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USA: déferlante de licenciements dans les grandes entreprises

01/10/2020 | 18:58

New York (awp/afp) - Durement touchées par la pandémie, sans nouvelles aides du gouvernement, les multinationales Disney, American Airlines et United Airlines ont annoncé à elles seules 60.000 licenciements en 24 heures, accentuant une déferlante de plans sociaux à l'approche de la présidentielle américaine.

L'assureur AllState a aussi prévenu mercredi qu'il allait congédier 3.800 personnes, tandis que Marathon Petroleum a fait part du départ de 2.050 employés, soit 12% de ses effectifs.

La vague de suppressions n'épargne quasiment aucun secteur.

Goldman Sachs prévoit de virer environ 400 personnes. C'est un chiffre modeste mais qui marque la fin d'un moratoire sur les licenciements que la prestigieuse firme s'était imposé en début de pandémie.

Quand la crise du Covid-19 a frappé les Etats-Unis, les secteurs des services comme la restauration, l'hôtellerie et les loisirs, ont été les premiers à congédier en masse.

Certaines grandes entreprises ont bénéficié d'aides du gouvernement pour sauvegarder les emplois, à l'instar des compagnies aériennes.

Mais le soutien financier qui leur était dédié a expiré mercredi.

Républicains et démocrates n'étant pas parvenus à un compromis sur une rallonge, American et United vont commencer à licencier jeudi 19.000 et 13.000 personnes respectivement.

D'autres compagnies plus petites comme Hawaiian Airlines prévoient aussi de se séparer de personnel.

Des dizaines de milliers de salariés considérés comme des travailleurs essentiels se retrouvent soudainement sans boulot, a déploré la présidente du syndicat des agents de bord Sara Nelson dans un communiqué, en reprochant aux responsables politiques leur inaction.

"Ils ne savent pas comment ils vont payer leur loyer, nourrir leurs familles ou couvrir le coût de leurs médicaments et soins médicaux", a-t-elle souligné. "On n'avait pas à en arriver là."

Ce sont actuellement 26,6 millions de personnes qui touchent une aide liée à la perte de revenus, toutes mesures confondues.

'Jeu politique'

Disney, en annonçant 28.000 suppressions d'emplois mardi, a affirmé avoir travaillé "sans relâche" pour éviter de devoir se séparer de quiconque.

Pour être prêtes à rebondir rapidement le moment venu, certaines entreprises hésitent en effet à se séparer de salariés déjà formés.

Mais avec les restrictions imposées depuis plusieurs mois dans ses parcs d'attractions, Disney assure qu'il ne pouvait pas garder tous ses employés.

"La première phase de la crise, marquée par un arrêt soudain de la consommation et des investissements, laisse place à un environnement dans lequel une partie de la demande a repris mais où les secteurs les plus exposés au virus restent dans une situation critique", relève Gregory Daco, économiste pour le cabinet Oxford Economics.

Certaines sociétés comme les compagnies aériennes sont aussi engagées selon lui dans un "jeu politique": American comme United ont prévenu qu'elles pourraient renoncer à leurs licenciements si une nouvelle aide au secteur aérien est adoptée dans les prochains jours.

Amazon, Walmart, Fedex

Tout n'est pas sombre sur le marché de l'emploi américain.

Les entreprises du secteur privé ont créé 749.000 emplois en septembre, soit bien plus qu'en août, selon une enquête de la firme de services aux entreprises ADP publiée mercredi.

Et les inscriptions hebdomadaires au chômage sont reparties à la baisse la semaine passée aux Etats-Unis, selon les chiffres diffusés jeudi par le département du Travail.

Elles restent toutefois "à un niveau élevé", souligne Rubeela Farooqi de High Frequency Economics.

"Même si certains postes reviennent, les pertes d'emplois s'accentuent, ce qui reflète des tensions persistantes sur le marché du travail", estime l'économiste.

Vendredi sera publié le toujours très attendu rapport mensuel sur l'emploi dans le pays. Après avoir culminé à 14,7% en avril, le taux de chômage est descendu à 8,4% en août. Ce qui reste bien au-dessus des 3,5% d'avant la pandémie.

La hausse bien plus élevée du taux de chômage aux Etats-Unis que dans d'autres pays occidentaux s'explique par la stratégie adoptée par les gouvernements, estiment les économistes de l'antenne de la Réserve fédérale de St Louis.

En Europe et au Japon, les gouvernements "se sont concentrés sur le maintien des relations employeur-employé", expliquent-ils dans un récent blog.

"Aux États-Unis, la politique s'est concentrée sur l'octroi de prestations de chômage aux travailleurs mis à pied ou en congé", ajoutent-ils.

La pandémie profite en revanche à certains secteurs et entreprises.

A la faveur de l'explosion du commerce en ligne, Amazon a ainsi annoncé mi-septembre la création de 100.000 emplois supplémentaires aux Etats-Unis et au Canada.

D'autres entreprises comme la chaîne de supermarchés Walmart ou le groupe de logistique Fedex ont aussi embauché allègrement.

afp/rp

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