les Airbus A380 sont eux "retirés du planning". Alors que Lufthansa a déjà sorti définitivement six de ces géants de sa flotte, les huit restants, jusque-là prêts à redécoller, seront entreposés "à long terme" et ne seront réactivés qu'en cas de reprise "inattendue" de la demande, explique la compagnie.

Limiter l'hémorragie de cash

Le groupe, qui va aussi garer durablement dix A340-600 et en envoyer sept à le retraite, suit la tendance du secteur, qui se sépare de ses plus gros avions, déjà plus difficiles à exploiter de manière rentable avant la pandémie.

British Airways, Air France, Quantas, Korean Air et American font partie des compagnies qui ont annoncé la fin de plusieurs de leurs plus gros porteurs, dont des A380 et Boeing 747.

Les retraits d'avions vont peser sur le bilan de Lufthansa au troisième trimestre à hauteur de "jusqu'à 1,1 milliard d'euros", indique le groupe.

Avec une "gestion stricte des coûts", le directoire compte limiter l'hémorragie de cash à 400 millions d'euros par mois cet hiver et a maintenu l'objectif d'une rentrée d'argent "courant 2021".

Lufthansa avait déjà subi une perte nette de 3,6 milliards d'euros pour les six premiers mois, dont 1,5 milliard au deuxième trimestre, quand le pic de la pandémie avait entraîné l'arrêt quasi total de l'aviation mondiale et une chute de 96% du nombre de passagers.

Le transporteur, qui perdait 9,46% à 7,79 euros à la clôture à la Bourse de Francfort, a bénéficié au printemps d'un plan de sauvetage de 9 milliards d'euros d'argent public, qui a fait du gouvernement allemand son premier actionnaire.

afp/rp

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